L'octogone tremble, le gymnase aussi : quand Zhang défie la gravité
Le monde du MMA a l'habitude des exploits, mais celui-ci dépasse l'entendement. Weili Zhang, 1,63 m pour 52 kg, a réalisé ce que beaucoup jugeaient impossible : soulever Francis Ngannou comme un simple accessoire d'entraînement. La vidéo, tournée dans son camp d'entraînement en Chine et devenue virale en 48h, montre la championne des pailles effectuer un power clean (mouvement d'haltérophilie) avec l'ancien champion des lourds sur ses épaules. "C'est comme si elle avait soulevé un frigo", commente un analyste de ESPN MMA, encore sous le choc.
Pour comprendre l'ampleur de l'exploit, il faut rappeler que Ngannou, même à la retraite, pèse encore 120 kg pour 1,93 m - soit plus du double du poids de combat de Zhang. "Ce n'est pas de la force brute, c'est de la technique pure", explique Javier Mendez, son entraîneur à l'AKX, qui travaille avec elle depuis 2022. "Elle utilise son centre de gravité et sa vitesse d'exécution pour compenser. C'est comme un judoka qui projette un adversaire deux fois plus lourd."
L'anecdote devient encore plus savoureuse quand on sait que Ngannou, connu pour sa puissance dévastatrice (record du plus puissant coup de poing mesuré : 129 161 unités), s'est laissé faire avec le sourire. "Elle m'a surpris !", a-t-il confié à MMA Fighting. "Je savais qu'elle était forte, mais pas à ce point. Ça montre pourquoi elle domine les pailles." Une domination qui se chiffre : 23 victoires pour 3 défaites en carrière, avec une série en cours de 5 succès dont 3 par KO/TKO.
UFC 312 : quand la reine des pailles écrase la concurrence
Avant de défier les lois de la physique, Zhang avait rappelé pourquoi elle règne sur la catégorie des pailles. Le 1er juin 2024 à Sydney, lors de l'UFC 312, elle a livré une masterclass contre Tatiana Suarez, considérée comme sa plus coriace adversaire. En à peine 3 rounds, la Chinoise a déconstruit le jeu de sa rivale : 70% de strikes précis, 3 amenées au sol sur 4 tentatives, et un contrôle au sol de 4 minutes 30 sur les 5 minutes du dernier round.
"C'était comme regarder un ordinateur combattre un humain", résume Daniel Cormier en commentaire. "Elle anticipe tout, ajuste en temps réel. Suarez n'avait aucune solution." La performance a valu à Zhang son 4ème bonus de "Performance de la soirée" en 6 combats UFC - un record pour la division. "Je ne combattais pas seulement pour gagner, mais pour montrer que le MMA féminin peut être aussi technique que le masculin", a-t-elle déclaré en conférence de presse, toujours aussi philosophique.
"Le combat du siècle" : Zhang vs Shevchenko, quand deux légendes s'affrontent
Si l'entraînement avec Ngannou a marqué les esprits, c'est un autre défi qui attend Zhang le 15 novembre au Madison Square Garden : Valentina Shevchenko, la reine des mouches, dans ce que Dana White qualifie déjà de "plus gros combat féminin de l'histoire". Les chiffres donnent le vertige :
• Shevchenko : 23-4-0, 8 défenses de titre consécutives, 65% de précision de strikes
• Zhang : 23-3-0, 5 victoires d'affilée, 4,2 strikes significatifs par minute (meilleur ratio des pailles)
• Enjeu : Un possible combat pour le titre "pound-for-pound" n°1, actuellement détenu par Alexandra Volkanovski
"C'est le combat que tout le monde veut voir depuis 5 ans", s'enthousiasme Laura Sanko, commentatrice UFC. "Deux styles opposés : la précision chirurgicale de Valentina contre l'agressivité calculée de Weili." La Chinoise, elle, reste concentrée : "Je respecte Valentina, mais je ne combattras pas son palmarès. Juste ses faiblesses ce soir-là." Une déclaration qui en dit long sur sa mentalité.
Les bookmakers donnent un léger avantage à Shevchenko (1,75 contre 2,10 pour Zhang), mais les experts sont divisés. "Si Weili arrive à imposer son grappling, Valentina est en danger", analyse Chael Sonnen. "Mais si le combat reste debout, la Kirghize a l'avantage en boxe." Un matchup si équilibré qu'il pourrait bien battre le record d'audience pour un combat féminin (actuellement détenu par Ronda Rousey vs Holly Holm avec 1,1 million de PPV).
Derrière la légende : le secret de la machine Zhang
Comment une athlète de 52 kg en arrive-t-elle à soulever des poids lourds et dominer l'UFC ? La réponse se cache dans son régime d'entraînement extrême, révélé par son équipe :
• 6h d'entraînement par jour, réparties en 3 sessions (MMA, force, cardio)
• Régime alimentaire : 3 500 calories/jour, avec 40% de protéines et 0% de sucre ajouté
• Technique secrète : Elle s'entraîne avec des gants lestés de 2 kg pour améliorer sa vitesse
• Mental : 1h de méditation quotidienne et séances d'hypnose avant les combats
"Elle a la discipline d'un moine shaolin et la science d'un ingénieur", confie son nutritionniste. "Chaque calorie, chaque mouvement est calculé." Un perfectionnisme qui paie : depuis 2021, ses adversaires n'ont tenu que 2 rounds en moyenne contre elle.
Son entraîneur révèle aussi une anecdote méconnue : "Avant chaque combat, elle regarde 'Ip Man' pour se motiver. Elle s'identifie à ce maître qui domine par l'intelligence plus que par la force." Une philosophie qui transparaît dans son style : "Je ne veux pas juste gagner. Je veux que mes combats soient des œuvres d'art", déclare-t-elle souvent.
Et après Shevchenko ? L'empire Zhang n'en est qu'à ses débuts
Si elle vient à bout de la Kirghize, Zhang pourrait bien devenir la première combattante à détenir simultanément deux ceintures UFC (pailles et mouches). "C'est l'objectif ultime", confirme son manager. Mais la Chinoise voit plus loin :
• 2025 : Un possible combat contre Claressa Shields en boxe (pour un choc MMA vs Boxe féminin)
• 2026 : Création de son propre camp d'entraînement en Chine pour former la prochaine génération
• Rêve ultime : "Devenir la première femme milliardaire du sport de combat", a-t-elle confié à Forbes Asia
"Elle n'a pas de limites", résume Dana White. "Dans 10 ans, on parlera d'elle comme on parle de GSP ou Anderson Silva aujourd'hui." En attendant, le monde retient son souffle pour le 15 novembre. Car une chose est sûre : quand Weili Zhang entre dans une cage (ou un gymnase), l'impossible devient routine.

