L’UFC en stand-by, Tsarukyan passe au grappling
L’attente se prolonge pour Arman Tsarukyan. Depuis sa victoire controversée par décision partagée face à Charles Oliveira à l’UFC 300, le Russe, ancien numéro un des poids légers, n’a toujours pas d’adversaire officiel en vue. Plutôt que de rester inactif, il a choisi une solution audacieuse : un combat de grappling contre une légende du MMA, Benson Henderson, lors de l’ACB 18 le 19 septembre. Un choix stratégique pour garder le rythme, mais aussi pour envoyer un message clair à l’UFC : il est prêt, et il ne compte pas attendre indéfiniment.
Ce n’est pas la première fois que Tsarukyan se tourne vers d’autres disciplines pour rester en forme. Après son retrait in extremis face à Islam Makhachev à l’UFC 311 en raison d’une blessure au dos, il a enchaîné les performances en grappling, remportant des victoires contre Makkasharip Zaynukov (Karate Combat 54) et Patricky Freire (ADXC 10). Des succès qui prouvent sa polyvalence, mais qui ne suffisent pas à combler l’absence d’un combat officiel en MMA. Alors, pourquoi ce choix ? Parce que pour un athlète de son niveau, l’inactivité est l’ennemi. Et parce que Henderson, malgré ses 41 ans, reste un adversaire redoutable, capable de le pousser dans ses retranchements.
Benson Henderson : L’ex-champion qui ne s’arrête jamais
À 41 ans, Benson Henderson pourrait légitimement prendre sa retraite. Pourtant, l’ancien champion UFC et WEC continue de défier les limites. Retiré des cages depuis mars 2023 après une défaite face à Usman Nurmagomedov, il s’est tourné vers d’autres disciplines : grappling, karaté, boxe. Son palmarès parle pour lui : 28 victoires en MMA, un règne de près de trois ans comme champion des poids légers de l’UFC, et une réputation de combattant intelligent et technique.
Face à Tsarukyan, Henderson aura l’avantage de l’expérience, mais aussi celui d’un style de grappling atypique et imprévisible. Son jeu de jambes, sa capacité à contrer et son endurance en font un adversaire dangereux, même pour un combattant en pleine forme comme le Russe. Pour Tsarukyan, ce combat est une opportunité de mesurer son niveau contre un vétéran qui a tout vu, tout fait. Et pour Henderson, c’est l’occasion de prouver qu’il a encore quelque chose à offrir, même en dehors de l’Octogone.
Un parcours semé d’embûches : Entre blessures et opportunités manquées
La carrière d’Arman Tsarukyan est un mélange de promesses et de frustrations. Après sa victoire contre Oliveira, beaucoup le voyaient comme le prochain prétendant sérieux au titre des poids légers. Pourtant, son retrait face à Makhachev a tout changé. Une blessure au dos, diagnostiquée trop tard, l’a contraint à abandonner le combat, et avec lui, sa place de numéro un. Une déception d’autant plus grande qu’il avait déjà été doublure pour l’UFC 317, où Ilia Topuria et Oliveira s’affrontaient pour la ceinture.
Mais Tsarukyan n’est pas du genre à se morfondre. Alors que les rumeurs d’un combat contre Dan Hooker à l’UFC Qatar persistent, il préfère se concentrer sur ce qu’il peut contrôler : son entraînement, sa préparation, et maintenant, ce combat de grappling. Une façon de rester visible, de montrer qu’il est toujours là, et de rappeler à l’UFC qu’il mérite une chance de briller à nouveau.
« Je ne veux pas attendre. Si l’UFC ne me donne pas de combat, je me créerai mes propres opportunités. » — Une phrase qui résume bien l’état d’esprit de Tsarukyan. Et si ce combat contre Henderson n’a pas la même envergure qu’un titre UFC, il a une valeur symbolique forte : celle d’un combattant qui refuse de se laisser abattre par les circonstances.
Un duel technique : Que peut-on attendre de ce combat ?
Sur le papier, ce combat oppose deux styles très différents. Tsarukyan, jeune, explosif et technique, contre Henderson, expérimenté, rusé et endurant. En grappling, l’avantage pourrait pencher du côté du Russe, plus habitué aux prises et aux soumissions rapides. Mais Henderson n’est pas un débutant : son jeu de contrôle au sol et sa capacité à retourner les situations en sa faveur pourraient surprendre.
Ce qui rend ce combat encore plus intéressant, c’est qu’il se déroulera sans les contraintes du MMA. Pas de coups de poing, pas de coups de pied — juste une bataille d’intelligence et de technique pure. Pour Tsarukyan, c’est l’occasion de travailler des aspects spécifiques de son jeu, comme ses transitions ou ses soumissions, dans un environnement moins risqué qu’un combat officiel. Pour Henderson, c’est une façon de rester dans le game, même après sa retraite du MMA.
Les fans peuvent s’attendre à un échange stratégique et intense, où chaque détail comptera. Et si Tsarukyan l’emporte, ce sera un signal fort envoyé à l’UFC : il est toujours l’un des meilleurs, et il est prêt à revenir en force.
Et après ? Les scénarios possibles pour Tsarukyan
Plusieurs options s’offrent à Arman Tsarukyan après ce combat. La plus probable reste un retour en UFC, peut-être contre Dan Hooker, comme les rumeurs le suggèrent. Hooker, un combattant expérimenté et dangereux, serait un adversaire idéal pour relancer sa carrière. Une victoire contre lui pourrait le replacer dans la course au titre, surtout si Islam Makhachev ou Ilia Topuria viennent à vaciller.
Mais il y a aussi d’autres possibilités. Tsarukyan pourrait continuer à explorer le grappling, ou même se tourner vers d’autres organisations si l’UFC tarde trop à lui proposer un combat. Une chose est sûre : il ne restera pas les bras croisés. Son combat contre Henderson n’est qu’une étape, mais une étape importante. Parce que dans le monde du MMA, la visibilité est tout. Et Tsarukyan l’a bien compris.
« Je ne veux pas être oublié. Je veux montrer que je suis toujours là, et que je mérite ma place. » — Une déclaration qui résonne comme un avertissement pour l’UFC. Parce qu’un combattant comme Tsarukyan, déterminé et talentueux, ne restera pas dans l’ombre bien longtemps.

