"Home Sweet Home" : Pourquoi Sean Strickland a Tiré un Trait sur les Combats à l’Étranger
Quand Robert Whittaker a lancé son appel pour un affrontement en Australie, il ne s’attendait probablement pas à une réponse aussi tranchée. Sean Strickland, ancien champion des poids moyens de l’UFC, a balayé l’idée d’un revers de main sur X (ex-Twitter) : *"Never fighting out of America again lol"*. Une déclaration qui en dit long sur sa stratégie actuelle, mais aussi sur les cicatrices laissées par ses dernières expériences hors des États-Unis.
Pourtant, tout n’a pas été négatif à l’étranger pour Strickland. Son sacre face à Israel Adesanya à UFC 293 (Sydney, septembre 2023) reste l’un des sommets de sa carrière. Ce soir-là, il avait dominé le "Last Stylebender" par décision unanime, s’emparant de la ceinture tant convoitée. Mais depuis, les choses ont tourné au vinaigre : deux défaites consécutives contre Dricus Du Plessis – d’abord à Toronto (UFC 297, janvier 2024), puis à Sydney (UFC 312, octobre 2024) – ont marqué un tournant. Sans compter les polémiques avec les médias locaux et le gouvernement australien avant son dernier combat, qui ont laissé un goût amer.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 20 combats aux États-Unis, Strickland affiche un bilan impressionnant de 15 victoires (75% de succès). À l’inverse, ses trois derniers déplacements à l’étranger se soldent par une victoire et deux défaites. Une statistique qui, pour un athlète aussi méthodique que Strickland, pèse lourd dans la balance. *"Pourquoi prendre des risques inutiles quand tout se passe mieux à la maison ?"*, semble-t-il sous-entendre.
Robert Whittaker : Entre Désespoir et Opportunité Manquée
De l’autre côté du ring, Robert Whittaker traverse une période délicate. Double champion intérimaire des poids moyens, l’Australien a enchaîné deux défaites cuisantes : d’abord face à Khamzat Chimaev (soumission à l’UFC 294, octobre 2023), puis contre Reinier de Ridder (décision partagée controversée à l’UFC 305, août 2024). À 33 ans, il n’a plus droit à l’erreur s’il veut rester dans la course au titre.
Un combat contre Strickland, même aux États-Unis, représenterait une bouffée d’oxygène. Les deux hommes se sont déjà affrontés en 2017 (victoire de Whittaker par KO au 1er round), et une revanche aurait un goût particulier. Pourtant, Strickland, conscient de son avantage psychologique et statistique sur son sol, ne semble pas prêt à faire de concession. *"S’il veut me battre, qu’il vienne me chercher"*, pourrait-on imaginer comme réponse.
Les fans australiens, eux, rêvaient d’un UFC à Sydney avec ce clash en tête d’affiche. Las, les déclarations de Strickland ont douché leurs espoirs. *"C’est dommage pour le public local, mais Strickland a ses raisons"*, confie un journaliste de Fox Sports Australia. Une position qui divise, mais qui s’explique : après tout, le MMA reste un business, et Strickland, malgré son style "je-m’en-foutiste", est un stratège.
Derrière les Coups : Les Polémiques qui Ont Marqué Strickland en Australie
Si Strickland évite désormais l’Australie comme la peste, ce n’est pas uniquement à cause de ses défaites. Les tensions avec les médias locaux et les autorités avant l’UFC 312 ont joué un rôle clé. Accusé d’avoir tenu des propos homophobes et transphobes lors d’un podcast (qu’il a toujours niés), il s’était retrouvé sous le feu des critiques. Le gouvernement australien avait même envisagé de lui refuser un visa, avant de finalement céder sous la pression de l’UFC.
*"Je ne me sens pas le bienvenu là-bas"*, avait-il confié à ESPN après le combat. Une phrase qui résume bien son état d’esprit. Pour un homme qui se revendique "libre penseur" et assume ses prises de position clivantes, l’Australie, perçue comme trop "politiquement correcte", n’est clairement pas son terrain de jeu préféré.
Ironie du sort, c’est justement ce côté "anti-système" qui plaît à une partie de ses fans. Strickland cultive une image de "bad boy" du MMA, prêt à dire haut et fort ce que d’autres pensent tout bas. Mais cette posture a un prix : des portes qui se ferment, des opportunités qui s’évanouissent. En refusant de combattre Whittaker en Australie, il assume pleinement ce choix, quitte à passer pour l’"ennemi public n°1" des supporters locaux.
Et Maintenant ? Les Scénarios Possibles pour ce Duel
Alors, ce combat aura-t-il lieu un jour ? Plusieurs options se dessinent :
1. Un affrontement aux États-Unis (scénario le plus probable)
Strickland a le dessus : s’il accepte le combat, ce sera sur son territoire. Las Vegas, Houston ou même New York pourraient accueillir ce choc. Whittaker, s’il veut vraiment cette revanche, n’aura d’autre choix que de plier bagage.
2. Un compromis : un pays neutre
Moins probable, mais pas impossible. Dubaï ou Singapour, où l’UFC organise régulièrement des événements, pourraient servir de terrain neutre. Pourtant, connaissant Strickland, cette option semble peu crédible.
3. L’impasse : un combat qui n’aura jamais lieu
Si Whittaker refuse de se déplacer, ou si Strickland maintient sa position sans jamais accepter le duel, les fans pourraient être privés de ce clash. Une issue frustrante, mais pas improbable dans le monde imprévisible du MMA.
*"Dans ce sport, les ego parlent souvent plus fort que la raison"*, rappelle un manager sous couvert d’anonymat. *"Strickland a les cartes en main, mais Whittaker a encore des arguments à faire valoir. Tout dépend de leur volonté réelle de se confronter."*
Le MMA, un Sport où la Géopolitique Compte (Presque) autant que les Coups
Cette histoire en dit long sur une réalité souvent sous-estimée dans le MMA : le lieu du combat compte autant que le combat lui-même. Les déplacements, les fuseaux horaires, l’altitude, mais aussi l’accueil du public et des autorités locales jouent un rôle clé.
Strickland n’est pas le premier à refuser de combattre à l’étranger. Conor McGregor avait longtemps évité les États-Unis avant d’y devenir une star. Khabib Nurmagomedov, lui, n’a jamais combattu hors de Russie ou des Émirats Arabes Unis pour des raisons culturelles et logistiques. Chaque combattant a ses limites, et Strickland, malgré son image de "dur à cuire", ne fait pas exception.
Reste une question : en refusant de se déplacer, ne se prive-t-il pas de défis qui pourraient le faire grandir ? *"Un vrai champion affronte ses peurs"*, lance un entraîneur de la Team Alpha Male. *"Mais Strickland a toujours fait les choses à sa manière. Et jusqu’ici, ça lui a plutôt réussi."*
Une chose est sûre : si ce duel voit le jour, il promet d’être bien plus qu’un simple combat. Ce sera un choc de philosophies, de styles, et surtout, de deux hommes déterminés à écrire leur légende à leur manière.

