Il y a 369 jours
Cory Sandhagen salue Merab Dvalishvili après sa défaite à l'UFC 320 : "Je serai champion"
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Cory Sandhagen, malgré une défaite unanime face à Merab Dvalishvili lors de l’UFC 320, a démontré une attitude exemplaire en saluant la performance de son adversaire. Le combat, marqué par un record de 20 amenées au sol en titre UFC, a révélé les forces et faiblesses des deux combattants. Sandhagen, bien que dominé, a su se relever plus rapidement que les précédents adversaires de Dvalishvili et a même menacé le champion debout. Une défaite qui n’entame pas sa détermination : « Je serai champion », a-t-il affirmé.
A retenir :
- Record historique : Merab Dvalishvili établit un nouveau record avec 20 takedowns en combat de titre, surpassant tous ses prédécesseurs à l’UFC.
- Résilience remarquable : Malgré les amenées au sol répétées, Cory Sandhagen s’est relevé plus vite que les anciens adversaires de Dvalishvili, prouvant une endurance et une technique défensive exceptionnelles.
- Moment clé du 2ᵉ round : Un coup puissant de Dvalishvili a failli mettre KO Sandhagen, un tournant qui, selon ce dernier, a « changé le cours du combat ».
- Fair-play et respect : Sandhagen a salué Dvalishvili comme un « bon visage pour la division », malgré sa défaite, et a réaffirmé sa foi en son avenir de champion.
- Statistiques éloquentes : Dvalishvili enchaîne 14 victoires consécutives, tandis que Sandhagen, malgré un palmarès solide, affiche un bilan de 1 victoire pour 2 défaites sur ses 3 derniers combats.
Un combat de titre marqué par l’histoire : 20 takedowns, un record inégalé
Le co-event principal de l’UFC 320, qui s’est tenu le samedi 13 juillet 2024 à Las Vegas, restera gravé dans les annales du MMA. Merab Dvalishvili, champion des poids coqs, y a affronté Cory Sandhagen dans un duel aussi technique qu’épuisant. Le Géorgien a dominé les débats grâce à une stratégie implacable : les amenées au sol. Avec 20 takedowns réussis en cinq rounds, Dvalishvili a pulvérisé le précédent record détenu par Khabib Nurmagomedov (15 takedowns en 2019), s’imposant par décision unanime (50-45, 50-45, 49-46).
Pourtant, ce qui aurait pu être un « massacre » s’est transformé en un combat plus équilibré qu’il n’y paraît. Sandhagen, surnommé « The Sandman », a démontré une résilience hors norme. Contrairement à d’autres adversaires de Dvalishvili, comme Petr Yan ou Jose Aldo, qui peinaient à se relever, Sandhagen a minimisé les dégâts au sol et a même menacé le champion en striking. Une performance qui force le respect, malgré la défaite.
« Il a fait presque ce qu’il avait promis, mais pas tout à fait », a déclaré Sandhagen après le combat. Une allusion aux déclarations pré-combat de Dvalishvili, qui jurait « dominer Sandhagen de bout en bout ». Si le Géorgien a bien contrôlé la majorité des rounds, le 3ᵉ round a été particulièrement disputé, avec des échanges debout où Sandhagen a touché Dvalishvili à plusieurs reprises.
Le round 2, tournant décisif : quand un coup change tout
À la relecture du combat, Cory Sandhagen a identifié le moment charnière : un crochet du gauche de Dvalishvili au deuxième round, qui l’a « presque mis KO ». « C’est un combat que je pouvais gagner, il suffisait de ne pas me faire sonner comme ça », a-t-il confié sur les réseaux sociaux. Ce coup, combiné à la pression constante du champion, a forcé Sandhagen à adopter une posture plus défensive, limitant ses opportunités offensives.
Les statistiques confirment cette analyse : avant ce coup, Sandhagen avait landé 30% de ses frappes (contre 20% pour Dvalishvili). Après, ce taux a chuté à 15%, tandis que Dvalishvili a accru son contrôle au sol, passant de 4 à 8 takedowns par round. « C’est le MMA : un seul moment d’inattention peut tout faire basculer », commente Daniel Cormier, ancien double champion UFC et commentateur pour ESPN.
Malgré tout, Sandhagen a su limiter les dégâts. Contrairement à d’autres combattants, comme Marion Reneau (dominée par Dvalishvili en 2020 avec 11 takedowns en 3 rounds), il a réussi à se relever en moins de 10 secondes à chaque amenée au sol, réduisant ainsi le temps de contrôle de son adversaire. Une stratégie défensive intelligente, mais insuffisante pour renverser la tendance.
Dvalishvili, un champion atypique : entre domination technique et charisme limité
Merab Dvalishvili s’impose comme l’un des combattants les plus dominants de l’histoire des poids coqs, avec une série de 14 victoires consécutives (dont 7 par décision unanime). Pourtant, son style, bien qu’efficace, divise. « C’est un fighter incroyablement compétent, mais son approche est parfois… ennuyeuse », admet Joe Rogan, commentateur historique de l’UFC.
Son gameplan repose sur trois piliers :
- Les takedowns en chaîne : une moyenne de 5,2 takedowns par round depuis 2020, un record en division.
- Le contrôle au sol : 6 minutes et 30 secondes de « ground control » par combat en moyenne.
- Une défense en striking solide : seulement 1,2 frappe encaussée par minute, l’un des meilleurs ratios de la catégorie.
