UFC Qatar : Quand les coulisses deviennent le spectacle
L’UFC Qatar restera gravé dans les mémoires, non seulement pour les combats livrés dans l’octogone, mais surtout pour les drames qui se sont joués dans l’ombre. Samedi soir, alors que les projecteurs s’éteignaient sur les victoires officielles, une autre bataille faisait rage : celle entre Khamzat Chimaev et Ian Garry. Une confrontation qui a tout d’un scénario de film, avec son lot de tensions, de provocations et de promesses de revanche.
L’événement, organisé dans une ambiance déjà électrique, a vu les deux combattants se croiser après la victoire de Garry face à Belal Muhammad. Ce qui devait être un simple échange de regards s’est transformé en une altercation verbale, puis physique. Chimaev, connu pour son tempérament explosif, n’a pas hésité à pousser Garry, accompagnant le geste de menaces à peine voilées. L’Irlandais, loin de se laisser impressionner, a riposté en qualifiant l’attitude du Tchétchène de "puérile", un terme qui a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux.
Mais pourquoi une telle animosité ? Les deux hommes évoluent dans des catégories différentes – Chimaev en poids moyens, Garry en poids mi-moyens – mais leur ambition commune de dominer l’UFC les place sur une trajectoire de collision. Garry, avec sa victoire contre Muhammad, a prouvé qu’il était prêt à affronter les meilleurs. Et qui de mieux qu’Islam Makhachev, le champion incontesté des poids légers, pour tester ses limites ? Son appel post-combat, lancé avec une assurance déconcertante, a immédiatement fait réagir les fans et les analystes.
Garry vs Makhachev : Un défi qui fait trembler les divisions
"Islam, où es-tu ? Je veux te combattre !" Le message d’Ian Garry était clair, direct, et surtout calculé. Après sa performance contre Belal Muhammad – un adversaire redoutable, classé parmi les meilleurs des poids mi-moyens –, Garry n’a pas perdu de temps pour revendiquer sa place parmi l’élite. Mais pourquoi Makhachev ? Parce que battre le champion des poids légers, même dans un combat sans titre en jeu, serait un coup d’éclat capable de propulser Garry vers les sommets.
Pourtant, tous ne partagent pas son optimisme. Certains analystes, comme Daniel Cormier, ont souligné le fossé technique entre Garry et Makhachev, notamment en grappling, où le Russe excelle. "Ian a du talent, mais Islam est une autre paire de manches. C’est comme comparer un couteau à un bazooka", a-t-il déclaré en post-combat. Mais Garry, lui, semble déterminé à prouver le contraire. Son style agressif, son allonge et sa capacité à gérer la pression pourraient-ils vraiment troubler le roi des poids légers ?
Une chose est sûre : si ce combat voit le jour, il deviendra instantanément l’un des plus attendus de l’année. Makhachev, connu pour son calme olympien, n’a pas encore répondu officiellement. Mais dans le monde du MMA, le silence vaut souvent acceptation. Et les rumeurs suggèrent déjà que l’UFC pourrait organiser ce choc des titans d’ici la fin de l’année.
Chimaev : Le champion qui joue avec le feu
Khamzat Chimaev, lui, n’a pas besoin de provocation pour attirer l’attention. Son palmarès parle pour lui : invaincu, dominant, et doté d’un style de combat aussi spectaculaire qu’efficace. Pourtant, son altercation avec Garry a révélé une facette moins reluisante de sa personnalité. En repoussant l’Irlandais et en le menaçant, Chimaev a offert à ses détracteurs de quoi alimenter les critiques.
"Un champion se doit d’être un exemple. Pas un enfant qui pousse les gens dans les coulisses", a déclaré Michael Bisping, ancien champion des poids moyens, sur son podcast. Le débat est lancé : Chimaev est-il en train de gâcher son image par des comportements impulsifs ? Ou est-ce simplement une stratégie pour entretenir son aura de "bad boy" du MMA ?
Ce qui est certain, c’est que Chimaev a désormais un nouvel adversaire en ligne de mire : Ian Garry. Et cette fois, ce ne sera pas une simple passe d’armes en coulisses. Les deux hommes pourraient bien se retrouver face à face dans l’octogone, dans un combat qui promettrait d’être aussi explosif que leur altercation à Qatar. "Je vais le briser", aurait murmuré Chimaev à des proches après l’incident. Garry, lui, a répondu par un simple "On verra ça", un sourire en coin.
Derrière les projecteurs : Ce que les caméras n’ont pas montré
Peu de gens le savent, mais l’altercation entre Chimaev et Garry n’était pas totalement spontanée. Selon des sources proches de l’UFC, les deux combattants s’étaient déjà échangés des regards noirs lors des pesées, deux jours avant l’événement. "Il y avait une tension palpable. Tout le monde savait que quelque chose allait arriver", confie un membre de l’équipe de Garry, sous couvert d’anonymat.
Autre détail révélateur : Chimaev aurait initialement cherché à affronter Belal Muhammad avant son combat contre Garry. Une demande refusée par l’UFC, qui ne voulait pas prendre le risque de voir son champion se blesser en dehors de l’octogone. Frustré, Chimaev se serait alors "rabattu" sur Garry, qu’il considère comme un prétendant arrogant. "Il pense qu’il peut tout se permettre parce qu’il a battu Muhammad. Mais Muhammad n’est pas moi", aurait-il lancé à des journalistes après l’incident.
Du côté de Garry, on minimise l’incident. "Khamzat est un grand combattant, mais il a encore beaucoup à apprendre en dehors du cage", a déclaré son entraîneur, John Kavanagh, figure légendaire du MMA irlandais. Une réponse qui en dit long sur la stratégie de Garry : rester focalisé sur les combats, et laisser les provocations de Chimaev glisser… pour mieux les lui faire payer plus tard.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour la suite
Plusieurs options s’offrent désormais à l’UFC pour capitaliser sur cette rivalité naissante :
1. Chimaev vs Garry : Le combat que tout le monde attend
La solution la plus évidente, mais aussi la plus risquée. Un affrontement entre les deux hommes nécessiterait soit un changement de catégorie (Garry montant en poids moyens, ou Chimaev descendant en mi-moyens), soit un combat en catchweight. Dana White, le président de l’UFC, a déjà laissé entendre que cette option était "sur la table".
2. Garry vs Makhachev : Le défi ultime
Si l’UFC préfère éviter un combat entre Chimaev et Garry pour l’instant, Garry pourrait obtenir son souhait : affronter Makhachev. Un combat qui, s’il a lieu, serait un test ultime pour l’Irlandais. Une victoire le propulserait directement dans la course au titre des poids légers. Une défaite, en revanche, pourrait freiner son ascension fulgurante.
3. Chimaev contre un autre prétendant
Pour calmer le jeu, l’UFC pourrait aussi orienter Chimaev vers un autre adversaire, comme Israel Adesanya (pour un combat revanche) ou Sean Strickland. Une façon de rappeler au Tchétchène que son attitude a des conséquences, tout en gardant la porte ouverte à un futur affrontement avec Garry.
Quelle que soit la décision, une chose est sûre : l’UFC Qatar a marqué un tournant. Les rivalités ne se limitent plus à l’octogone. Elles commencent désormais bien avant, dans les coulisses, les réseaux sociaux, et les regards en coin lors des pesées. Et pour les fans, c’est une excellente nouvelle : le spectacle ne fait que commencer.

