Une Soirée Historique : La DWCS Devient l’Usine à Champions de l’UFC
La cinquième semaine de la *Dana White’s Contender Series* (DWCS) restera dans les annales. Pas moins de **cinq contrats UFC** ont été distribués en une seule soirée, un record depuis le début de la saison 2024. Un signe clair que ce tremplin, créé en 2017, est désormais la voie royale pour intégrer l’élite du MMA mondial. Parmi les heureux élus, des profils aussi variés qu’impressionnants : un poids lourd explosif, un prodige brésilien de 22 ans, une strawweight dominante, et même un combattant offert en **seconde chance** malgré une performance perfectible.
Pour Dana White, cette cuvée exceptionnelle confirme une tendance : « La DWCS n’est plus un simple show de détection, c’est un laboratoire où se fabriquent les futures stars de l’UFC. Cette semaine, on a vu des gars capables de performer dès leur premier combat dans l’Octogone. » Une analyse partagée par les observateurs, qui notent une hausse du niveau technique chez les participants, ainsi qu’une diversité des styles rare pour un événement de ce type.
Mais au-delà des chiffres, c’est l’impact immédiat de ces recrues qui interroge. Avec des victoires en **moins de 20 secondes** (Asplund) ou des dominations sans appel (Foro, Sanches), ces athlètes arrivent avec un momentum redoutable. Reste à savoir s’ils confirmeront sous la pression de l’UFC, où le niveau de compétition est sans commune mesure avec les circuits régionaux.
Lerryan Douglas : Le "Gunslinger" Qui Vise le Top 15 Dès 2025
Parmi les signataires, Lerryan Douglas (12-2) a marqué les esprits avec un **KO foudroyant en 36 secondes** face à Cam Teague, le plus rapide de sa carrière. Surnommé « The Gunslinger », ce champion de la Legacy Fighting Alliance (LFA) enchaîne désormais **cinq victoires consécutives**, toutes par finition. Une statistique qui rappelle étrangement l’ascension de Sean O’Malley, lui aussi passé par la DWCS avant de devenir une superstar des poids coqs.
Ce qui frappe chez Douglas, c’est sa capacité à lire les ouvertures. Contre Teague, il a exploité une faille défensive dès les premières secondes, enchaînant un crochet du gauche suivi d’un uppercut qui a envoyé son adversaire au tapis. « Je savais qu’il allait avancer en garde haute. J’ai juste attendu le bon moment pour frapper », a-t-il expliqué en conférence de presse. Une lucidité qui, combinée à sa puissance, en fait un candidat sérieux pour le Top 15 des poids moyens d’ici 12 à 18 mois.
Son parcours rappelle aussi celui d’Israel Adesanya dans ses débuts : un style à la fois technique et spectaculaire, avec une prédilection pour les finitions précoces. À 29 ans, Douglas a le profil idéal pour devenir un "gatekeeper" de la division, celui qui teste les prétendants avant qu’ils n’affrontent les champions. Son premier combat UFC, probablement programmé avant la fin de l’année, sera à suivre de près.
Steven Asplund : Du Surpoids à la Menace chez les Poids Lourds
L’histoire de Steven Asplund (6-1) est celle d’une métamorphose physique et mentale. Anciennement à **plus de 225 kg**, ce colosse américain a entrepris un parcours de perte de poids aussi impressionnant que sa carrière en MMA. Résultat : une victoire en **16 secondes** seulement contre Anthony Guarascio, grâce à un uppercut dévastateur suivi d’une pluie de coudes au sol.
Son parcours n’est pas sans évoquer celui de Tom Aspinall, autre poids lourd explosif passé par les circuits régionaux avant de dominer l’UFC. Mais là où Aspinall misait sur sa vitesse et son jiu-jitsu, Asplund se distingue par une puissance brute et une résilience à toute épreuve. « Je me bats comme si chaque combat était mon dernier. Parce qu’à mon poids, une erreur peut tout changer », confie-t-il.
