Il y a 214 jours
Colby Covington snubé par l'UFC : une absence qui en dit long sur les priorités de la promotion
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L'absence de Colby Covington à l'UFC White House, un événement censé célébrer le 250e anniversaire des États-Unis, soulève des questions sur les critères de sélection de la promotion. Entre promesses non tenues et choix controversés, le combattant vedette dénonce un card "désorganisé" et loin des attentes des fans.
A retenir :
- Colby Covington, proche allié de Donald Trump, se dit "déçu" de ne pas figurer au card UFC White House, malgré ses demandes répétées.
- L'UFC a proposé à Covington un combat contre le vainqueur de Malott vs. Burns, repoussant son retour à la fin de l'année.
- Le combattant critique ouvertement la qualité du card, qualifiant l'événement de "piss-poor" et pointant l'absence de figures américaines majeures.
- L'UFC White House, prévu le 14 juin à Washington D.C., ne compte qu'un seul titre unifié et un combat intérimaire monté en dernière minute.
- Covington refuse de solliciter Trump pour une faveur, privilégiant l'intérêt national à ses ambitions personnelles.
Un combat politique : quand le sport rencontre la Maison-Blanche
L'UFC White House n'est pas qu'un simple événement sportif. Prévu pour coïncider avec le 250e anniversaire des États-Unis, ce gala devait incarner l'union entre le MMA et les valeurs américaines, sous l'égide d'une promotion qui a toujours su capitaliser sur le patriotisme. Pourtant, l'absence de Colby Covington, figure emblématique de cette alliance entre sport et politique, jette une ombre sur la crédibilité de l'événement. Le combattant, connu pour son soutien indéfectible à Donald Trump, avait tout pour être la tête d'affiche idéale : ancien champion intérimaire des welters, personnalité médiatique, et surtout, l'homme qui a introduit le président dans l'univers de l'UFC en 2018.
Covington n'a pas mâché ses mots lors d'un entretien avec MMA Junkie. "Je voulais vraiment ce combat. J'ai fait campagne auprès de l'UFC, je pensais qu'ils me réservaient pour cet événement, mais ils n'ont trouvé personne pour m'affronter", a-t-il déclaré. Une situation d'autant plus frustrante que le combattant s'était montré flexible, proposant même de monter en poids moyen pour un combat en short-notice. "J'ai dit à Hunter [Campbell] : je combattrai n'importe qui. Je préfère rester à 170 livres avec un camp complet, mais si c'est en urgence, je monterai à 185."
La réponse de l'UFC ? Un seul nom : le vainqueur du combat entre Mike Malott et Gilbert Burns, prévu à UFC Winnipeg. Une proposition que Covington a acceptée, non sans amertume. "Je vais attendre la fin de l'année si c'est ce qu'ils veulent. C'est leur entreprise, après tout. Je suis l'homme de la compagnie, je fais ce qu'on me dit."
L'UFC White House : un card qui divise avant même son annonce
Si l'absence de Covington est un coup dur pour l'image de l'événement, le card annoncé par l'UFC n'a pas non plus convaincu les fans. Initialement présenté comme un gala exceptionnel avec "six ou sept combats de titre", l'UFC White House se résume finalement à un seul titre unifié – le combat entre Ilia Topuria et Justin Gaethje pour la ceinture des légers – et un combat intérimaire chez les lourds entre Alex Pereira et Ciryl Gane, monté en dernière minute. Une déception pour les amateurs de MMA, qui espéraient une affiche plus ambitieuse pour célébrer l'anniversaire des États-Unis.
Covington n'a pas hésité à qualifier le card de "piss-poor" (littéralement "minable au possible"). "Les fans l'ont dit, ils ont parlé : ils détestent ce card. Ils avaient promis six ou sept combats de titre, et maintenant, on a un seul titre unifié et un intérimaire monté à la va-vite. Tout ça était désorganisé. Il n'y a pas de grands noms américains."
Le combattant pointe du doigt l'absence de figures emblématiques comme Jon Jones ou Israel Adesanya, et critique le choix de Michael Chandler, âgé de 40 ans, ou de Sean O'Malley, certes talentueux mais loin d'incarner l'esprit patriotique promis. "Qui représente vraiment l'Amérique pour les 250 ans du pays ? On dirait qu'ils s'en fichent. Ils ont gagné assez d'argent avec Paramount, maintenant, ils sont contents."
