L’Australie frappe fort : le KO qui a électrisé l’UFC 321
2:13. C’est le temps qu’il aura fallu à Quillan Salkilld pour sceller son destin à l’UFC 321, le 1er juin 2024. Face à Nasrat Haqparast, un adversaire aguerri avec 15 combats sous la ceinture UFC, le jeune Australien de 25 ans a sorti un coup de pied haut d’une précision chirurgicale. L’impact ? Un KO spectaculaire qui a fait vibrer les gradins et marqué les esprits. "Je savais qu’il allait venir avec une garde haute après mes premiers coups de poing, alors j’ai feinté pour ouvrir sa défense", a-t-il expliqué en conférence de presse, le sourire aux lèvres mais les yeux déjà tournés vers l’avenir.
Cette victoire, sa troisième en UFC en moins d’un an, porte son bilan à 10 victoires pour une seule défaite – un revers subi en 2021 contre un adversaire aujourd’hui classé dans le top 25. Depuis, Salkilld enchaîne les performances, avec un style ultra-offensif : sur ses 10 succès, 7 se sont conclus par KO ou TKO. "Je ne cherche pas les décisions, je veux finir les combats. C’est comme ça que je me fais remarquer", confie-t-il, assumant pleinement sa philosophie de combat.
Son parcours est tout aussi impressionnant que son palmarès. Repéré via le Dana White’s Contender Series en 2023, où il avait dominé son adversaire en moins de 3 minutes, Salkilld a immédiatement été signé par l’UFC. Une ascension fulgurante qui rappelle celle d’autres talents comme Islam Makhachev ou Alex Pereira, passés par le même programme avant de devenir champions. "Dana White m’a dit après mon premier combat en Contender Series : ‘Tu as ce quelque chose de spécial’", se souvient-il. Un compliment qui pèse lourd dans l’univers du MMA.
"Je veux Moicano" : l’audace d’un jeune loup face à un vétéran
Alors que la plupart des combattants de son âge se contenteraient de gravir les échelons progressivement, Quillan Salkilld a choisi la voie express. Dès sa victoire à l’UFC 321, il a lancé un défi public à Renato Moicano (18-5-1), un Brésilien classé dans le top 15 des poids légers et ancien prétendant au titre. "Je veux Moicano. C’est un énorme défi, mais c’est comme ça qu’on devient grand dans ce sport", a-t-il déclaré, sans hésitation.
À première vue, le matchup semble déséquilibré : Moicano, 35 ans, compte 23 combats professionnels et a affronté des légendes comme Jose Aldo ou Rafael Fiziev. Salkilld, lui, n’en est qu’à ses débuts en UFC. Pourtant, les statistiques jouent en sa faveur. Avec un taux de finition de 70% et une moyenne de 2,5 KO par minute de combat (l’un des meilleurs ratios de la catégorie), l’Australien représente une menace réelle. "Les gens sous-estiment les jeunes, mais regardez ce que j’ai fait à Haqparast. Moicano a de l’expérience, mais je suis plus rapide, plus explosif", argue-t-il.
Certains observateurs, comme l’analyste Chael Sonnen, tempèrent cependant son enthousiasme : "Salkilld a du talent, mais Moicano est un autre calibre. Il a survécu à des rounds avec Aldo, il sait gérer la pression. Ce serait un saut énorme pour Quillan." Un avis partagé par d’anciens combattants comme Daniel Cormier, qui souligne que "l’UFC a tendance à brûler les étapes avec ses jeunes talents. Parfois, ça marche (voir Khamzat Chimaev), parfois ça casse." Malgré ces mises en garde, Salkilld reste serein : "Je ne demande pas ce combat pour l’argent ou la gloire. Je veux savoir où j’en suis."
Derrière le KO : la machine Salkilld, entre discipline et folie
Ce que peu de gens savent, c’est que Quillan Salkilld a failli abandonner le MMA à 19 ans. Une blessure au genou, des finances précaires, et l’impression de stagner dans les petites organisations australiennes l’avaient poussé à envisager un travail "normal". "Je bossais sur un chantier en 2020, je portais des parpaings toute la journée. Un soir, mon coach m’a appelé pour me dire qu’un promoteur local voulait me donner une chance. J’ai tout lâché le lendemain", raconte-t-il.
Depuis, sa vie est rythmée par une discipline militaire. Basé à Gold Coast, il s’entraîne au Titan Fitness, un camp réputé pour avoir formé des champions comme Alexander Volkanovski. Son emploi du temps ? Deux séances par jour (MMA le matin, force/explosivité l’après-midi), une diète stricte (pas d’alcool, pas de sucre), et des nuits étudiées pour optimiser la récupération. "Je dors avec un masque à oxygène pour améliorer mon endurance. Les gens pensent que je suis fou, mais quand tu vois le résultat dans la cage, ça vaut le coup", explique-t-il.
Son équipe technique est tout aussi impressionnante. Il travaille avec Eugene Bareman (le coach de Israel Adesanya et Dan Hooker) pour peaufiner son striking, et collabore avec des spécialistes en jitsu brésilien pour combler son unique faille apparente : le sol. "Je sais que si Moicano me prend au sol, ça va être compliqué. Mais je travaille là-dessus. Mon objectif est d’être complet d’ici 2025", confie-t-il.
Une autre particularité de Salkilld ? Son mental d’acier. Lors de son premier combat en Contender Series, il s’est fracturé la main dès la première minute… et a continué à frapper jusqu’à la victoire. "La douleur, c’est temporaire. Les regrets, ça dure toute une vie", philosophe-t-il. Une mentalité qui rappelle celle d’un Conor McGregor en ses débuts.
Et si l’UFC disait oui ? Les scénarios possibles pour Salkilld vs. Moicano
La question est désormais sur toutes les lèvres : l’UFC acceptera-t-il ce combat ? Plusieurs facteurs jouent en faveur de Salkilld :
1. Le facteur "spectacle" : Avec son style explosif et son aura de "tueur", Salkilld est une machine à views. Un combat contre Moicano, même en co-main event, garantirait des audiences élevées, surtout en Australie et au Brésil.
2. Le timing : Moicano, qui revient d’une victoire contre Jalin Turner en avril 2024, cherche un adversaire pour rester actif. Salkilld, lui, est prêt à combattre dès septembre 2024.
3. La stratégie UFC : L’organisation aime les "passing of the torch" (passage de relais entre générations). Un combat entre un vétéran comme Moicano et une pépite comme Salkilld s’inscrit parfaitement dans cette logique.
Cependant, des obstacles subsistent. Certains dirigeants, comme le matchmaker Mick Maynard, pourraient juger le risque trop élevé pour Salkilld. "On ne veut pas gâcher un talent en le jetant trop tôt contre un top 15", confie une source proche de l’UFC. Une alternative serait un combat contre un adversaire légèrement moins coté, comme Damir Ismagulov (top 20), pour tester sa résistance avant un duel contre Moicano.
Qu’importe le scénario, une chose est sûre : Quillan Salkilld a déjà marqué l’histoire de l’UFC en 2024. Et s’il obtient gain de cause, son combat contre Moicano pourrait bien être l’affrontement révélation de l’année.

