Aller au fil

ONE7 min

Samet Agdeve entre dans la légende : le Turc de 21 ans brise l’invincibilité de Kryklia et s’empare de la ceinture ONE

Samet Agdeve entre dans la légende : le Turc de 21 ans brise l’invincibilité de Kryklia et s’empare de la ceinture ONE

À seulement 21 ans, Samet Agdeve a réalisé l’impensable : battre Roman Kryklia , invaincu depuis 2017, et s’emparer de la ceinture mondiale de kickboxing poids lourds du ONE Championship . Un exploit stratégique et physique, où le Turc a dominé par sa précision et son mental d’acier, malgré la résistance surhumaine de l’Ukrainien. Un tournant pour le kickboxing, et une star est née.

L'essentiel

  1. Choc historique : Agdeve (21 ans) met fin à 7 ans d’invincibilité de Kryklia, légende ukrainienne du kickboxing.
  2. Stratégie chirurgicale : des low kicks répétitifs ont détruit la jambe gauche de Kryklia, malgré une bosse de 10 cm visible dès la 2e ronde.
  3. Performance mentale : Kryklia a tenu debout jusqu’au bout, mais Agdeve a gardé son sang-froid pour remporter une décision unanime .
  4. Couronnement express : premier combat d’Agdeve sous la bannière ONE , premier titre mondial – un record de précocité.
  5. Bangkok en ébullition : le public thaïlandais a vécu un combat "pour l’Histoire" , diffusé en direct dans 150 pays.

Le jour où David a terrassé Goliath

21 ans. Un seul combat sous contrat ONE. Et déjà champion du monde. L’histoire de Samet Agdeve ressemble à un scénario de film, sauf que cette fois, le "petit" n’a pas eu besoin de miracle : il a simplement démonté l’un des combattants les plus redoutés de la planète. Face à Roman Kryklia, 30 ans, 1m93, 110 kg de muscles et une série de 21 victoires consécutives depuis 2017, le Turc a prouvé que le kickboxing avait trouvé son nouveau roi.

Le combat, organisé le 6 octobre 2023 à Bangkok, était annoncé comme un "passage de témoin" entre deux générations. Personne ne s’attendait à ce que le témoin soit arrachée des mains de Kryklia avec une telle violence. Dès les premières secondes, l’Ukrainien, habitué à écraser ses adversaires en moins de deux rondes, a chargé comme un taureau. Mais Agdeve, froid comme un chirurgien, a répondu par une série de low kicks d’une précision diabolique. "Je savais qu’il allait venir fort. Mon plan était simple : lui couper les jambes, puis le finir debout"*, confiera-t-il après le combat.


Et quel plan. À la fin de la deuxième ronde, la jambe gauche de Kryklia présentait déjà une bosse de près de 10 cm, gonflée à vue d’œil. Les commentateurs, incrédules, parlaient d’un "massacre en règle". Pourtant, Kryklia, connu pour son mental d’acier forgé dans les tranchées des combats en Ukraine, a refusé de tomber. Il a même tenté des contre-attaques désespérées au troisième round, forçant Agdeve à reculer. "À ce moment-là, j’ai senti qu’il était encore dangereux. J’ai dû ajuster ma distance"*, expliquera plus tard le Turc.

"Je voyais ses yeux. Il savait que c’était fini."

Les rondes quatre et cinq ont été un calvaire pour Kryklia, mais une masterclass pour Agdeve. Chaque low kick semblait cliquer sur la jambe blessée, comme un marteau-piqueur sur du béton fissuré. L’Ukrainien, boitant, a tenté de riposter avec ses poings, mais ses coups manquaient de puissance. Agdeve, lui, gardait une distance parfaite, esquivant les assauts avant de contre-attaquer avec des combinaisons rapides.

"À la cinquième ronde, je voyais ses yeux. Il savait que c’était fini, mais il ne voulait pas abandonner. Ça, c’est un vrai guerrier"*, a déclaré Agdeve en conférence de presse, visiblement ému. Les juges n’ont eu aucun doute : décision unanime (50-45, 50-45, 49-46) en faveur du Turc. Kryklia, le visage fermé mais respectueux, a serré la main de son bourreau avant de quitter la cage sous une standing ovation.


Le détail qui tue : après le combat, les médecins du ONE ont révélé que Kryklia souffrait d’une fracture partielle du tibia, causée par les low kicks répétitifs. Un témoignage silencieux de l’efficacité brutale d’Agdeve.

Derrière le prodige : l’usine à champions turque

Comment un combattant de 21 ans en arrive-t-il à dominer un monstre comme Kryklia ? La réponse se cache peut-être à Istanbul, où Agdeve s’entraîne au Glory Gym, un camp réputé pour son approche "old school" du kickboxing. Son entraîneur, Erkan Varol (lui-même ancien champion), insiste sur deux choses : "La technique avant la force. Et la patience avant la gloire."