Derrière les coulisses : Hunter Campbell et les décisions qui fâchent
L'absence de Covington à l'UFC White House met en lumière les tensions entre les combattants et la direction de l'UFC, en particulier avec Hunter Campbell, le directeur des opérations de la promotion. Covington, qui se présente comme "l'homme de la compagnie", a toujours joué le jeu de la loyauté, mais cette fois, la décision de ne pas l'inclure dans le card semble avoir dépassé les limites de sa patience.
"Je ne vais pas aller voir Trump pour lui demander une faveur", a-t-il insisté. "Il a des choses bien plus importantes à gérer, comme maintenir la paix dans le monde. Je ne vais pas le déranger avec des histoires de combat à la Maison-Blanche. Je ne suis pas égoïste. Je me soucie plus de mon pays que de moi-même." Une déclaration qui en dit long sur la frustration du combattant, mais aussi sur son refus de jouer la carte politique pour obtenir ce qu'il veut.
Pourtant, Covington n'est pas le seul à critiquer les choix de l'UFC. Plusieurs observateurs ont souligné que l'événement manquait cruellement de stars américaines, alors que la promotion avait tout pour en faire un moment historique. "Ils ont raté une occasion en or", estime un analyste du MMA. "Avec Covington, ils auraient eu un combattant charismatique, médiatique, et surtout, un lien direct avec Trump. Sans lui, l'événement perd une partie de sa symbolique."
Un événement sous le feu des critiques : les fans et les médias réagissent
Depuis l'annonce du card, les réactions des fans et des médias n'ont pas tardé. Sur les réseaux sociaux, les critiques fusent, avec des hashtags comme #UFCWhiteHouseFail ou #WhereIsColby qui ont rapidement gagné en popularité. Les forums spécialisés, comme r/MMA sur Reddit, regorgent de messages déçus, certains allant jusqu'à qualifier l'événement de "fiasco".
Les médias ne sont pas en reste. MMA Fighting a organisé un débat pour discuter de la qualité du card, et les avis sont unanimes : l'UFC a manqué une occasion de marquer les esprits. "C'est dommage, car l'idée était bonne", explique un journaliste. "Mais avec un card aussi faible, difficile de croire que l'UFC a vraiment voulu en faire un événement historique."
Même certains combattants ont réagi. Arnold Allen, qui devait initialement figurer sur le card avant d'être retiré, a exprimé sa déception dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. "Je ne comprends pas la logique. On nous parle d'un événement exceptionnel, et au final, on a un card qui ressemble à n'importe quel autre gala de l'UFC."
L'UFC à la croisée des chemins : entre business et héritage sportif
L'UFC White House devait être l'occasion pour la promotion de réaffirmer son statut de leader mondial du MMA, tout en célébrant un moment historique pour les États-Unis. Pourtant, les choix opérés par la direction – ou plutôt, les non-choix – soulèvent des questions sur les priorités de l'UFC. Est-ce une question de business, où seuls les combats les plus rentables sont privilégiés ? Ou bien une erreur de casting, où l'absence de figures emblématiques a été sous-estimée ?
Une chose est sûre : l'UFC a les moyens de ses ambitions. Avec un contrat de diffusion signé avec Paramount pour plusieurs millions de dollars, la promotion dispose des ressources nécessaires pour organiser des événements d'envergure. Pourtant, le card de l'UFC White House donne l'impression d'un manque d'investissement, comme si la promotion avait privilégié la facilité à l'audace.
Pour Covington, cette absence est un coup dur, mais pas une fin en soi. "Je continue à m'entraîner, à travailler dur. La vie continue, et je reste concentré sur mes objectifs." Une philosophie qui résume bien l'état d'esprit du combattant : pragmatique, résilient, et déterminé à rebondir. Reste à voir si l'UFC saura tirer les leçons de cet épisode, ou si les mêmes erreurs se répéteront à l'avenir.
L'UFC White House aurait pu être un moment historique pour le MMA, mais l'absence de Colby Covington et un card jugé décevant ont terni son image avant même son déroulement. Entre promesses non tenues et choix controversés, la promotion a manqué une occasion de marquer les esprits, laissant les fans et les combattants sur leur faim.
Pour Covington, cette exclusion est un nouveau chapitre dans une relation complexe avec l'UFC. Loyal mais critique, le combattant incarne une génération de fighters qui attendent plus de reconnaissance de la part de leur employeur. Quant à l'UFC, cet épisode rappelle que le business du sport ne peut se passer d'une véritable stratégie narrative – surtout lorsqu'il s'agit de célébrer l'histoire d'un pays.
Le 14 juin prochain, les projecteurs seront braqués sur Washington D.C. Mais au-delà des combats, c'est la crédibilité de l'UFC qui sera en jeu. Et pour l'instant, le compte n'y est pas.

