Dusko Todorovic : La Renaissance d’un Prétendant Oublié
Après trois années sans victoire dans la catégorie des poids moyens, Dusko Todorovic a enfin brisé la glace. Face à José Medina, un adversaire en quête de redemption après trois défaites consécutives, le Serbe a imposé un rythme effréné dès les premières secondes. Son stranglement arrière à 4:21 du premier round n’était pas qu’une finition technique – c’était une déclaration. "Je savais que ce combat était crucial pour ma carrière. Medina est coriace, mais j’ai travaillé mon grappling comme jamais", a-t-il confié en backstage.
Cette performance rappelle son entrée tonitruante à l’UFC en 2020, où il avait enchaîné deux victoires par KO. Pourtant, avec un bilan de 4 victoires pour 6 défaites sous la bannière UFC, Todorovic reste un paradoxe : un athlète au potentiel indéniable, mais trop souvent victime de son manque de constance. San Antonio pourrait-il marquer un tournant ? Son prochain adversaire, probablement classé dans le top 15, sera un test bien plus probant.
Pour Medina (8-8 à l’UFC), c’est une quatrième défaite d’affilée qui sonne comme un avertissement. L’Américain, spécialiste du Brazilian Jiu-Jitsu, peine à transposer son jeu au sol dans l’octogone. "Je dois revenir aux bases. Peut-être changer de camp d’entraînement", a-t-il admis, visiblement ému.
"Un Combat de Vétérans" : Silva vs. Puelles, ou l’Art de la Gestion
La confrontation entre Joaquim Silva (35 ans) et Claudio Puelles (28 ans) avait tout d’un choc de générations. Pourtant, c’est l’expérience qui a prévalu. Malgré un début de combat dominé par le Péruvien – contrôles au sol et tentatives de soumission – Silva, membre de l’American Top Team, a su retourner la situation avec une défense de takedown améliorée et des frappes puissantes en contre.
Le troisième round a été décisif : Puelles, visiblement épuisé, a encaisse des coups de poing en série avant de vaciller sous un uppercut. Les juges ont tranché en faveur de Silva (29-28 sur les trois cartes), une décision partagée qui reflète l’équilibre du combat. "Claudio est un adversaire redoutable, mais j’ai su garder mon sang-froid", a commenté Silva, désormais 10ᵉ au classement des poids légers (7-5 à l’UFC).
Pour Puelles (13-4), c’est une troisième défaite consécutive qui interroge. Le Péruvien, connu pour son grappling agressif, semble en perte de vitesse face à des adversaires plus complets. "Je dois travailler mon cardio et mes frappes. C’est une leçon", a-t-il reconnu, sans masquer sa déception.
Fun fact : Silva est le seul combattant à avoir battu à la fois Claudio Puelles et Drew Dober (en 2018), deux spécialistes du sol réputés pour leur endurance.
Tatiana Suarez : La Machine à Grappling est de Retour
Tatiana Suarez n’a pas laissé de place au doute. Opposée à Amanda Lemos, une frappeuse redoutable (9 KO en 12 victoires), la Californienne a imposé son jeu dès les premières secondes : contrôles au sol, transitions fluides, et frappes ciblées. Malgré une résistance acharnée de Lemos en fin de troisième round, Suarez a dominé les trois reprises (29-28 sur les trois cartes).
Cette victoire efface en partie sa défaite face à Weili Zhang (mai 2023), où elle avait été surpassée en striking. "J’ai travaillé mon wrestling avec Henry Cejudo et mon jiu-jitsu avec Rener Gracie. Aujourd’hui, je me sens plus complète", a-t-elle expliqué. Avec un palmarès de 8-1 à l’UFC, Suarez se replace dans la course au titre des pailles, une division où Zhang Weili et Rose Namajunas règnent en maîtresses.
Pour Lemos (13-5-1), c’est un coup d’arrêt. La Brésilienne, qui visait un combat de classement, voit sa série de deux victoires s’interrompre brutalement. "Tatiana était trop forte au sol. Je dois m’améliorer dans ce domaine", a-t-elle admis, lucide.
À noter : Suarez est l’une des rares combattantes à avoir battu à la fois Carla Esparza (ancienne championne) et Nina Ansaroff, deux spécialistes du grappling.
Donchenko : Le Nouveau Visage des Flyweights
La finale de The Ultimate Fighter 33 a sacré Daniil Donchenko, 24 ans, comme la révélation de la soirée. Face à Rodrigo Sezinando, le Russe a imposé un rythme infernal, enchaînant coups de coude et crochets jusqu’à l’arrêt de l’arbitre à 4:27 du premier round. Une performance qui lui vaut un contrat UFC et une place dans l’histoire : il devient le 17ᵉ finaliste de TUF à gagner son premier combat depuis 2020.
Ancien champion Naiza FC, Donchenko (9-1) affiche cinq victoires consécutives, dont quatre par finition. "Mon objectif est d’intégrer le top 15 des flyweights d’ici 2025. Je veux affronter Amir Albazi ou David Dvorak", a-t-il déclaré, ambitieux. Sezinando (10-3), malgré des contres percutants, a confirmé ses lacunes défensives, déjà visibles lors du tournoi.
Chiffre clé : Donchenko a landed 78% de ses coups significatifs lors de ce combat, un taux exceptionnel pour un débutant à l’UFC.
Coria, le Remplaçant qui a Tout Changé
Alden Coria n’était pas censé combattre ce soir-là. Remplaçant Alessandro Costa (blessé au pied) seulement 48h avant l’événement, le jeune flyweight a saisi sa chance avec brio. Face à un adversaire diminué, il a usé de jabs précis et de low kicks pour affaiblir Costa, avant de conclure par TKO au troisième round (0:47).
"C’était une opportunité en or. Je savais que Costa avait des problèmes de mobilité, alors j’ai ciblé ses jambes", a-t-il expliqué. Avec un record de 1-0 à l’UFC, Coria (8-4 au total) s’annonce comme un outsider à suivre. Costa (10-6), lui, enchaîne une troisième défaite en cinq combats et devra repenser sa stratégie.
Détail insolite : Coria est le premier combattant de l’Académie Gladiator (Californie) à remporter un combat à l’UFC depuis 2019.
San Antonio, Terre de Redemption et de Surprises
Cette soirée de prelims à San Antonio aura été riche en enseignements. Entre le retour en grâce de Todorovic, la maîtrise tactique de Silva, et l’émergence de Donchenko, l’UFC a une fois de plus prouvé sa capacité à renouveler ses talents. Les défis restent nombreux : Medina et Puelles devront se reconstruire, tandis que Suarez et Donchenko visent désormais les sommets.
Une certitude : dans un sport où les carrières peuvent basculer en un round, chaque victoire compte. Et cette nuit, certains ont su en profiter mieux que d’autres.

