Tyron Woodley, figure emblématique des poids mi-moyens et ancien champion incontesté de l’UFC entre 2016 et 2019, ne mâche pas ses mots. Dans une interview récente accordée à MMA Fighting, il a vivement critiqué l’idée selon laquelle Kamaru Usman serait le "plus grand de tous les temps" (GOAT) de la catégorie des 77 kg. Pour Woodley, cette comparaison avec Georges St-Pierre relève du sacrilège : "GSP est intouchable, Usman n’a tout simplement pas le même impact, la même légende, ni le même héritage", a-t-il déclaré sans détour.
GSP, la référence absolue
Woodley n’a jamais caché son admiration pour Georges St-Pierre, qu’il considère comme le modèle ultime du combattant complet. "GSP a dominé son époque, a défendu son titre contre les meilleurs, et a su s’adapter à chaque génération. Il a transcendé le sport, ce qu’Usman n’a pas encore fait", explique-t-il. Pour l’Américain, la domination d’Usman, bien que réelle, manque de cette dimension mythique qui fait de GSP une icône mondiale du MMA.
La question du "GOAT" est récurrente dans le monde du MMA, et chaque génération a ses partisans. Pourtant, les récents revers d’Usman – notamment ses défaites contre Leon Edwards – ont relancé les débats. Certains observateurs estiment que le Nigérian a perdu de sa superbe, tandis que d’autres rappellent ses 15 victoires consécutives avant ces échecs.
Une division en pleine mutation
La catégorie des poids mi-moyens est aujourd’hui en ébullition. De jeunes talents comme Shavkat Rakhmonov ou Ian Machado Garry émergent, promettant de redéfinir la hiérarchie. Woodley, qui a lui-même connu des hauts et des bas après son règne, suit cette évolution avec attention : "Le MMA évolue, les styles changent, et les nouveaux venants apportent une fraîcheur qui peut tout bouleverser."
Pour autant, l’ancien champion ne sous-estime pas les performances d’Usman. "Il a été dominant, c’est indéniable. Mais le GOAT, c’est autre chose. C’est une combinaison de résultats, de style, d’influence et de longévité. GSP a tout ça, Usman pas encore."
Le poids des mots
Les déclarations de Woodley ne sont pas anodines. Elles interviennent dans un contexte où l’UFC cherche à promouvoir de nouvelles rivalités et à renouveler l’intérêt pour les divisions historiques. En remettant en question le statut d’Usman, Woodley alimente une polémique qui pourrait bien relancer l’attrait pour les poids mi-moyens.
Certains fans et analystes lui reprochent de minimiser les accomplissements d’Usman, tandis que d’autres saluent son franc-parler. Une chose est sûre : le débat est relancé, et la question du GOAT reste plus ouverte que jamais.

