L'héritage sanglant de GROMDA : quand la rue dicte ses lois
Depuis sa création en 2018, GROMDA s'est imposé comme le tournoi le plus brutal d'Europe centrale, un héritier direct des combats clandestins qui ont façonné la légende des dzielnice polonaises. Contrairement aux compétitions de MMA encadrées par des fédérations, GROMDA incarne l'esprit raw des street fights, où l'honneur se mesure en coups portés et en résistance à la douleur. Les organisateurs, menés par la figure charismatique de SCARFACE, ont toujours revendiqué une philosophie sans concession : "Ici, on ne triche pas, on ne simule pas, on ne recule pas."
Cette édition 25, intitulée "Powrót do Korzeni" (Retour aux sources), marque un tournant. Après des années de croissance et une médiatisation croissante, le tournoi revient à ses racines underground, avec une sélection drastique des participants. "On a laissé entrer trop de frajerzy (imposteurs)", confie un membre de l'organisation sous couvert d'anonymat. "Cette fois, on nettoie la maison."
SCARFACE : le retour du roi des ombres
Personnage aussi mystérieux qu'influent, SCARFACE est devenu une icône des combats à mains nues en Pologne. Son surnom, inspiré du célèbre gangster de Scarface (1983), reflète son parcours : un homme marqué par les rues, qui a gravi les échelons de la violence pour devenir une figure respectée. Son retour aux commandes de GROMDA 25 n'est pas anodin. "Il y a des comptes à régler", explique un ancien participant. "SCARFACE a toujours dit que GROMDA était un club d'élite, pas un cirque pour celebryci (pseudo-célébrités)."
Son discours est sans équivoque : "Pas de place pour les lâches, les simulateurs ou ceux qui jouent les durs sur les réseaux sociaux. Ici, on parle avec les poings." Cette rhétorique, teintée d'un mélange de nostalgie et de colère, rappelle les origines du tournoi, né dans les caves et les parkings des quartiers difficiles de Varsovie et de Łódź. "GROMDA, c'est la revanche des oubliés, de ceux qui n'ont jamais eu leur chance dans les salles de sport propres", ajoute un observateur du milieu.
Le format impitoyable : trois combats, un seul survivant
Contrairement aux tournois de MMA classiques, où les combats sont souvent espacés et les décisions arbitrales fréquentes, GROMDA impose un rythme infernal. Chaque participant doit affronter trois adversaires en une seule soirée, sans possibilité de repos prolongé. Les règles sont simples : pas de gants, pas de rounds chronométrés, et surtout, pas de décisions arbitrales. La victoire ne peut être obtenue que par KO, abandon ou incapacité à continuer.
Ce format, inspiré des bare-knuckle boxing du XIXe siècle, met l'accent sur l'endurance et la résistance mentale. "Un combattant de GROMDA doit être prêt à encaisser autant qu'à frapper", explique un entraîneur spécialisé dans la préparation physique pour ce type d'événements. "La plupart des gars qui viennent ici ont déjà une expérience des combats de rue. Ils savent que la douleur fait partie du jeu."
Les organisateurs insistent sur un point : GROMDA n'est pas une vitrine pour les aspirants combattants, mais un test ultime pour ceux qui prétendent incarner l'esprit des rues. "Si tu ne tiens pas trois combats, c'est que tu n'es pas à ta place", résume un ancien vainqueur.
Les coulisses d'un tournoi hors normes : entre mythe et réalité
Derrière l'image glamourisée des combats à mains nues se cache une réalité bien plus sombre. GROMDA, comme d'autres tournois underground, opère dans une zone grise légale. Bien que toléré par les autorités locales, l'événement reste techniquement illégal, ce qui ajoute une dimension de danger et d'excitation. "Les flics savent où ça se passe, mais ils ferment les yeux tant qu'il n'y a pas de morts", confie un journaliste ayant couvert plusieurs éditions.
Les participants, souvent issus de milieux défavorisés, voient dans GROMDA une opportunité de gagner de l'argent rapidement. Les gains peuvent atteindre plusieurs milliers de złotys pour le vainqueur, une somme considérable pour des hommes qui, pour beaucoup, vivent en marge de la société. "Certains viennent pour l'argent, d'autres pour la gloire, mais tous savent qu'ils risquent gros", explique un sociologue spécialisé dans les subcultures urbaines.
Le tournoi a également donné naissance à des légendes locales. Des noms comme KRUSZYWO (littéralement "Gravier"), un combattant connu pour sa mâchoire en acier, ou CIACHO ("Le Boucher"), réputé pour ses KO expéditifs, sont devenus des références dans le milieu. "Ces gars-là ne sont pas des athlètes, ce sont des survivants", souligne un ancien organisateur.
GROMDA 25 : une édition sous le signe de la purge
Pour cette 25e édition, les organisateurs ont annoncé une sélection plus stricte que jamais. "On a viré tous ceux qui ne correspondaient pas à l'esprit GROMDA", déclare SCARFACE dans une vidéo promotionnelle. "Cette fois, il n'y aura pas de place pour les mięczaki (mous)."
Parmi les nouveautés, une attention particulière sera portée à l'authenticité des participants. Les organisateurs ont mis en place un système de vérification des antécédents, excluant ceux qui n'ont pas de passé dans les combats de rue. "On ne veut pas de mecs qui ont regardé trop de films de Rocky", ironise un membre de l'équipe.
Autre changement notable : l'introduction d'un système de parrainage. Chaque combattant doit être recommandé par un ancien participant ou une figure respectée du milieu. "C'est une façon de s'assurer que tout le monde connaît les règles, et surtout, les conséquences en cas de manquement", explique un parrain anonyme.
Enfin, l'édition 2024 promet d'être plus médiatisée que les précédentes, avec une diffusion en direct sur des plateformes spécialisées. "On veut montrer au monde ce qu'est vraiment GROMDA", déclare SCARFACE. "Pas une attraction pour touristes, mais un retour aux sources de la vraie violence."
GROMDA 25 s'annonce comme un tournant dans l'histoire des combats underground en Europe. En revenant à ses racines, le tournoi rappelle que la violence, lorsqu'elle est encadrée par un code d'honneur strict, peut devenir une forme d'art brut. Reste à voir si cette édition parviendra à concilier son héritage clandestin avec une médiatisation croissante, sans perdre son âme.
Une chose est sûre : le 29 mai, les rues polonaises trembleront à nouveau sous les coups des guerriers de GROMDA. Et comme le dit SCARFACE : "Ici, on ne joue pas. On survit."
Pour les amateurs de sports de combat, cette édition pourrait bien devenir une référence, un rappel que derrière les lumières des arènes officielles, il existe encore des lieux où la loi du plus fort règne sans partage.