Pourtant, des questions subsistent. Son adversaire, Guarascio (5-2), n’était pas un top prospect, et Asplund a parfois montré des lacunes en défense lors de ses précédents combats. Son entrée dans l’UFC sera un test immédiat : la division des poids lourds, bien que moins technique que d’autres, reste l’une des plus imprévisibles. Un premier combat contre un vétéran comme Chase Sherman ou Don’Tale Mayes serait un baptême du feu idéal pour jauger son vrai niveau.
"Le Prodigy" Samuel Sanches : Le Nouveau Charles Oliveira ?
À seulement **22 ans**, Samuel Sanches (11-1) a déjà le CV d’un vétéran. Avec **huit victoires d’affilée** et sept finitions en première reprise, le Brésilien a confirmé son statut de phénomène en dominant Chasen Blair par KO au premier round. Son style, offensif et précis, rappelle celui d’un jeune Charles Oliveira : des enchaînements de frappes au corps et à la tête, une mobilité fluide, et une capacité à exploiter les moindres erreurs de ses adversaires.
Ce qui impressionne le plus chez Sanches, c’est sa maturation précoce. Contrairement à beaucoup de jeunes talents qui misent sur la puissance pure, il affiche déjà une stratégie de combat aboutie. Contre Blair, il a patiemment attendu que son adversaire s’engage avant de placer un crochet du droit parfait, suivi d’une série de coups au sol. « Je ne cherche pas le KO, je le construis », résume-t-il, une philosophie qui tranche avec l’impétuosité habituelle des prospects.
Son arrivée chez les poids légers – la division la plus compétitive de l’UFC – sera un défi de taille. Mais avec des modèles comme Islam Makhachev (champion) ou Arman Tsarukyan (prétendant), Sanches a les outils pour devenir un outsider sérieux d’ici 2026. Un premier combat contre un top 30 comme Damir Ismagulov ou Joel Alvarez serait un excellent test pour mesurer son potentiel.
Carol Foro : La Strawweight Brésilienne Qui Veut Succéder à Amanda Lemos
Chez les pailles féminins, Carol Foro (9-1) a imposé son jeu face à l’invaincue Shanelle Dyer, remportant une **décision unanime** (30-27, 29-28 x2) après trois rounds dominés. La Brésilienne, en série de **sept victoires consécutives**, a étalé une boxe puissante et une défense au sol impeccable, envoyant Dyer à terre à trois reprises. Son style, mélange de frappes lourdes et de mobilité tactique, évoque celui de Tatiana Suarez dans sa capacité à dicter le rythme.
Ce qui distingue Foro, c’est son équilibre entre agressivité et contrôle. Contrairement à beaucoup de strawweights qui misent sur la vitesse, elle utilise sa puissance physique pour imposer son jeu. « Je ne veux pas juste gagner, je veux dominer. Comme Amanda Lemos l’a fait avant moi », déclare-t-elle, faisant référence à sa compatriote, actuelle n°3 de la division.
Pourtant, des doutes persistent. Dyer (6-1), bien que battue, a montré des qualités en kicking et en contre. Le manque de puissance de la jeune Américaine a été fatal, mais Foro devra affronter des adversaires plus complètes dans l’UFC, comme Virna Jandiroba (n°5) ou Loopy Godinez (n°10). Son premier combat sera crucial pour voir si elle peut transcender son niveau actuel et viser le Top 10.
Freddy Vidal : La Seconde Chance Qui Peut Tout Changer
Si Freddy Vidal (4-0) n’a pas décroché de contrat immédiat malgré sa soumission en troisième reprise face à Felipe Franco, sa performance a suffi à convaincre Dana White de lui offrir une **seconde chance** lors de la finale de saison en octobre. Un scénario similaire à celui de Geoff Neal, qui avait dû patienter avant de signifier son entrée dans l’UFC.
