Un titre intérimaire qui fait déjà parler
Dans l’univers du MMA européen, peu de ceintures suscitent autant de convoitises que celle des poids plumes de la KSW. Depuis l’avènement de la catégorie, les combats pour ce titre ont souvent été synonymes de spectacles inoubliables, mêlant technique, puissance et stratégie. Le 15 novembre 2025, à Szczecin, ce sera au tour de Patryk Kaczmarczyk et Adam Soldaev de s’affronter pour décrocher le titre intérimaire, une ceinture qui n’est pas qu’un symbole, mais bien une porte ouverte vers une possible unification face au champion en titre.
Pour les observateurs, ce combat est bien plus qu’un simple affrontement : c’est un test de légitimité. Kaczmarczyk, avec ses 12 victoires (dont 5 par soumission), incarne l’expérience et la polyvalence, tandis que Soldaev, invaincu depuis 2022, représente la nouvelle génération de frappeurs explosifs. Leurs styles opposés promettent un spectacle imprévisible, où chaque round pourrait basculer en un instant.
Et puis, il y a les cotes : 222 PLN pour parier sur le vainqueur, un montant qui reflète l’incertitude des bookmakers. "C’est rare de voir un combat aussi équilibré sur le papier", confie Marek Zieminski, analyste MMA pour Sport.pl. "Kaczmarczyk a l’avantage de l’expérience, mais Soldaev a prouvé qu’il pouvait dominer des adversaires plus aguerris. Tout se jouera sur les détails."
Kaczmarczyk : le technicien qui défie le temps
À 32 ans, Patryk Kaczmarczyk n’est plus un inconnu dans le paysage du MMA polonais. Avec un palmarès de 12 victoires pour 3 défaites, dont des succès contre des noms comme Kleber Koike Erbst ou Filip Pejić, il a su se forger une réputation de combattant intelligent et complet. Son jeu au sol, notamment, est redouté : près de 40% de ses victoires se sont conclues par soumission, un atout majeur face à un adversaire comme Soldaev, connu pour son striking.
Mais ce qui frappe chez Kaczmarczyk, c’est sa capacité à s’adapter. "Il a un QI de combat exceptionnel", souligne Tomasz Drwal, ancien combattant de l’UFC. "Il lit ses adversaires comme un livre ouvert et ajuste sa stratégie en temps réel." Une qualité qui pourrait faire la différence face à Soldaev, dont l’agressivité peut parfois le rendre prévisible.
Pourtant, Kaczmarczyk n’est pas invincible. Ses trois défaites, toutes par KO/TKO, révèlent une certaine vulnérabilité face aux frappeurs puissants. "Si Soldaev arrive à le toucher proprement dès le premier round, ça peut finir vite", avertit Michał Materla, légende de la KSW. Une menace que l’équipe de Kaczmarczyk a sûrement étudiée de près.
Soldaev : la machine à KO qui monte en puissance
À 28 ans, Adam Soldaev est ce qu’on appelle un "prodigy" du MMA russe. Avec un record de 10 victoires pour 2 défaites, dont 7 par KO, il incarne la nouvelle génération de frappeurs redoutables. Son style, basé sur une puissance explosive et des enchaînements rapides, a déjà terrassé des adversaires bien plus expérimentés que lui. "Quand Soldaev entre dans la cage, tu sens qu’il veut finir le combat dès la première minute", décrit Artem Lobov, ancien de l’UFC.
Ce qui impressionne chez Soldaev, c’est sa confiance inébranlable. "Je ne viens pas pour gagner aux points. Je viens pour détruire", avait-il déclaré après sa victoire contre Daniel Rutkowski en 2024. Une mentalité qui, si elle peut parfois le rendre vulnérable face à des adversaires patients, en fait aussi un cauchemar pour les juges : ses combats se terminent rarement en décision.
Mais Soldaev a aussi ses faiblesses. Ses deux défaites, toutes par soumission, montrent qu’il peut être pris en défaut au sol. "Si Kaczmarczyk arrive à l’amener au tapis, ça pourrait être un long calvaire pour Adam", analyse Norman Paraisy, commentateur pour RMC Sport. Un scénario que l’équipe de Soldaev a sûrement travaillé en amont, mais qui reste une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.
Szczecin, théâtre d’une nuit historique
Le choix de Szczecin pour accueillir le XTB KSW 112 n’est pas anodin. La ville, située au nord-ouest de la Pologne, est connue pour son public passionné et son ambiance électrique lors des événements de combat. "Les fans polonais sont parmi les plus bruyants au monde", raconte Martin Lewandowski, cofondateur de la KSW. "Quand il y a un titre en jeu, l’énergie dans la salle est tout simplement folle."
Pour cette édition, les organisateurs promettent une soirée chargée, avec pas moins de 10 combats au programme, dont plusieurs oppositions entre jeunes talents et vétérans. Mais c’est bien le choc Soldaev vs Kaczmarczyk qui retient toute l’attention. "C’est le genre de combat qui peut faire exploser les records d’audience", prédit Maciej Kawulski, président de la KSW. "Les fans adorent les duels où tout peut arriver, et celui-ci en est l’archétype."
Et puis, il y a l’aspect financier. Avec des cotes à 222 PLN pour parier sur le vainqueur, les bookmakers s’attendent à un afflux massif de paris. "C’est un combat où les deux ont une vraie chance", explique Jacek Bąk, expert en paris sportifs. "Les parieurs adorent ce genre d’incertitude, ça rend les choses bien plus excitantes."
Un vainqueur pour l’histoire, un perdant pour la légende
Au-delà du titre intérimaire, c’est une place dans l’histoire de la KSW qui se joue le 15 novembre. Le vainqueur de ce combat pourrait bien se retrouver propulsé vers un mégacombat d’unification face au champion en titre, une perspective qui ajoute une pression colossale sur les épaules des deux hommes.
Pour Kaczmarczyk, une victoire serait la consécration d’une carrière déjà bien remplie. "Ce serait le couronnement de années de travail", confie-t-il. "Mais je ne pense pas à ça maintenant. Je pense juste à Soldaev, et à comment je vais le battre." De son côté, Soldaev voit plus loin : "Je ne veux pas juste le titre intérimaire. Je veux la ceinture vraie, et je veux la prendre à celui qui la porte aujourd’hui."
Mais dans le MMA, les rêves se heurtent souvent à la réalité. Et parfois, c’est le perdant qui marque les esprits. "Un combat comme celui-ci, même en cas de défaite, peut propulser un combattant vers de nouveaux sommets", rappelle Joanna Jędrzejczyk, ancienne championne UFC. "Tout dépend de comment ils vont rebondir." Une chose est sûre : après le XTB KSW 112, plus rien ne sera comme avant.

