Un Face Crank qui Scelle le Destin de Gamrot
Le UFC São Paulo aura été le théâtre d’un retour triomphal pour Charles Oliveira. Face à Mateusz Gamrot, réputé pour son grappling agressif et son endurance, le Brésilien a une fois de plus prouvé que son jiu-jitsu brésilien reste une arme absolue. Dès les premières secondes du combat, Oliveira a imposé son rythme, enchaînant balayages, contrôles au sol et menaces de soumission avec une fluidité déconcertante. Gamrot, pourtant solide en défense, a fini par craquer sous la pression : à 3:57 du deuxième round, un face crank parfaitement exécuté a forcé l’abandon du Polonais.
Cette victoire, la 14ᵉ par soumission d’Oliveira en UFC, le place juste derrière Royce Gracie (15) au classement des soumissionneurs les plus prolifiques de la promotion. Mais au-delà des statistiques, c’est la maîtrise technique qui impressionne. Contrairement à un étranglement classique, le face crank cible les vertèbres cervicales en exerçant une torsion latérale, une douleur insoutenable qui pousse même les combattants les plus endurcis à abandonner. Gamrot, spécialiste du grappling et ancien champion du KSW, en a fait les frais malgré ses tentatives de résistance.
"Je savais qu’il était dangereux au sol, mais j’avais un plan. Mon jiu-jitsu, c’est ma vie. Quand je sens que l’adversaire est en difficulté, je serre jusqu’à ce qu’il abandonne." — Charles Oliveira, en conférence de presse.
Do Bronx : Le Retour du Roi Déchu
Cette performance arrive à point nommé pour Oliveira. Après avoir perdu son titre face à Islam Makhachev en octobre 2022 (soumission au 2ᵉ round), puis subi une défaite controversée contre Justin Gaethje (KO au 2ᵉ round en 2023), les doutes commençaient à planer sur sa capacité à rivaliser avec l’élite. Pourtant, contre Gamrot, "Do Bronx" a rappelé pourquoi il a dominé la division des poids légers pendant des années.
Le combat s’est déroulé dans une ambiance électrique, devant 15 000 fans brésiliens au Ginásio do Ibirapuera. Oliveira, connu pour son sang-froid, a su canaliser cette énergie pour livrer une prestation clinique. Gamrot, lui, voit sa progression stoppée net : après un début prometteur en UFC (4 victoires en 5 combats), le Polonais devra repenser sa stratégie face aux top grapplers.
Cette victoire propulse Oliveira vers les premiers rangs des prétendants au titre. Avec Islam Makhachev toujours champion et Arman Tsarukyan en embuscade, une revanche contre le Dagestanais n’est pas à exclure. Mais avant cela, le Brésilien devra peut-être affronter un autre membre du top 5, comme Michael Chandler ou Beneil Dariush, pour sceller son retour définitif.
Figueiredo en Mode "Survie" : Une Victoire, mais des Questions
Dans un combat bien moins convaincant, Deiveson Figueiredo a mis fin à une série de deux défaites en battant Montel Jackson par décision partagée (29-28, 28-29, 29-28). L’ancien champion des poids mouches, désormais installé chez les coqs, a alterné entre moments de génie et passages flous, laissant planer un doute sur sa capacité à dominer cette nouvelle division.
Le deuxième round a été le plus abouti pour Figueiredo : une projection spectaculaire, un passage en monture dominante et une menace d’étranglement en guillotine ont failli sceller le combat. Pourtant, comme trop souvent, le Brésilien a peiné à capitaliser sur ses avantages. Jackson, en retrait pendant deux reprises, a tenté un sursaut en troisième manche avec des coups de poing serrés et des genoux, mais trop tard pour inverser la tendance.
"Je mérite cette victoire, mais je sais que je peux faire mieux. Je dois travailler ma gestion du combat sur trois rounds." — Deiveson Figueiredo, après le verdict.
Le verdict partagé reflète cette ambiguïté : une victoire qui soulage, mais qui ne convainc pas totalement. Pour Figueiredo, la route vers les sommets chez les coqs passera par une meilleure rigueur tactique. Quant à Jackson, sa série de six victoires consécutives s’envole, rappelant que l’UFC ne pardonne pas les erreurs de rythme.
Le Face Crank : L’Arme Secrète d’Oliveira
Si Oliveira est connu pour ses réar-naked chokes et ses triangles, c’est bien le face crank qui s’impose comme sa signature la plus redoutable. Cette technique, popularisée par des légendes comme Kazushi Sakuraba ou Masakazu Imanari, consiste à tordre la nuque de l’adversaire en utilisant un contrôle latéral ou une clé de bras modifiée. Contrairement aux étranglements, elle ne coupe pas la respiration, mais compresse les nerfs cervicaux, provoquant une douleur immédiate et souvent un abandon rapide.
Oliveira l’a utilisée à plusieurs reprises, notamment contre :
- Dustin Poirier (UFC 269, 2021) – après un enchaînement de coups au sol.
- Kevin Lee (UFC Fight Night, 2020) – un face crank en transition depuis une montée en dos.
- Jared Gordon (UFC on ESPN, 2018) – une soumission en 1ʳᵉ reprise.
"Beaucoup de gens ne comprennent pas le face crank. Ce n’est pas juste une question de force, c’est une question d’angle et de timing. Quand tu sens que l’adversaire résiste à l’étranglement, tu passes sur la nuque, et là… c’est fini." — Charles Oliveira, expliquant sa technique.
Et Maintenant ? Les Scénarios pour Oliveira
Avec cette victoire, Oliveira se replace dans la course au titre. Plusieurs options s’offrent à lui :
- Une revanche contre Islam Makhachev : Le Dagestanais domine toujours la division, mais Oliveira reste son seul adversaire à l’avoir mis en difficulté (avant de perdre par soumission). Un UFC 300 ou UFC 301 pourrait être l’occasion idéale.
- Un combat contre Arman Tsarukyan : Le Russe, invaincu depuis 2019, est le prétendant le plus crédible. Un choc de styles entre le grappling d’Oliveira et le striking explosif de Tsarukyan serait un régal pour les fans.
- Un affrontement contre Michael Chandler : L’Américain, toujours dans le top 5, cherche un combat marquant pour relancer sa carrière. Un duel entre deux soumissionneurs aguerris serait explosif.
Une chose est sûre : à 34 ans, Oliveira n’a pas dit son dernier mot. Avec un palmarès de 35 victoires (dont 21 par soumission) et une expérience inégalée dans l’octogone, il reste l’un des combattants les plus imprévisibles et dangereux de l’UFC. Gamrot, lui, devra rebondir rapidement s’il veut rester dans la course. Quant à Figueiredo, son aventure chez les coqs ne fait que commencer… mais le temps presse.

