Un combat sous le signe de la controverse
Le 14 juin prochain, Sean O’Malley fera son retour dans l’octogone à l’occasion de l’UFC White House, mais son adversaire, Aiemann Zahabi, ne convainc pas tout le monde. Selon Chase Hooper, un combattant de la division poids coqs qui s’est récemment entraîné avec Cory Sandhagen, l’UFC aurait délibérément choisi un adversaire "sur mesure" pour permettre à O’Malley de renouer avec la victoire. Une stratégie qui, si elle se confirme, pourrait bien alimenter les débats sur les méthodes de la promotion.
"Je pense qu’ils essaient de donner à Sean un combat aussi facile que possible", a déclaré Hooper lors d’une interview accordée à Home of Fight. "Un gars plus petit, qui frappe un peu, et dont la lutte n’est pas au niveau de celle de Merab [Dvalishvili]. Ils veulent lui offrir une victoire." Une analyse qui prend tout son sens lorsque l’on examine le parcours récent d’O’Malley.
O’Malley : un champion en quête de rédemption
Depuis sa victoire contre Aljamain Sterling en 2023, qui lui avait valu le titre des poids coqs, Sean O’Malley a connu des hauts et des bas. Après une défense de titre réussie face à Marlon Vera, il a subi deux défaites consécutives contre Merab Dvalishvili, dont une en 2024 qui lui a coûté sa ceinture. Ces revers ont marqué un tournant dans sa carrière, le poussant à chercher un moyen de rebondir.
Son retour en janvier dernier contre Yadong Song, lors de l’UFC 324, a été salué comme une réussite, mais le niveau de son prochain adversaire, Aiemann Zahabi, laisse perplexe. Ce dernier, bien qu’en série de sept victoires consécutives, n’a jamais affronté un combattant du calibre d’O’Malley. Ses victoires récentes contre Pedro Munhoz, Jose Aldo et Marlon Vera (oui, le même Vera qu’O’Malley a battu) sont impressionnantes, mais elles ne suffisent pas à rassurer les observateurs.
"Zahabi est un bon combattant, mais il n’a pas le profil pour battre Sean", estime Hooper. "Cory Sandhagen, par exemple, aurait été un défi bien plus intéressant. Là, on a l’impression que l’UFC veut juste que Sean gagne, sans prendre de risques."
Zahabi : l’homme providentiel ou le choix par défaut ?
Aiemann Zahabi, frère du célèbre entraîneur Firas Zahabi, est un combattant redoutable en striking, mais ses lacunes en lutte pourraient bien jouer en sa défaveur face à O’Malley. Ce dernier, connu pour son style flamboyant et ses KO spectaculaires, a toujours eu du mal contre les lutteurs de haut niveau, comme l’a démontré son double échec face à Dvalishvili.
Pourtant, Zahabi n’est pas un novice. Avec un palmarès de 14 victoires pour seulement 2 défaites, il a prouvé qu’il pouvait tenir tête à des combattants expérimentés. Mais son manque d’expérience contre des adversaires de premier plan, comme O’Malley, laisse planer un doute sur sa capacité à remporter ce combat. "Si Sean ne gagne pas contre Zahabi, ce sera une énorme déception", confie un analyste du MMA sous couvert d’anonymat. "Mais s’il gagne, personne ne sera vraiment surpris."
Cette situation rappelle étrangement les choix de l’UFC par le passé, où certains combattants ont été "protégés" en leur offrant des adversaires moins dangereux pour relancer leur carrière. Un exemple marquant est celui de Conor McGregor, qui a souvent bénéficié de combats jugés "faciles" après ses défaites, avant de revenir au sommet.
La stratégie de l’UFC : entre logique commerciale et équité sportive
L’UFC a toujours été critiqué pour ses choix d’affiches, souvent dictés par des impératifs commerciaux plutôt que sportifs. Dans le cas d’O’Malley, la promotion semble vouloir capitaliser sur son image de "bad boy" charismatique, capable d’attirer les foules et les téléspectateurs. Une victoire contre Zahabi lui permettrait de se relancer et de préparer un éventuel combat revanche contre Dvalishvili, bien plus lucratif.
"L’UFC a besoin de stars, et O’Malley en est une", explique un journaliste spécialisé. "Après ses défaites contre Dvalishvili, il fallait lui redonner confiance. Zahabi est un bon choix pour ça : il est dangereux, mais pas au point de représenter une menace réelle."
Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques. Si O’Malley devait perdre contre Zahabi, cela remettrait en question sa légitimité en tant que prétendant au titre. De plus, cela pourrait alimenter les critiques sur le manque de transparence de l’UFC dans la sélection de ses combattants. "Les fans veulent voir des combats équilibrés, pas des mises en scène", souligne un ancien combattant. "Si l’UFC continue comme ça, les gens vont finir par se lasser."
Et après ? Les scénarios possibles pour O’Malley
Si O’Malley remporte ce combat, comme beaucoup le prédisent, plusieurs options s’offriront à lui. La plus probable serait un combat revanche contre Merab Dvalishvili, qui reste le principal obstacle entre lui et une nouvelle ceinture. Une victoire contre Dvalishvili lui permettrait de redevenir champion et de consolider sa place parmi les meilleurs poids coqs de l’histoire.
Une autre possibilité serait un combat contre Cory Sandhagen, que Hooper aurait préféré voir affronter O’Malley dès maintenant. Sandhagen, un combattant complet et redoutable, représenterait un défi bien plus stimulant pour "Suga". "Un combat contre Cory serait un vrai test", estime Hooper. "Si Sean veut prouver qu’il est de retour, c’est contre des gars comme lui qu’il doit se battre."
Enfin, une troisième option serait un combat contre Petr Yan, un autre prétendant au titre. Yan, connu pour son style agressif et ses KO spectaculaires, offrirait un spectacle garanti et permettrait à O’Malley de se mesurer à un autre combattant de premier plan.
Quoi qu’il en soit, le combat contre Zahabi marquera un tournant dans la carrière d’O’Malley. Une victoire lui ouvrirait les portes d’un avenir prometteur, tandis qu’une défaite pourrait bien sonner le glas de ses ambitions. Dans les deux cas, ce combat sera scruté à la loupe, tant par les fans que par les analystes, qui y verront un reflet des méthodes de l’UFC.
Le combat entre Sean O’Malley et Aiemann Zahabi, prévu le 14 juin, s’annonce comme un tournant dans la carrière du champion déchu. Si l’UFC semble vouloir lui offrir une victoire "facile" pour relancer sa dynamique, cette stratégie soulève des questions sur l’équité sportive et les priorités de la promotion.
O’Malley, dont le talent n’est plus à prouver, devra saisir cette opportunité pour prouver qu’il mérite toujours sa place parmi les meilleurs. Mais au-delà du résultat, c’est toute la crédibilité de l’UFC qui est en jeu : les fans attendent des combats équilibrés, pas des mises en scène.
Quoi qu’il advienne, ce combat restera dans les mémoires comme un exemple des tensions entre logique commerciale et intégrité sportive dans le monde du MMA.

