2015-2024 : neuf ans d’attente pour un combat inachevé
Tout commence en août 2015, lors de l’UFC Fight Night 74. **Charles do Bronx**, alors en pleine ascension, affronte **Max Holloway** dans un duel prometteur entre deux futurs champions. Mais à la troisième reprise, une blessure au genou force l’arrêt du combat. Résultat : un "No Contest", et une frustration durable pour les deux hommes. Presque une décennie plus tard, do Bronx n’a pas oublié. "Tout le monde sait que j’ai été blessé. Ce n’était pas un vrai résultat", rappelle-t-il, déterminé à offrir aux fans la conclusion qu’ils méritent.
Depuis, les parcours des deux combattants ont divergé. Holloway est devenu champion des poids plumes (2017-2019, 2020) et une légende de l’UFC, tandis que do Bronx a brillé en poids légers, remportant le titre en 2019 avant de le perdre face à **Islam Makhachev** en 2022. Leur revanche, aujourd’hui, prendrait une dimension bien différente : celle de deux vétérans cherchant à marquer l’histoire une dernière fois.
La Maison Blanche : un cadre pour l’éternité ?
L’idée d’organiser ce combat dans un lieu aussi emblématique que la Maison Blanche n’est pas anodine. Inspiré par des événements comme le UFC 299 à la Kaseya Center (Miami) ou les galas en plein air, do Bronx voit plus grand : "Quand on parle d’héritage, ce serait quelque chose d’énorme. Un combat comme celui-là, dans un endroit comme ça… les gens en parleraient pendant des années". Une telle initiative nécessiterait cependant l’aval de l’UFC et des autorités américaines, sans compter les contraintes logistiques.
Précédents historiques : L’UFC a déjà organisé des événements dans des lieux insolites (le Fight Island à Abou Dhabi en 2020, ou le Stadium Australia en 2023). Mais la Maison Blanche représenterait un cran supplémentaire, mêlant sport et politique. "Ce serait un message fort pour le MMA, montre que notre sport peut transcender les frontières", ajoute un proche de l’équipe brésilienne.
Mais attention aux excès de symbolisme : certains critiques, comme le journaliste Ariel Helwani, rappellent que "le MMA reste un business. Un combat à la Maison Blanche, c’est séduisant, mais est-ce réaliste ? Les coûts, la sécurité, les autorisations… C’est un casse-tête". Do Bronx le sait : avant de rêver, il faut convaincre.
Ilia Topuria, Holloway… et après ? La stratégie de do Bronx
La défaite face à **Ilia Topuria** en juin 2023 (UFC 289) a marqué un tournant. Pour la première fois depuis longtemps, do Bronx a dû repenser sa trajectoire. "Je ne suis pas du genre à fuir les défis. Si je veux revenir vers le titre, il me faut des combats qui comptent", explique-t-il. Holloway, malgré ses 32 ans, reste un adversaire de choix : n°3 des poids plumes, il est une valeur sûre pour relancer une dynamique.
Scénarios possibles :
- Victoire contre Holloway → Retour dans le top 5 des poids légers et argument solide pour un titre.
- Défaite → Risque de marginalisation dans une division ultra-compétitive (avec des noms comme **Islam Makhachev**, **Arman Tsarukyan**, ou **Mateusz Gamrot**).
Un pari risqué ? Certains analystes, comme Daniel Cormier, estiment que "do Bronx a encore le niveau, mais il doit prouver qu’il peut battre l’élite actuelle. Holloway est un test parfait : rapide, technique, et avec une expérience folle". D’autres, plus sceptiques, soulignent que le Brésilien, à 34 ans, pourrait aussi viser des adversaires moins dangereux pour rebondir.
Derrière les gants : la Chute Boxe Diego Lima, famille et préparation
Pendant qu’il attend une réponse de l’UFC, do Bronx ne reste pas inactif. Basé à **Rio de Janeiro**, il s’entraîne à la Chute Boxe Diego Lima, un camp réputé pour son approche à la fois technique et mentale. "Ici, on ne parle pas que de combat. On parle de vie, de résilience", confie un de ses coéquipiers. Le Brésilien est connu pour son engagement envers les jeunes talents, comme **Kaynan Kruschwitz** (poids mi-moyens) ou **Ismael Bonfim** (poids légers).
Une routine de guerrier : Entre les sessions de jiu-jitsu brésilien (sa spécialité initiale), le travail de frappe avec **Rafael Cordeiro**, et les séances de sparring, do Bronx alterne intensité et récupération. "Je me sens plus fort qu’en 2015. Mon jeu au sol a évolué, et ma gestion de l’espace aussi", assure-t-il. Une évolution nécessaire face à un Holloway connu pour son volume de frappe et sa capacité à dominer les échanges debout.
Anecdote : Lors de l’UFC Vegas 110, où il était présent pour soutenir ses coéquipiers, do Bronx a été vu en train de prendre des notes pendant les combats. "J’analyse tout. Même quand je ne me bats pas, je travaille", confie-t-il avec un sourire.
L’UFC aura le dernier mot
Malgré l’enthousiasme de do Bronx, la balle est dans le camp de **Dana White** et des matchmakers. Plusieurs facteurs entreront en jeu :
- Le calendrier de Holloway : Après sa victoire contre **Justin Gaethje** en avril 2024, "Blessed" pourrait viser un troisième combat contre **Alexander Volkanovski** ou un duel contre **Ilia Topuria**.
- La pertinence sportive : L’UFC privilégie les combats qui font sens pour les ceintures. Une victoire de do Bronx ne garantirait pas un titre immédiat.
- L’aspect financier : Un événement à la Maison Blanche coûterait cher. L’UFC préférera-t-il investir dans un PPV classique (comme l’UFC 300) ?
Optimisme prudent : "Je sais que ce combat a du sens. Pour les fans, pour nous deux, pour l’histoire du MMA. Si l’UFC veut faire quelque chose de spécial, c’est l’occasion", déclare do Bronx. En attendant, il se prépare comme si le combat était déjà signé – une habitude de champion.

