Szczecin en ébullition : le retour du "Tank" dans son antre
Le 15 novembre, la Netto Arena de Szczecin vibrera au rythme des coups de poing et des soumissions lorsque Tomasz Romanowski, surnommé le "Tank" pour sa résistance légendaire, foulera à nouveau l’octogone du KSW. Un retour attendu, surtout après sa défaite face à Piotr Kuberski en mai 2024, où le titre intérimaire des poids mi-lourds lui avait échappé. Mais cette fois, c’est chez lui, devant un public acquis à sa cause, que Romanowski entend se racheter. "Combattre à Szczecin, c’est comme avoir un sixième sens – l’énergie de la foule me porte", confiait-il récemment à MMA DNA.
Son adversaire ? Le Belge Alain Van De Merckt, un combattant expérimenté avec un palmarès de 10 victoires pour 5 défaites, connu pour son agressivité debout et sa capacité à encaissez les coups. Un profil qui, sur le papier, promet un choc explosif. Mais Romanowski, lui, voit plus loin que les statistiques. Pour lui, ce combat est une opportunité de réinvention : "Je ne veux pas juste gagner. Je veux montrer que j’ai évolué, que je peux dominer sous tous les angles."
Van De Merckt décrypté : quand l’entraînement devient une arme secrète
Comment préparer un combat contre un adversaire que l’on n’a jamais affronté ? En étudiant ses faiblesses… via un intermédiaire. C’est la méthode qu’a choisie Romanowski, en s’appuyant sur les retours de Łukasz Kulpa, son partenaire d’entraînement, qui a croisé le fer avec Van De Merckt en 2023. "Łukasz dominait clairement les deux premiers rounds, mais il s’est épuisé en troisième reprise. Alain a une bonne endurance, mais il a du mal avec la pression constante", analyse Romanowski.
Une observation qui a guidé sa préparation physique, axée sur un rythme soutenu et des enchaînements variés. "Je sais qu’il aime les échanges de coups, alors je vais le forcer à bouger, à dépenser son énergie. Et si je sens qu’il fatigue, je passerai au sol." Mais attention : le Polonais refuse de se laisser enfermer dans un plan rigide. "Parfois, les meilleurs combats naissent de l’improvisation. Peut-être que je vais me faire surprendre moi-même et tenter une clé de jambe en plein milieu du round !" lance-t-il avec un sourire malicieux.
"Je veux que les fans repartent en parlant du combat" : la promesse d’un spectacle
Dans l’univers du KSW, où le spectacle prime souvent sur la technique pure, Romanowski l’a bien compris : pour marquer les esprits, il faut divertir. "Les fans veulent voir du sang, des KO, des soumissions fous… Moi, je veux leur donner ça, mais avec mon style", explique-t-il. Une philosophie qui tranche avec certains combattants ultra-défensifs, mais qui colle parfaitement à l’ADN de la fédération polonaise, réputée pour ses galas électrisants.
Pour autant, le "Tank" n’est pas dupe : "Un combat divertissant ne veut pas dire désorganisé. Si je vois qu’Alain est vulnérable au sol, je vais exploiter ça. S’il résiste debout, je vais le frapper jusqu’à ce qu’il tombe." Une approche hybride qui rappelle celle de légendes du MMA comme Daniel Cormier ou Israel Adesanya – des combattants capables de s’adapter en un clin d’œil.
Et si certains critiques lui reprochent parfois un manque de finition, Romanowski assume : "Je préfère gagner par décision en ayant tout donné que de chercher un KO désespéré et me faire contrer. Mais croyez-moi, si l’occasion se présente…" (sourire).
Derrière les gants : la routine méconnue du "Tank"
Peu de gens le savent, mais Romanowski a un rituel d’avant-combat pour le moins original : il regarde des documentaires sur les animaux sauvages. "Les lions, les loups… Ces prédateurs ont une patience incroyable avant de frapper. Ça m’inspire pour rester calme sous pression", révèle-t-il. Une habitude qui contraste avec l’image du guerrier brutal, mais qui explique peut-être sa capacité à garder son sang-froid dans les moments critiques.
Autre détail surprenant : malgré son gabarit imposant (1m88 pour 93 kg), le Polonais est un adepte de yoga. "La souplesse, c’est crucial pour éviter les blessures et améliorer mes clés de jambe", justifie-t-il. Une discipline qu’il pratique depuis 2021, après une blessure au dos qui avait failli mettre fin à sa carrière.
Enfin, Romanowski est connu pour son régime alimentaire strict, mais avec une exception : la veille du combat, il s’autorise un cheesecake polonais (le sernik). "C’est ma madeleine de Proust. Ça me rappelle pourquoi je me bats : pour ces petits plaisirs et pour la fierté de représenter Szczecin."
Le mot de la fin : "Je vais écrire une nouvelle page de ma carrière"
Alors que le compte à rebours est lancé pour le KSW 112, Romanowski semble serein, presque philosophique : "Une défaite, c’est comme une page qu’on tourne. Maintenant, je veux écrire un nouveau chapitre." Avec Van De Merckt en face, l’occasion est idéale pour prouver qu’il mérite toujours sa place parmi l’élite des poids mi-lourds.
Et si on lui demande ce qu’il répondrait à ceux qui doutent de lui après sa défaite contre Kuberski, sa réponse fuse, cash : "Je leur dirai de regarder le combat du 15 novembre. Et après, on en reparle." À Szczecin, le "Tank" est prêt à rugir.

