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Alex Pereira : Victoire Éclatante à l'UFC 320, mais une Fracture au Pied Assombrit son Triomphe
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Un KO foudroyant, une victoire teintée de douleur : Pereira, nouveau roi des mi-lourds, paie le prix de son triomphe.
A retenir :
- Alex Pereira s’empare du titre des poids mi-lourds en 1 minute 20 à l’UFC 320, stoppant Magomed Ankalaev par KO technique.
- Une fracture au pied révélée post-combat jette un doute sur sa participation à l’UFC à la Maison-Blanche (14 juin).
- Stratégie implacable : des coups de coude sanglants et un ground-and-pound méthodique pour achever Ankalaev, déjà affaibli par une côte fissurée.
- Frustration du champion : Pereira regrette l’arrêt "trop rapide" de l’arbitre, l’empêchant d’infliger sa "gifle" symbolique.
- Spéculations sur son prochain combat : Jon Jones pour une revanche légendaire, ou Tom Aspinall pour un défi chez les lourds ?
80 Secondes de Gloire, des Mois d'Incertitude : Le Prix d'une Ceinture
Las Vegas, 18 mai 2024. Le T-Mobile Arena retient son souffle : Alex "Poatan" Pereira vient d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’UFC. En 1 minute et 20 secondes, le Brésilien a pulvérisé Magomed Ankalaev, reprenant le titre des poids mi-lourds avec un KO technique d’une violence chirurgicale. Pourtant, derrière les célébrations, une ombre plane : une fracture au pied, diagnostiquée après le combat. "Les radios à Las Vegas et l’IRM au Brésil ont confirmé. On ignore encore la durée de la récupération", confie-t-il, sobrement, lors d’une séance de questions-réponses à Rio de Janeiro.
L’ironie est cruelle. Pereira, souvent critiqué pour ses performances en demi-teinte face à des adversaires comme Israel Adesanya ou Jiri Prochazka, livre ici une démonstration de force brute… au prix de son intégrité physique. "Je voulais un combat long, prouver que je mérite cette ceinture. Mais parfois, 80 secondes suffisent", déclare-t-il, un sourire en coin. Pourtant, les rumeurs d’une main cassée avant son combat contre Jamahal Hill en 2023, puis d’un virus avant l’affrontement contre Jiří Procházka, ressurgissent. Pereira serait-il maudit par les blessures au moment même où il atteint les sommets ?
La question brûle les lèvres des fans : le Brésilien sera-t-il prêt pour l’UFC à la Maison-Blanche, prévu le 14 juin ? Un événement historique, le premier organisé dans l’enceinte présidentielle, où Dana White rêve d’un clash entre Pereira et Jon Jones. "Je ne pense pas à ça maintenant. Mon pied, d’abord", élude-t-il. Mais dans l’univers impitoyable de l’UFC, les calendriers n’attendent personne.
"Je Sentais ses Côtes Craquer" : L'Anatomie d'un KO Sanglant
Revoir les images du combat donne des frissons. Après un crochet du gauche qui envoie Ankalaev au tapis, Pereira se transforme en bourreau méthodique. À genoux, il martèle le Russe de coups de coude descendants, visant systématiquement les côtes. "Le premier a ouvert la peau. Quand j’ai vu le sang, j’ai su que c’était fini", explique-t-il, presque clinique. Pourtant, les révélations post-combat de l’équipe d’Ankalaev jettent une lumière crue sur la victoire : le Russe combattait avec une côte fissurée, séquelle d’un entraînement avant le fight.
Stratégie calculée ou opportunisme ? La question divise. "On s’entraîne pour exploiter les faiblesses, pas pour les créer", répond Pereira, évasif. Pourtant, les images parlent d’elles-mêmes : après le premier coup de coude, Ankalaev se recroqueville, les bras en protection. Le deuxième impact fait jaillir un jet de sang. L’arbitre, Marc Goddard, stoppe le combat à 1:20, privant Pereira de son souhait le plus macabre : infliger une "tapinha" (une "petite tape" en portugais) à son adversaire, geste symbolique pour humilier Ankalaev après des mois de tensions.
