"Borz" est-il devenu le monstre invincible des middleweights ?
Quand Khamzat Chimaev entre dans l’Octogone, les statistiques tremblent. Après sa victoire par soumission technique face à Robert Whittaker à l’UFC 278 – un combat où le Tchétchène a infligé une fracture dentaire à l’Australien –, les questions se multiplient : qui peut arrêter cette machine ? Whittaker, lui-même ancien champion des middleweights, n’y va pas par quatre chemins : *"Son niveau en lutte est dans une autre dimension. Pour le battre, il faudrait un grappler avec un jiu-jitsu d’exception, comme Gilbert Burns. Même là, ce serait un miracle."*
Les chiffres donnent raison à *"Bobby Knuckles"*. Chimaev affiche un takedown accuracy de 68% en UFC, un ratio rarement vu dans la catégorie. Pour comparaison, Israel Adesanya, considéré comme l’un des meilleurs strikeurs, n’a réussi que 33% de ses tentatives de takedowns durant sa carrière. *"Borz"* combine cette domination au sol avec une endurance monstrueuse – il n’a jamais semblé essoufflé, même après trois rounds intensifs. *"C’est comme affronter un terminator"*, confie un entraîneur ayant travaillé avec des adversaires de Chimaev.
Pourtant, un détail intrigue : malgré ses performances, Chimaev n’a affronté aucun top 5 actuel depuis sa victoire contre Whittaker en 2022. Son dernier combat, une décision unanime face à Kamaru Usman (alors en déclin), n’a pas totalement convaincu les puristes. *"Il domine, mais contre qui ?"*, s’interroge un analyste de MMA Fighting. Une critique que le Tchétchène balaye d’un revers : *"Je bats tout le monde, peu importe le nom."*
Nassourdine Imavov : l’espoir français face à l’ogre tchétchène ?
Avec cinq victoires en six combats sous la bannière UFC, Nassourdine Imavov s’impose comme le porte-drapeau du MMA français. Sa dernière performance, une victoire par décision face à Caio Borralho lors de l’UFC Paris, a électrisé le public de l’Accor Arena. Pourtant, aux yeux de Whittaker, le Français reste *"un cran en dessous"* de Chimaev. *"Imavov a un bon jiu-jitsu, mais pas au niveau requis pour contrer la lutte de Borz. Et si tu ne peux pas le contrer au sol, tu es mort."*
La comparaison avec Gilbert Burns est révélatrice. Le Brésilien, triple champion du monde IBJJF en ceinture noire, représente le profil idéal pour défier Chimaev – un grappler capable de menacer en soumission et en contrôle au sol. Imavov, bien que ceinture noire, n’a pas ce palmarès. *"Nassourdine est un athlète incroyable, mais Chimaev est un problème différent"*, analyse un coach de la MMA Factory. *"C’est comme demander à un bon nageur d’affronter un requin en eau profonde."*
Le Français le reconnaît lui-même : *"Je ne cherche pas à l’affronter au sol. Mon plan, c’est de le battre debout."* Une stratégie risquée, quand on sait que Chimaev a neutralisé Li Jingliang en 1 minute et 40 secondes à l’UFC 267, malgré la réputation de frappeur du Chinois. *"Si Imavov veut gagner, il lui faut un KO dans les deux premières minutes. Sinon, c’est perdu d’avance"*, prédit un bookmaker, qui donne Chimaev favori à 1.15 dans un hypothétique duel.
Hernandez vs. de Ridder : le duel qui pourrait (ou pas) tout changer
Le 12 octobre 2024, l’UFC Vancouver accueillera un combat qui pourrait redessiner la hiérarchie des middleweights : Anthony "Fluffy" Hernandez vs. Reinier de Ridder. Le premier, spécialiste des soumissions (6 victoires par tap-out en UFC), incarne le jiu-jitsu offensif que Whittaker juge nécessaire pour défier Chimaev. Le second, ancien double champion Bellator, apporte une expérience en grappling méthodique et une taille imposante (1,93 m).
Pourtant, même une victoire éclatante ne garantirait pas une place de challenger. *"Le problème, c’est Chimaev"*, confie un manager sous couvert d’anonymat. *"Même un grappler comme de Ridder, avec son palmarès en ADCC, aurait du mal à contrer sa pression et son endurance. Borz est une équation sans solution."* Les statistiques le confirment : en trois combats chez les middleweights, Chimaev a dominé ses adversaires en contrôle au sol pendant 70% du temps total.