Agdeve a commencé le kickboxing à 8 ans, poussé par un père ancien boxeur. À 16 ans, il était déjà champion de Turquie. À 18 ans, il signait avec le ONE Championship, après avoir impressionné lors de combats en Europe. "Je n’ai jamais cherché les projecteurs. Je voulais juste être le meilleur. Kryklia était une étape, pas une fin"*, confie-t-il.


Son style ? Un mélange de précision hollandaise (héritée de ses stages aux Pays-Bas) et de puissance turque. Contrairement à beaucoup de poids lourds qui misent sur le KO, Agdeve privilégie l’usure méthodique. "Un combat, c’est comme un jeu d’échecs. Il faut penser trois coups à l’avance"*, explique-t-il.

Kryklia : la fin d’une ère ou un simple accident ?

Pour les fans, la question brûle les lèvres : Roman Kryklia est-il fini ? L’Ukrainien, qui n’avait pas perdu depuis 2016 (une défaite controversée contre Dmitro Bezus), a vu sa légende s’effriter en 15 minutes. Certains analystes, comme Michael Schiavello (commentateur historique du ONE), estiment que "Kryklia a été victime de son propre style. Il compte trop sur sa puissance, et Agdeve l’a exploité à la perfection."

D’autres, comme l’ancien champion Rico Verhoeven, tempèrent : "Un combat ne définit pas une carrière. Kryklia a dominé cette division pendant des années. S’il revient plus intelligent, il peut encore régner."* Une chose est sûre : à 30 ans, l’Ukrainien a encore du temps pour se reconstruire. Mais le chemin sera long.


Le paradoxe : cette défaite pourrait sauver la carrière de Kryklia. Jusqu’ici, son invincibilité lui avait fermé des portes (peu de défis motivants). Désormais, il a une raison de se réinventer – et une revanche à préparer.

ONE Championship : un nouveau roi pour une division en feu

Avec cette victoire, Samet Agdeve devient la nouvelle pièce maîtresse du ONE dans les poids lourds. Une division qui, jusqu’ici, manquait de stars charismatiques. Chatri Sityodtong, le PDG du ONE, n’a pas caché son enthousiasme : "Samet a tout pour devenir une icône mondiale. Il est jeune, technique, et il a ce charisme naturel qui plaît aux fans."

Les défis ne manqueront pas. Parmi les prétendants au trône :

  • Iraj Azizpour (Iran) : un colosse de 2m03, invaincu depuis 2019.
  • Jamal Yusupov (Russie) : spécialiste des KO, en quête de revanche après une défaite serrée face à Kryklia en 2022.
  • Le retour de Badr Hari ? Le Marocain, légende controversée, a évoqué un possible comeback en 2024.


Agdeve, lui, reste concentré : "Je ne regarde personne en particulier. Je veux juste défendre ma ceinture, peu importe l’adversaire. Mais si Badr Hari veut un combat…"* (sourire en coin). Un duel Hari vs Agdeve ? De quoi faire exploser les audiences.

L’impact culturel : quand le kickboxing redevient un sport de rois

Au-delà des ceintures, la victoire d’Agdeve a un retentissement culturel. En Turquie, où les sports de combat sont populaires mais souvent éclipsés par le football, des milliers de jeunes ont suivi le combat en direct. #SametAgdeve a été trending topic pendant 48h, et des clubs de kickboxing ont rapporté une hausse de 30% des inscriptions la semaine suivante.

Même phénomène en Ukraine, où Kryklia est une idole. Malgré la défaite, les fans ont salué son courage, et certains y voient un symbole de résistance en temps de guerre. "Roman a perdu un combat, mais pas son honneur. Et Agdeve a gagné un pays entier de supporters"*, résume un journaliste de Kiev Post.


Le kickboxing a-t-il trouvé son nouveau visage ? Avec Agdeve, le ONE Championship mise sur une star jeune, technique et médiatique – un contraste avec l’image parfois brutale du sport. "Samet pourrait faire pour le kickboxing ce que Khabib a fait pour le MMA : le rendre cool et accessible", estime un responsable marketing du ONE.

La ceinture autour de sa taille, Samet Agdeve a envoyé un message clair : une nouvelle ère commence. Celle où la stratégie prime sur la brute force, où les jeunes loups bousculent les légendes. Kryklia, lui, devra choisir entre la revanche et la réinvention. Quant au ONE Championship, il tient peut-être sa future superstar mondiale – à condition qu’Agdeve confirme face aux monstres qui l’attendent. Une chose est sûre : après Bangkok, le monde du kickboxing ne sera plus jamais le même.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

Les autres en parlent

Sur le même sujet