"J’aurais aimé qu’il tienne encore 10 secondes. Juste pour la gifle", avoue-t-il, un rire sans joie. Une déclaration qui contraste avec l’image du champion soucieux de "respect". Certains y voient une réponse aux provocations d’Ankalaev, qui avait qualifié Pereira de "lucky" après leur premier combat (un match nul controversé en 2022). D’autres, comme l’analyste Daniel Cormier, y décèlent une "rage froide", caractéristique des grands champions. "Alex a un côté sombre. Il ne combat pas juste pour gagner : il combat pour détruire", analyse l’ancien double champion.
Entre la Maison-Blanche et l'Hôpital : Le Dilemme de Pereira
Alors que les médecins évaluent l’étendue de sa blessure, les spéculations vont bon train. Deux noms dominent les discussions :
1. Jon Jones : La revanche que tout le monde attend. Leur premier duel, en novembre 2023, s’était soldé par une défaite de Pereira (décision unanime), dans un combat où "Bones" avait dominé en distance. "Jon est le GOAT [Greatest Of All Time]. Mais cette fois, ce serait différent", lance Pereira, les yeux brillants. Pourtant, avec une fracture au pied, affronter le maître des mind games et des low kicks relève du suicide tactique. "Il me casserait l’autre pied en deux rounds", plaisante (à moitié) le Brésilien.
2. Tom Aspinall : L’option surprise. Le Britannique, en pleine ascension chez les lourds, a appelé Pereira après sa victoire. "Un combat à 205 lbs, et je monte chez les lourds après", a tweeté Aspinall. Une proposition audacieuse, mais qui séduit Pereira : "Tom est fort, technique. Et il n’a pas peur. Ça me plaît." Reste à savoir si l’UFC accepterait de sacrifier un potentiel Jones vs. Pereira 2 pour ce duel transclasse.
Entre-temps, une autre rumeur enfle : et si Pereira devait déclarer forfait pour la Maison-Blanche ? "Ce serait un coup dur pour l’UFC, mais la santé passe avant tout", tempère Dana White. Pourtant, dans les coulisses, on murmure que le Brésilien serait prêt à combattre même blessé, à condition d’éviter les low kicks. "Poatan" a déjà prouvé qu’il pouvait gagner sur une jambe. Mais à quel prix ?
La "Tapinha" qui Hante Pereira : Quand la Vengeance Devient une Obsession
Derrière les statistiques et les stratégies, une histoire personnelle se dessine. La "tapinha" que Pereira voulait infliger à Ankalaev n’est pas anodine. Ce geste, dans la culture brésilienne, symbolise à la fois le mépris et une forme de "correction" – comme un père giflant un enfant turbulent. "Ankalaev m’a manqué de respect pendant des années. Il disait que j’étais un lucky guy, que je ne méritais pas d’être là", explique Pereira, les poings serrés.
Pourtant, certains, comme l’entraîneur Henri Hooft, mettent en garde : "Alex joue avec le feu. Cette obsession de l’humiliation peut le consumer." Un avis partagé par Glover Teixeira, légende brésilienne des mi-lourds : "La vengeance, c’est un plat qui se mange froid. Mais en MMA, ça se paie en blessures et en regrets."
Pereira, lui, assume. "Je ne suis pas un saint. Quand on me provoque, je réponds. Sur le ring et en dehors." Une philosophie qui rappelle étrangement celle de… Jon Jones. Le cercle se referme. Si les deux hommes en viennent aux mains à la Maison-Blanche, ce ne sera pas qu’un combat. Ce sera une guerre psychologique, où chaque coup de pied, chaque regard, chaque mot aura le poids d’une tapinha.

