Stirling : La Précision Froide d’un Prospect en Ascension
Navajo Stirling (9-0) a une nouvelle fois prouvé pourquoi il est considéré comme l’un des meilleurs prospects des mi-lourds. Face à Rodolfo Bellato (12-4-1) à l’UFC Fight Night 260, le protégé de City Kickboxing a livré une performance calculée, mêlant coups de pied frontaux ciblant le tronc et des enchaînements précis. Son approche méthodique a payé : en deuxième reprise, une amenée au sol surprise a démontré sa polyvalence, forçant Bellato à s’adapter sans jamais trouver de solution.
Le Brésilien, connu pour son agressivité, a tenté de riposter avec des jabs et des low kicks, mais son volume offensif est resté trop sporadique pour menacer Stirling. Les juges ont rendu un verdict sans équivoque : 30-27, 30-27, 29-28. Une victoire qui consacre Stirling comme un combattant à suivre dans une division où les frappeurs techniques sont rares. Son style, à mi-chemin entre la boxe pied-poing et le grappling opportuniste, rappelle celui d’un autre membre de City Kickboxing : Israel Adesanya, champion des *moyens*.
« Stirling a montré qu’il pouvait dominer un adversaire expérimenté sans forcer le jeu. C’est ça, la marque d’un vrai prospect. » — Analyste MMA, The Fight Site
Prochaine étape pour Stirling ? Un classement dans le Top 15 des mi-lourds d’ici 2025 semble réaliste, à condition de maintenir cette régularité. Son équipe, dirigée par Eugene Bareman, mise sur une progression graduelle, évitant les sauts de niveau prématurés qui ont brisé tant de carrières prometteuses.
Rowston : L’Explosivité de City Kickboxing Frappé Encore
Si Stirling incarne la précision, Cameron Rowston (6-0 en UFC) représente l’explosivité pure. Son entrée dans l’Octogone face à Andre Petroski (13-6) aura duré 2 minutes et 41 secondes — le temps d’un crochet du gauche en contre qui a envoyé le Brésilien au tapis, suivi d’une pluie de coups en ground-and-pound jusqu’à l’arrêt de l’arbitre. Une performance qui porte sa série à cinq victoires consécutives, dont quatre par KO.
Petroski, spécialiste du grappling, n’a jamais pu imposer son jeu. Rowston, avec son allonge de 1,93 m, a exploité sa détente pour garder la distance, avant de frapper avec une précision chirurgicale. « Il a lu Petroski comme un livre ouvert. Dès que ce dernier a avancé, Rowston a contre-attaqué avec une timing parfait. », explique un coach présent dans la salle.
Cette victoire soulève une question : jusqu’où peut aller Rowston chez les moyens ? Son style rappelle celui de Sean Strickland, mais avec une puissance supérieure. Un affrontement contre un Top 15 comme Jack Hermansson ou Roman Dolidze serait un test idéal pour mesurer son potentiel.
À noter : Petroski enchaîne désormais deux défaites d’affilée, confirmant ses difficultés face aux frappeurs explosifs. Une tendance qui pourrait le pousser à revenir à ses racines en grappling, sous peine de voir sa carrière stagner.
Montague et Mullarkey : Deux Destins Opposés
Michelle Montague (7-0) a marqué l’histoire de l’UFC avec des débuts quasi parfaits. Malgré des coupures précoces infligées par les coudes de Luana Carolina (11-6), l’Américaine d’American Top Team a su retourner la situation après une pénalité pour upkick illégal en deuxième round. Le troisième acte fut un masterclass : takedowns en série, transitions fluides en full mount, et un ground-and-pound implacable qui lui a valu des scores de 30-26 sur deux cartes.
Carolina, qui enchaînait quatre victoires consécutives, voit sa dynamique brisée. Montague, elle, s’impose d’emblée comme une valeur sûre des bantamweights, une division où les frappeuses techniques comme Raquel Pennington ou Holly Holm dominent. Son prochain combat pourrait la propulser dans le Top 10, à condition de maintenir ce niveau.
À l’opposé, Jamie Mullarkey (19-8) a évité de justesse la catastrophe. Après deux ans sans victoire et trois défaites d’affilée en UFC, l’Australien a enfin brisé la malédiction face à Rolando Bedoya (14-6). Dominateur pendant deux rounds, Mullarkey a failli tout perdre en troisième reprise, où Bedoya a enchaîné les bursts de coups et un spinning back elbow spectaculaire. Heureusement pour lui, les juges ont tranché en sa faveur (29-28 x3).