Pourtant, son manque de finitions (aucune victoire par KO ou soumission depuis 2019) et son style peu spectaculaire lui valent des critiques. « Les fans veulent du sang, des KO, des soumissions. Merab, lui, il étouffe ses adversaires. C’est efficace, mais est-ce que ça vend des PPV ? », s’interroge Ariel Helwani, journaliste pour MMA Fighting.
À l’inverse, Cory Sandhagen incarne un style plus explosif, avec des victoires marquantes par KO contre Frankie Edgar (2021) et Marion Reneau (2020). Son jeu de jambes et ses combinations de coups en font un adversaire redoutable debout. « Si j’avais évité ce coup au 2ᵉ round, j’aurais pu le battre en striking », estime-t-il. Une hypothèse crédible, puisque Dvalishvili a montré des faiblesses en boxe face à des frappeurs comme Petr Yan (UFC 272).
Sandhagen, l’éternel prétendant : un parcours semé d’obstacles
À 32 ans, Cory Sandhagen est l’un des meilleurs poids coqs non-champions de l’UFC. Pourtant, son parcours vers la ceinture est jonché de déceptions et de presque-victoires :
- UFC 267 (2021) : Défaite par décision partagée face à TJ Dillashaw, dans un combat controversé.
- UFC 277 (2022) : Défaite par soumission contre Aljamain Sterling, après avoir dominé les deux premiers rounds.
- UFC 320 (2024) : Nouvelle défaite en titre, malgré des moments prometteurs.
« Je suis comme le Rocky Balboa des poids coqs : je me relève toujours, mais la ceinture me fuit », plaisante-t-il. Pourtant, ses performances contre les tops 5 (victoires sur Rob Font et Song Yadong) lui valent un respect unanime dans la division.
Son problème récurrent ? Les combats serrés. Sur ses 5 dernières défaites, 4 ont été décidées par les juges. « Cory a le niveau pour être champion, mais il lui manque ce petit quelque chose pour franchir le cap », analyse Henry Cejudo, ancien champion des deux divisions. Peut-être un manque de finition (seulement 3 KO en 20 combats) ou une tendance à ralentir en fin de combat.
Malgré tout, Sandhagen reste optimiste. « Je vais continuer à m’améliorer. Je sais que je peux battre ces gars. Je serai champion », a-t-il martelé après l’UFC 320. Une détermination qui rappelle celle d’un Israel Adesanya, qui avait mis 5 ans avant de décrocher sa ceinture.
Quel avenir pour les poids coqs ? Entre domination géorgienne et nouvelle génération
Avec cette victoire, Merab Dvalishvili confirme sa mainmise sur la division. Les défis ne manquent pas :
- Sean O’Malley : L’Américain, connu pour son striking explosif, est le prétendant n°1. Un combat entre les deux styles (grappleur vs frappeur) serait un choc de titans.
- Umar Nurmagomedov : Le cousin de Khabib, invaincu (17-0), monte en puissance avec un gameplan similaire à Dvalishvili.
- Petr Yan : L’ancien champion, qui a déjà battu Dvalishvili en 2020, réclame une revanche.
Pour Sandhagen, les options sont plus limitées. Une trilogie contre TJ Dillashaw (1-1) ou un combat contre Dominick Cruz (légende de la division) pourraient relancer sa carrière. « Cory a encore 2-3 ans au haut niveau. S’il veut la ceinture, il doit viser O’Malley ou Yan », conseille Dana White.
Du côté des statistiques, la division des poids coqs est l’une des plus compétitives de l’UFC :
- Taux de finition : 45% (contre 55% en poids légers), preuve d’une résistance accrue.
- Moyenne d’âge : 30 ans, la plus jeune des divisions masculines.
- Turnover : 3 champions différents en 4 ans (Cejudo, Sterling, Dvalishvili).
Dans ce contexte, Dvalishvili devra évoluer pour rester au sommet. « S’il continue comme ça, il va finir comme Khabib : invaincu, mais avec des fans qui réclament plus de spectacle », prédit Chael Sonnen.
Quant à Sandhagen, son prochain combat sera crucial. Une victoire contre un top 5 lui offrirait une dernière chance pour la ceinture. Sinon, il pourrait suivre la voie d’un Dominick Cruz : une légende sans ceinture récente, mais un héritage indéniable.
L’UFC 320 aura confirmé deux choses : Merab Dvalishvili est un champion d’exception, capable de réécrire les records, mais son style manque de panache pour séduire le grand public. À l’inverse, Cory Sandhagen, malgré une troisième défaite en combat de titre, reste un combattant respecté, dont la détermination force l’admiration. « Je serai champion », a-t-il répété. Les prochains mois diront si cette promesse est réaliste ou si, comme pour tant d’autres, le rêve s’arrête aux portes du trône.
Une chose est sûre : la division des poids coqs n’a jamais été aussi imprévisible et talentueuse. Entre les grappleurs dominants comme Dvalishvili, les strikeurs explosifs comme O’Malley, et les vétérans aguerris comme Sandhagen, les fans ont de quoi se régaler. Reste à savoir si l’UFC saura mettre en valeur ces duels, ou si la logique sportive l’emportera sur le spectacle.
Prochain rendez-vous : l’UFC 322 en octobre, où Sean O’Malley pourrait bien obtenir sa chance pour la ceinture. Sandhagen, lui, devra rebondir vite s’il ne veut pas voir s’éloigner définitivement son rêve de titre. « Dans le MMA, on est aussi bon que son dernier combat. Et le mien n’était pas assez bon », conclut-il, lucide. Mais pas résigné.

