L’Homme qui Sauve les iPhone (et les Entraînements)
Dans le monde ultra-compétitif de l’UFC, où chaque détail compte, Abubakar Nurmagomedov s’est taillé une réputation insolite. Non pas pour ses soumissions ou ses KO – bien qu’il en ait quelques-uns à son actif –, mais pour son talent à désamorcer des crises… technologiques. Javier Mendez, son entraîneur à l’AKA Thailand, raconte avec humour : "Un jour, Usman [Nurmagomedov] a passé six heures à essayer de configurer un nouvel iPhone pour un partenaire. Abubakar l’a pris, a branché deux câbles, appuyant sur trois boutons, et tout marchait. En moins de cinq minutes !"
L’anecdote de la carte SIM est devenue légendaire dans l’équipe. Alors que les combattants s’arrachent les cheveux sur un problème de réseau en pleine préparation pour un combat, Abubakar intervient, sort un trombone de sa poche, et résout le souci en un temps record. "On dirait un agent secret", plaisante Khabib Nurmagomedov, qui avoue lui-même avoir été sauvé à plusieurs reprises par les compétences "geek" de son cousin. Une facette qui contraste avec l’image du guerrier dagestanais, plus habitué aux tatamis qu’aux circuits imprimés.
Pourtant, cette expertise n’est pas un hasard. Originaire du Dagestan, une région où les ressources sont souvent limitées, Abubakar a appris dès l’adolescence à bricoler, réparer, et contourner les problèmes techniques. "Là-bas, si quelque chose tombe en panne, tu ne peux pas toujours appeler un technicien. Tu dois te débrouiller", explique-t-il. Une philosophie qui lui sert aujourd’hui, y compris dans l’octogone, où la capacité à s’adapter rapidement est cruciale.
Le Barbecue Interdit : Quand les Steaks Deiennent une Arme de Dissuasion
Si Abubakar Nurmagomedov est un as de la technologie, il est aussi… un cuisinier redoutable. Ou du moins, c’est ce que prétend Khabib, qui affirme sans rire : "Ses steaks sont les meilleurs que j’aie jamais mangés. Le problème ? Il ne veut JAMAIS en partager." La raison ? Une peur presque superstitieuse : "Si je commence à en cuisiner pour tout le monde, je vais finir par passer mes journées devant le grill au lieu de m’entraîner", confie Abubakar, mi-amusé, mi-sérieux.
L’anecdote a pris une telle ampleur que certains coéquipiers ont tenté des stratagèmes pour lui soutirer la recette. Elizeu Zaleski dos Santos, son adversaire brésilien en 2019, aurait même glissé une demande lors de leur face-à-face : "Si tu gagnes, tu me donnes ta recette de steak ?" Abubakar a ri, puis l’a soumis en deux rounds. Le steak, lui, est resté un mystère.
Derrière cette histoire se cache une vérité plus profonde : pour les combattants dagestanais, la cuisine est bien plus qu’un loisir. C’est un héritage, une façon de rester connecté à leurs racines. "Chez nous, cuisiner pour les autres est un signe de respect. Mais Abubakar, lui, il a peur qu’on abuse de sa gentillesse", explique un proche de l’équipe. Une peur justifiée, quand on sait que Khabib lui-même a déjà tenté de négocier un "steak par semaine" en échange de conseils d’entraînement…
"L’Ombre de Khabib" : Un Parcours UFC à Redéfinir
Avec seulement deux victoires et deux défaites en UFC, Abubakar Nurmagomedov n’a pas (encore) le palmarès flamboyant de son cousin. Pourtant, ceux qui le côtoient au quotidien, comme Javier Mendez, insistent : "Il a le niveau pour être dans le top 15. Le problème, c’est qu’il est dans l’ombre de Khabib, et ça, c’est à la fois une bénédiction et une malédiction."
Une "malédiction" parce que les attentes sont démesurées. Quand tu portes le même nom que le champion invaincu, chaque défaite est scrutée à la loupe. Une "bénédiction" parce que cette pression l’a aussi rendu incroyablement résilient. Son combat contre Elizeu Zaleski dos Santos en 2019 en est l’exemple parfait : malgré une préparation compliquée (il avait dû remplacer un coéquipier blessé à la dernière minute), il a livré une performance solide, prouvant qu’il méritait sa place parmi l’élite.
Aujourd’hui, à 34 ans, Abubakar est à un tournant. Soit il parvient à enchaîner les victoires et à sortir de l’ombre de Khabib, soit il reste ce combattant "polyvalent" que tout le monde adore, mais que peu prennent au sérieux. Une chose est sûre : qu’il soit devant un iPhone, un grill, ou un adversaire, il surprendra toujours. Comme le résume Mendez : "Abubakar, c’est le genre de gars qui peut te réparer ton téléphone, te cuisiner un repas cinq étoiles, et te soumettre en trois minutes. Dans quel ordre ? Ça dépend de son humeur."
Le Secret le Mieux Gardé de l’AKA Thailand
Si vous passez par la salle d’entraînement de l’AKA Thailand, ne cherchez pas Abubakar Nurmagomedov sur les tatamis à 100% du temps. Il y a de fortes chances que vous le trouviez :
- En train de bidouiller un routeur Wi-Fi : Après avoir sauvé le réseau de la salle à plusieurs reprises, il est devenu le "responsable IT officieux" de l’équipe.
- Derrière un grill improvisé : Malgré ses réticences, il cuisine parfois pour les nouveaux arrivants… à condition qu’ils ne demandent pas la recette.
- En pleine session "MacGyver" : Colle, ruban adhésif, outils de fortune… Il a la réputation de pouvoir réparer n’importe quoi avec trois fois rien.
Usman Nurmagomedov, son frère, raconte d’ailleurs une histoire édifiante : "Une fois, en voyage au Dagestan, le chauffage de notre hébergement est tombé en panne en plein hiver. Les propriétaires voulaient qu’on attende trois jours pour la réparation. Abubakar a démonté la chaudière, trouvé la pièce défectueuse, et l’a remplacée avec… un morceau de métal récupéré sur une vieille voiture. Deux heures plus tard, on avait chaud. C’est ça, Abubakar : un problème ? Une solution."