« Mullarkey a montré un mental d’acier. À 30 ans, il n’a plus droit à l’erreur. » — Journaliste, MMA Fighting
Ce combat était un sauvetage de carrière. Mullarkey devra désormais enchaîner les victoires s’il veut éviter un licenciement, dans une division lightweight ultra-compétitive.
Pericic et Thainara : La Nouvelle Garde Débarque
Brando Pericic (5-1) a offert l’un des KOs les plus rapides de la soirée. Face à Elisha Ellison (5-3), le Croate a exploité son avantage physique (15 cm et 11 kg de plus) pour matraquer les jambes de son adversaire avant d’enchaîner avec des one-twos percutants. Le combat s’est terminé au sol, où une série de coups de poing en ground-and-pound a forcé l’arrêt après 1 minute et 55 secondes.
Une entrée remarquée pour ce protégé de City Kickboxing, qui confirme que le camp dirigé par Eugene Bareman produit des talents prêts pour l’UFC. Pericic pourrait rapidement devenir un cauchemar pour les poids lourds-légers, à condition de travailler son endurance.
Chez les strawweights, Alexia Thainara (13-1) a dominé Loma Lookboonmee (10-5) sans contestation (30-27 x3). Malgré un écart de taille défavorable (10 cm de moins), la Brésilienne a imposé un grappling étouffant : 12 amenées au sol en 15 minutes, un contrôle en full mount et en side control, et un clinch asphyxiant où les knees et coudes courts ont fait la différence.
Lookboonmee, habituellement redoutable en Muay Thai, n’a trouvé aucune parade. Thainara, invaincue depuis 2020, s’affirme comme une prétendente sérieuse dans une division en pleine recomposition, surtout après le départ de Rose Namajunas vers les flyweights.
Thicknesse Survit, l’UFC Montre sa Profondeur
Enfin, Colby Thicknesse (9-1) a offert un combat en dents de scie face à Josias Musasa (8-3). Le bantamweight australien a survécu à un uppercut dévastateur en deuxième round, qui l’a envoyé vaciller, avant de reprendre le contrôle pour l’emporter (29-28 x3). Une victoire qui illustre la profondeur croissante des divisions inférieures de l’UFC, où chaque combat est un test d’endurance et de résilience.
Musasa, malgré la défaite, a prouvé qu’il appartenait à ce niveau. Son uppercut aurait pu changer le cours du combat, et il reste un adversaire dangereux pour quiconque sous-estimerait sa puissance.
City Kickboxing sort grand gagnant de cette soirée, avec trois victoires en trois combats (Stirling, Rowston, Pericic). Le camp néo-zélandais, déjà réputé pour avoir formé des champions comme Israel Adesanya et Alexander Volkanovski, confirme qu’il est une usine à talents du MMA mondial.
Derrière les Coulisses : L’Influence de City Kickboxing
Peu de camps peuvent se targuer d’avoir un impact aussi immédiat que City Kickboxing. Fondé par Eugene Bareman et Doug Viney, ce gym d’Auckland est devenu un vivier de champions grâce à une philosophie simple : « Technique avant tout, puissance ensuite. »
Les performances de Stirling, Rowston et Pericic à Perth ne sont pas un hasard. Les trois hommes s’entraînent dans un environnement où la stratégie prime sur la force brute. « On ne nous apprend pas à gagner, mais à dominer », confie un membre de l’équipe. Leur préparation pour l’UFC Fight Night 260 a inclus des spars avec des partenaires de haut niveau, comme Kai Kara-France (Top 5 des flyweights), pour simuler la pression de l’Octogone.
Bareman, connu pour son approche scientifique du MMA, utilise des données biomécaniques pour optimiser les mouvements de ses athlètes. Par exemple, les coups de pied frontaux de Stirling, qui ont tant déstabilisé Bellato, sont le résultat d’analyses vidéo poussées sur les failles défensives des adversaires.
Avec déjà trois titres UFC à son actif (Adesanya, Volkanovski, Kara-France), City Kickboxing semble parti pour ajouter de nouveaux noms à son palmarès. La question n’est plus de savoir si leurs combattants domineront, mais quand.
À surveiller de près : l’ascension fulgurante des combattants de City Kickboxing, qui semblent déterminés à dominer l’UFC pour les années à venir. La prochaine carte en Australie, prévue pour février 2025, pourrait bien leur offrir une nouvelle occasion de briller.