Le combat de Vidal a été laborieux, marqué par un **raté à la pesée** (4 livres de trop) et un deuxième round en retrait. Pourtant, le New-Yorkais a su inverser la tendance en fin de troisième reprise, enchaînant un *sweep* décisif avant de conclure avec un *rear-naked choke* à 4:48. Une finition qui rappelle l’opiniâtreté d’Alex Pereira, capable de gagner même dans les moments les plus critiques.
Franco (8-1), malgré la défaite, a prouvé sa résilience en dominant une grande partie du combat, notamment grâce à un *takedown* spectaculaire en première reprise. Mais son manque d’expérience en *grappling défensif* face à un Vidal plus technique au sol aura été fatal. À 31 ans, ce dernier aura désormais trois mois pour peaufiner son cardio et ses transitions – des lacunes évidentes mardi soir, mais qui pourraient faire de lui un **outsider dangereux** chez les mi-lourds.
Son profil rappelle celui de Jamahal Hill, champion UFC en 2023 après un parcours chaotique. Si Vidal parvient à corriger ses défauts, il pourrait surprendre plus d’un observateur dans une division où les opportunités sont rares mais précieuses.
Derrière les Coulisses : Comment la DWCS a Révolutionné la Détection de Talents
Ce qui frappe avec cette cinquième semaine, c’est la diversité des parcours. Entre Asplund, ancien obèse devenu athlète de haut niveau, et Sanches, prodige brésilien formé dès l’adolescence, la DWCS prouve qu’elle sait détecter tous les types de talents. Mais comment Dana White et son équipe identifient-ils ces pépites ?
Selon des sources proches de l’UFC, trois critères principaux entrent en jeu :
- Le potentiel médiatique : Un style explosif (comme Douglas) ou une histoire inspirante (comme Asplund) compte autant que les compétences pures.
- La capacité à performer sous pression : Les combattants sont évalués sur leur mental autant que sur leur technique. Vidal, malgré ses défauts, a montré une résilience qui a plu à White.
- L’adaptabilité : Foro et Sanches ont prouvé qu’ils pouvaient ajuster leur jeu en cours de combat, une qualité cruciale dans l’Octogone.
Un autre élément clé : l’analyse des données. L’UFC utilise désormais des outils comme UFC PI (Performance Institute) pour évaluer les statistiques des combattants (puissance des frappes, endurance, etc.) avant même qu’ils ne signent. Une approche qui explique pourquoi certains prospects, comme Shavkat Rakhmonov (17-0), ont été repérés bien avant leur arrivée dans la DWCS.
Enfin, il y a la stratégie de "matchmaking". Contrairement aux idées reçues, les adversaires ne sont pas choisis au hasard. « On essaie de mettre les prospects dans des situations où ils doivent prouver quelque chose », explique un membre de l’équipe de la DWCS. C’est pourquoi Vidal a affronté Franco, un grappler solide, ou pourquoi Sanches a été opposé à Blair, un striker dangereux. L’UFC ne veut pas de victoires faciles – elle veut des guerriers.
Mais au-delà des performances, c’est la diversité des profils qui marque : des poids lourds aux strawweights, en passant par des mi-lourds en seconde chance, la DWCS prouve qu’elle sait détecter tous les talents. Reste à voir si ces nouveaux venus confirmeront sous la pression de l’Octogone. Une chose est sûre : avec des athlètes aussi déterminés, l’UFC de 2025 s’annonce plus compétitif que jamais.
À suivre de près :
- Lerryan Douglas vs. un top 20 des poids moyens (débüt probable en décembre 2024).
- Samuel Sanches contre un vétéran des légers (Ismagulov ou Alvarez ?).
- Carol Foro face à une top 15 comme Jandiroba pour un premier test.
- Freddy Vidal en finale de saison : une victoire pourrait lui valoir un contrat direct.