Hernandez, conscient de l’enjeu, mise sur son jiu-jitsu créatif : *"Je ne vais pas essayer de le lutter. Je vais le faire tomber dans mes pièges."* Une approche qui rappelle celle de Damian Maia, autre spécialiste des soumissions, mais qui avait échoué face à Tyron Woodley en 2017. *"Fluffy" a du talent, mais Chimaev est un niveau au-dessus"*, résume un analyste de Sherdog.
Quant à de Ridder, son expérience en Bellator (où il a dominé des lutteurs comme Gegard Mousasi) pourrait être un atout. *"Reinier a le gabarit et la technique pour poser problème à n’importe qui… sauf peut-être à Borz"*, nuance un entraîneur. *"Contre Chimaev, il faudrait un mélange parfait de striking, de jiu-jitsu et de chance. Personne n’a encore trouvé la recette."*
2025 : l’année où Chimaev pourrait (enfin) être testé ?
Avec un palmarès de 13 victoires pour 0 défaite en MMA, Khamzat Chimaev semble intouchable. Pourtant, des zones d’ombre subsistent. Son combat contre Kamaru Usman en 2023, bien que remporté, a révélé une faille dans sa striking : le Nigérian l’a touché à plusieurs reprises avant de s’épuiser. *"Si quelqu’un arrive à le fatiguer en striking avant de l’emmener au sol, ça pourrait changer la donne"*, analyse un stratège.
Les bookmakers, eux, ne croient pas à une révolution avant 2025. Avec des cotes à 1.12 pour une victoire de Chimaev – un record dans l’histoire récente des middleweights –, les parieurs estiment que *"sans une erreur monumentale de Borz, personne ne le bat d’ici là"*. Une prédiction qui laisse peu de place à l’espoir pour des prétendants comme Imavov, Hernandez ou de Ridder.
Pourtant, l’histoire du MMA regorge de surprises. Israel Adesanya était considéré comme invincible avant ses défaites face à Alex Pereira. Jon Jones a été dominé par Dominick Reyes avant de s’imposer in extremis. *"Chimaev est un phénomène, mais le MMA reste un sport où tout peut basculer en une seconde"*, rappelle un vétéran de l’UFC. *"Il suffit d’un coup bien placé, d’une soumission improvisée… ou d’un adversaire qui trouve la faille psychologique."*
En attendant, *"Borz"* continue de régner. Et si Whittaker a raison, le règne pourrait durer encore longtemps. *"Pour l’instant, c’est lui le roi. Point final."*
Derrière les projecteurs : le mystère Chimaev
Au-delà des statistiques, c’est l’aura de Khamzat Chimaev qui impressionne. Peu de fighters polarisent autant : adulé par ses fans pour son style agressif, critiqué par ses détracteurs pour son manque de noms prestigieux sur son CV. *"Il a battu Whittaker, mais c’était un Whittaker en déclin"*, argue un journaliste. *"Usman était fini. Qui d’autre ?"*
Pourtant, ceux qui l’ont côtoyé racontent une autre histoire. *"Il s’entraîne comme un démon"*, confie un partenaire d’entraînement. *"Six heures par jour, sans repos. Il étudie chaque adversaire comme un examen. Et le jour du combat, il est déjà deux coups d’avance."* Une discipline qui rappelle Khabib Nurmagomedov, autre légende tchétchène du MMA.
Son équipe, basée en Suède, mise sur un mélange de lutte tchétchène, de jiu-jitsu brésilien et de boxe thaïlandaise. *"On ne cherche pas à copier les autres. On crée un style unique"*, explique son coach. Résultat : un fighter capable de projection explosive, de contrôle au sol étouffant et de frappes précises en clinch.
Reste la question du mental. Chimaev, connu pour ses déclarations provocatrices (*"Je vais tuer tout le monde"*), n’a jamais été vraiment testé sous pression. *"Un vrai champion, ça se voit quand il est dos au mur"*, note un psychologue du sport. *"On ne sait pas encore comment Borz réagirait dans cette situation."*
Une énigme de plus autour du phénomène Chimaev. Et si la réponse se cachait dans l’Octogone, en 2025 ?

