Abu Zabi s’apprête à vibrer sous les coups de deux géants. Ce week-end, lors de l’UFC 321, Tom Aspinall montera dans l’Octogone pour la première défense de son titre de champion des poids lourds, un statut qu’il a hérité après le retrait de Jon Jones. Face à lui, Ciryl Gane, l’ancien roi intérimaire, déterminé à reprendre ce qui lui revient. Entre les deux hommes, l’histoire est déjà écrite – et elle est loin d’être simple.
"Je suis le meilleur, et je vais le montrer" : la confiance inébranlable d’Aspinall
Tom Aspinall ne joue pas les modestes. Lors des conférences de presse précédant l’UFC 321, le Britannique a martelé son message : « Je suis convaincu d’être le meilleur dans cette division. Point final. » Une affirmation qui pourrait passer pour de l’arrogance, si son palmarès ne la justifiait pas : 15 victoires en 18 combats, dont 11 par KO ou soumission, et un titre unifié remporté haut la main contre Sergei Pavlovich en novembre 2023.
Pourtant, Aspinall n’est pas dupe. Il connaît la nature imprévisible des poids lourds, où un seul coup peut tout changer. « On ne sait jamais ce qui peut arriver », admet-il, avant d’ajouter, malicieux : « Mais si je touche Gane comme il faut, il va dormir. C’est aussi simple que ça. » Une confiance qui tranche avec la prudence habituelle des champions en titre.
Cette assurance, il la puise aussi dans son évolution. Depuis leur premier affrontement en juillet 2022 – une défaite par KO technique en 3 minutes et 27 secondes –, Aspinall a chaîné les victoires, peaufiné son jeu au sol, et surtout, travaillé sa défense. « Je ne suis plus le même combattant », assure-t-il. Preuve en est : ses deux derniers combats, contre Marcos Rogério de Lima et Pavlovich, se sont soldés par des victoires en moins de 70 secondes chacune.
Gane, l’ombre qui plane : un style et une revanche à régler
Si Aspinall brille par sa puissance, Ciryl Gane incarne l’élégance technique. L’ancien champion intérimaire, formé au Muay Thai et au karaté, est un maître de la distance et des enchaînements précis. Son record (12 victoires, 2 défaites) parle pour lui, tout comme sa capacité à démanteler des adversaires réputés pour leur puissance, comme Jairzinho Rozenstruik ou Tai Tuivasa.
Mais Gane a un compte à régler. Après sa défaite face à Jon Jones en mars 2023 (par soumission), il a enchaîné deux victoires convaincantes contre Sergei Spivak et Alexander Volkov. Pourtant, c’est bien le souvenir de son combat contre Aspinall qui le hante. « Je l’ai battu une fois, mais ce n’était pas le vrai Tom », déclare-t-il. « Cette fois, il est champion, et moi aussi je veux ce titre. »
Le Français mise sur sa mobilité et sa variété de frappes pour contrer l’agressivité d’Aspinall. « Il va vouloir me charger, mais je vais le faire courir après mon ombre », promet-il. Une stratégie risquée, mais qui a déjà fait ses preuves : en 2022, Gane avait justement profité des ouvertures d’Aspinall pour placer un crochet du gauche dévastateur.
Un remake explosif : ce qui a changé depuis 2022
Leur premier duel avait été bref, violent, et surtout, instructif. Aspinall, alors invaincu, s’était fait surprendre par la vitesse de Gane. Deux ans plus tard, les données ont évolué :
• Aspinall a corrigé ses failles défensives : son coach, Marc Godbeer, a insisté sur les déplacements latéraux et les contre-attaques. Résultat ? Ses deux derniers KO en moins d’une minute.
• Gane a gagné en puissance : après sa défaite face à Jones, il a travaillé son jeu clinch et ses projections, comme en témoigne sa victoire contre Volkov.
• Le titre est en jeu : en 2022, c’était un combat classique. Aujourd’hui, c’est la ceinture qui ajoute une pression inédite.
« La dernière fois, j’ai sous-estimé sa vitesse. Plus maintenant. », reconnaît Aspinall. Gane, lui, reste zen : « Un combat, c’est comme une partie d’échecs. Je vais le mater. »
Pourquoi ce combat pourrait tout changer
Au-delà du titre, c’est l’avenir de la division qui se joue samedi. Une victoire d’Aspinall consoliderait son règne et ouvrirait la voie à des affrontements contre des légendes comme Stipe Miocic ou Francis Ngannou (en cas de retour). Pour Gane, une deuxième victoire contre Aspinall le propulserait comme le vrai successeur de Jon Jones.
Les bookmakers donnent un léger avantage à Aspinall (1.75 contre 2.10 pour Gane), mais les experts sont divisés. Daniel Cormier mise sur la puissance du Britannique, tandis que Michael Bisping souligne la résilience mentale de Gane. Un seul point fait consensus : ce combat ne durera pas cinq rounds.
Alors, qui l’emportera ? La fureur contrôlée d’Aspinall ou la précision mortelle de Gane ? Une chose est sûre : à Abu Zabi, l’Octogone va trembler.
Derrière les gants : l’anecdote qui résume leur rivalité
Saviez-vous que les deux hommes s’étaient déjà croisés en 2019, bien avant leur premier combat ? Lors d’un stage en Thaïlande, Aspinall et Gane s’étaient affrontés en sparring. Résultat ? « Il m’a mis K.O. en trois minutes », avoue Aspinall en riant. « Mais c’était il y a cinq ans. Aujourd’hui, je le mets K.O. en trois secondes. »
Gane, lui, garde un souvenir différent : « Il était déjà fort, mais je sentais qu’il manquait de technique. Maintenant, il a tout. Ça va être la guerre. » Une guerre qui, cette fois, se terminera avec une ceinture en jeu.

