Un choc brésilien pour ouvrir les portes du titre
L’UFC Vegas 110 ne sera pas un événement comme les autres. Dès la pesée officielle, tenue ce vendredi à Las Vegas, une tension palpable régnait autour des deux Brésiliennes les plus attendues de la soirée : Ketlen Vieira et Norma Dumont. Toutes deux classées dans le top 4 des poids coqs féminins, leur affrontement est bien plus qu’un simple combat – c’est une quasi-finale pour décrocher une chance de affronter la championne en titre, Amanda Nunes (même si cette dernière a récemment annoncé son retrait). Avec un poids identique de 61,6 kg, aucune des deux n’a laissé de place au doute : elles sont prêtes pour la guerre.
Pour Ketlen Vieira (13-2), ancienne prétendente au titre, ce combat est une opportunité de se racheter après sa défaite face à Raquel Pennington en 2022. Son style agressif et son jeu au sol redoutable en font une adversaire coriace. De son côté, Norma Dumont (9-2), en pleine ascension avec trois victoires consécutives, mise sur sa précision en striking et son endurance pour contrer Vieira. "Ce combat, c’est ma chance de prouver que je mérite d’être là. Ketlen est une grande championne, mais je vais montrer que le Brésil a une nouvelle reine," déclarait Dumont lors de la conférence de presse.
Les experts s’accordent à dire que la gagnante pourrait se voir offrir un combat contre Julianna Peña ou Raquel Pennington, deux noms qui gravitent autour de la ceinture vacante. Une défaite, en revanche, signifierait un recul significatif dans la course au titre. L’enjeu est colossal.
Derrière les coulisses : le casse-tête des remplacements de dernière minute
Si les stars brésiliennes captent l’attention, l’UFC Vegas 110 a aussi été marqué par un imbroglio logistique digne des meilleurs scénarios de cinéma. Initialement prévu pour affronter Rafael 'Macapá', Allan 'Puro Osso' Nascimento (21-6) s’est retrouvé sans adversaire à J-2 après le forfait de son rival, blessé à l’entraînement. Plutôt que d’annuler le combat, l’UFC a rapidement trouvé une solution : Cody Durden (13-5), un combattant américain habitué aux poids mouches, a accepté de monter en poids casé (58,7 kg contre 58,9 kg pour Nascimento).
"J’ai reçu l’appel mercredi soir. J’étais en train de dîner avec ma famille, et deux heures plus tard, j’étais dans l’avion pour Vegas," a raconté Durden, encore sous le choc de cette opportunité inattendue. Pour Nascimento, ce changement représente un défi supplémentaire : "Durden est un adversaire différent de Macapá. Il est plus rapide, plus technique en grappling. Mais je suis prêt à tout." Ce combat, organisé dans l’urgence, illustre la réactivité de l’UFC, mais aussi les sacrifices consentis par les athlètes pour maintenir le spectacle.
Une source proche de l’organisation a révélé que Dana White lui-même avait supervisé les négociations : "On ne pouvait pas se permettre d’annuler un combat. Les fans méritent une carte complète, et les combattants méritent de se battre. Parfois, il faut improviser." Un témoignage qui rappelle que derrière les projecteurs, le MMA reste un sport où l’adaptabilité est reine.
Une carte équilibrée, entre poids plumes et lourds
Au-delà des duels brésiliens, l’UFC Vegas 110 offre une diversité de combats qui devrait satisfaire tous les amateurs. En tête d’affiche des poids plumes, Steve Garcia (14-6) et David Onama (12-2) s’affrontent dans un match qui pourrait propulser le vainqueur vers le top 15 de la catégorie. Garcia, connu pour son striking explosif, devra faire face à Onama, un combattant polyvalent capable de basculer entre le kickboxing et le jiu-jitsu.
"Onama est dangereux partout. Mais je me sens invincible ici, à Vegas. Je vais lui montrer ce que ça veut dire de combattre un vrai Texan," a lancé Garcia lors des face-à-face. Avec des poids respectifs de 65,9 kg et 66,2 kg, l’équilibre est parfait pour un combat qui promet d’être spectaculaire.
Côté poids lourds, le choc entre Waldo Cortes Acosta (9-1) et Ante Delija (23-5) intrigue par son déséquilibre apparent. Avec 119,2 kg sur la balance pour Cortes Acosta contre 107,7 kg pour Delija, la différence de gabarit est frappante. Pourtant, Delija, ancien kickboxeur, mise sur sa vitesse et son expérience pour contrer la puissance brute de son adversaire. "Le poids, c’est juste un nombre. Ce qui compte, c’est ce que tu fais dans la cage," a-t-il déclaré, confiant.
Ce combat rappelle celui de Francis Ngannou face à des adversaires plus légers, où la technique peut parfois triompher de la masse. Une victoire de Delija serait un véritable exploit, tandis qu’une défaite le renverrait aux oubliettes des lourds.
Les Brésiliens, une force incontournable du MMA moderne
L’UFC Vegas 110 confirme une tendance de fond : le Brésil domine de plus en plus les catégories féminines et masculines du MMA. Avec des athlètes comme Ketlen Vieira, Norma Dumont, ou encore Allan Nascimento, le pays prouve qu’il n’est plus seulement une terre de jiu-jitsu, mais aussi de strikeurs et de combattants complets.
Une étude récente de FightMatrix révèle que 23% des combattants classés dans le top 15 de l’UFC sont Brésiliens, un chiffre en hausse constante depuis 5 ans. "Le Brésil a une culture du combat unique. On grandit en regardant Vitor Belfort, Anderson Silva, et maintenant, on a nos propres stars," explique Rodrigo Minotauro, légende du Pride FC et aujourd’hui entraîneur.
Pourtant, tous ne partagent pas cet optimisme. Certains critiques, comme le journaliste Marcelo Barone, pointent un manque de structure pour les jeunes talents : "On a des diamants bruts, mais pas assez d’académies pour les polir. Beaucoup de Brésiliens brillent tôt, puis disparaissent faute de soutien." Un débat qui rappelle que derrière les succès, des défis persistent.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : ce samedi, à Las Vegas, les yeux du monde du MMA seront rivés sur les Brésiliens. Entre rêves de titre et combats de survie, l’UFC Vegas 110 pourrait bien marquer un tournant pour plusieurs carrières.

