Un début de combat mesuré, une fin explosive
L’UFC Qatar aura été le théâtre d’un des combats les plus mémorables de l’année dans la catégorie des poids mouches. Dès les premières minutes, Asu Almabayev et Alex Perez ont offert un échange technique, où le Kazakh a progressivement imposé son rythme. Perez, expérient et ancien prétendant au titre, semblait maîtriser les distances, mais Almabayev, avec une garde haute et des déplacements fluides, préparait son offensive.
Les deux premiers rounds ont été serrés, avec des échanges de coups précis et des tentatives de projections de part et d’autre. Perez, connu pour son grappling solide, a tenté à plusieurs reprises d’amener le combat au sol, mais Almabayev a su contrer avec des sprawls efficaces. Pourtant, rien ne laissait présager l’explosion qui allait suivre.
Le troisième round a tout changé. Dès la reprise, Almabayev a lancé un coup de pied tournant d’une précision chirurgicale, atteignant Perez en pleine tempe. L’Américain, visiblement sonné, a vacillé – et c’est là que le Kazakh a frappé. Sans hésitation, il a bondi pour enchaîner avec une guillotine sautée, verrouillant la prise avant même que Perez ne touche le sol. En 22 secondes chrono, l’arbitre n’avait d’autre choix que d’arrêter le combat. Une finition d’anthologie, saluée par les spectateurs et les commentateurs.
"Je veux les bonus !" – Almabayev, un combattant ambitieux et sans complexe
Après sa victoire, Almabayev n’a pas caché ses ambitions. Via un traducteur, il a lancé un message clair : « J’attends les bonus. Je vais continuer à en parler jusqu’à ce que Dana [White] m’écoute ! ». Une déclaration qui résume parfaitement son état d’esprit : celui d’un combattant déterminé à marquer l’histoire de l’UFC.
Avec sept combats en seulement deux ans, dont six victoires, le Kazakh affiche une cadence impressionnante. Son palmarès parle pour lui : des fins de combat spectaculaires, une polyvalence redoutable, et une capacité à s’adapter à tous les styles. Son coup de pied tournant, utilisé à plusieurs reprises contre Perez, est devenu sa signature – une arme qu’il maîtrise à la perfection.
Pourtant, certains observateurs restent sceptiques. « Almabayev est impressionnant, mais il n’a pas encore affronté le top 5. Perez était un bon test, mais pour prétendre au titre, il faudra battre des noms comme Moreno, Pantoja ou Figueiredo », souligne un analyste MMA. Une critique que le Kazakh semble prendre comme un défi.
Derrière la performance : Le parcours méconnu d’un prodige kazakh
Ce que beaucoup ignorent, c’est que Asu Almabayev n’a pas toujours été le combattant dominant qu’on voit aujourd’hui. Originaire d’Almaty, il a débuté le MMA tardivement, après une carrière en sambo et en judo. Son passage à l’UFC en 2022 a été une révélation, mais ses débuts n’ont pas été faciles. « Mon premier combat sous contrat UFC, j’ai perdu par décision. Ça m’a appris une chose : ici, il faut finir les combats », confiait-il récemment.
Depuis, il a travaillé sans relâche son jiu-jitsu avec des entraîneurs brésiliens et perfectionné ses frappes avec des coachs thaïlandais. Résultat : une évolution fulgurante, comme en témoigne sa performance contre Perez. « Il a combiné la puissance d’un frappeur avec la finesse d’un grappler. C’est ça, le MMA moderne », commente un entraîneur de l’UFC Performance Institute.
Perez sous le choc : Une défaite qui relance les questions sur les poids mouches
Pour Alex Perez, cette défaite est un coup dur. L’Américain, qui avait déjà challengé Deiveson Figueiredo pour le titre en 2020, voyait ce combat comme une opportunité de revenir dans la course. Pourtant, face à Almabayev, il a semblé manquer de réactivité au moment crucial.
« Perez a sous-estimé la vitesse d’Almabayev. Quand tu prends un coup de pied tournant comme ça, c’est presque impossible de récupérer », analyse un ancien champion UFC. Cette défaite pose aussi des questions sur l’avenir de la division. Avec des combattants comme Brandon Moreno et Alexandre Pantoja qui dominent, où se place un vétéran comme Perez ? Et surtout, Almabayev a-t-il maintenant sa place parmi l’élite ?
Une chose est sûre : après cette performance, les fans réclament déjà un nouveau défi pour le Kazakh. « Donnez-lui un top 10, et on verra s’il est vraiment prêt », peut-on lire sur les réseaux sociaux. Dana White, lui, n’a pas encore réagi… mais avec une finition pareille, il aura du mal à ignorer Almabayev bien longtemps.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour Almabayev
Avec cette victoire, plusieurs options s’offrent à lui :
- Un combat contre un top 10 : Des noms comme Kai Kara-France ou Matheus Nicolau pourraient être des adversaires logiques.
- Un face-à-face avec un autre prétendant émergent : Muhammad Mokaev, invaincu et en pleine ascension, serait un duel explosif.
- Une attente stratégique : Si l’UFC veut le protéger, il pourrait affronter un adversaire légèrement moins coté avant de viser plus haut.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : Asu Almabayev est désormais un nom à suivre. Son style agressif, sa capacité à finir les combats et son charisme en font un atout pour l’UFC. Et avec des performances comme celle-ci, il ne tardera pas à se retrouver sous les projecteurs des grands événements.

