"Je savais que ce titre était à ma portée" : La révélation de Tulshaev
Quand Muslim Tulshaev a foulé pour la première fois l’Octogone du KSW en 2023, peu imaginaient qu’il deviendrait, en moins d’un an, le prétendant numéro un aux poids mi-moyens. Pourtant, dès son premier combat contre Konrad Rusiński lors du XTB KSW Epic, l’Allemand a envoyé un message clair : il n’était pas là pour faire de la figuration. Un KO retentissant en deuxième reprise, couronné par le prix du meilleur combat de la soirée, a marqué les esprits. "Dès la première prise au sol, j’ai su que je pouvais rivaliser avec les meilleurs ici", confiait-il après sa victoire. Une déclaration qui, rétrospectivement, sonne comme une prophétie.
Son parcours depuis ? Une série de performances aussi dominatrices qu’impressionnantes :
• XTB KSW Epic : KO contre Rusiński (meilleur combat).
• KSW 83 : Victoire contre Marcin Krakowiak (bonus du meilleur combat).
• KSW 87 : KO contre Daniel Skibiński (meilleure finition).
• XTB KSW 110 (Rzeszów) : Soumission d’Andrzej Grzebyk en 2e round.
Quatre combats, quatre finitions précoces, et une régularité qui force le respect. "Chaque adversaire m’a appris quelque chose, mais je n’ai jamais douté de mon objectif : le titre", explique Tulshaev, dont la confiance tranche avec la prudence habituelle des prétendants.
Un style de combat qui terrifie : Puissance, précision et sang-froid
Ce qui rend Muslim Tulshaev aussi dangereux, c’est sa capacité à mélanger puissance explosive et technique chirurgicale. Contrairement à beaucoup de frappeurs purs, il ne se contente pas d’enchaîner les coups : il construit ses victoires. Ses low kicks, hérités de son passage en muay thaï, affaiblissent systématiquement ses adversaires avant qu’il ne passe à la vitesse supérieure. "Il a un timing incroyable pour ses contres, et une lecture du combat qui rappelle un Israel Adesanya en version européenne", analyse Marek Zieminski, commentateur pour Oktagon Live.
Mais Tulshaev n’est pas qu’un frappeur. Son jeu au sol, souvent sous-estimé, a été déterminant contre Andrzej Grzebyk : après avoir dominé les échanges debout, il a enchaîné avec une soumission en deuxième round, prouvant qu’il pouvait s’adapter. "Beaucoup pensent que je ne suis qu’un KO artist, mais je peux gagner partout", lance-t-il, conscient que cette polyvalence sera cruciale face à Bartosiński, réputé pour son jiu-jitsu.
Son secret ? Une préparation mentale à toute épreuve. "Je visualise chaque combat des centaines de fois avant d’entrer en cage. Quand je monte sur la balance, je sais déjà comment je vais gagner." Une approche qui rappelle celle des grands champions, comme Khabib Nurmagomedov, dont Tulshaev avoue s’inspirer.
Bartosiński vs. Tulshaev : Le choc des philosophies
Si Muslim Tulshaev incarne la nouvelle génération de combattants complets, Adrian Bartosiński représente l’expérience et la ruse. Champion en titre, le Polonais a bâti son règne sur une défense au sol implacable et une capacité à étouffer ses adversaires. Avec 7 victoires en 8 combats sous la bannière KSW, dont 5 par soumission, il est l’homme à battre. "Tulshaev est fort, mais il n’a jamais affronté quelqu’un comme moi", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, visiblement serein.
Pourtant, les observateurs notent un détail intrigant : Bartosiński n’a jamais affronté un adversaire aussi explosif que Tulshaev. Ses précédents challengers, comme Michał Pietrzak, étaient des grapplers purs. "Si Adrian ne parvient pas à amener Tulshaev au sol rapidement, il pourrait subir le même sort que Skibiński", prédit Tomasz Marcinkowski, analyste pour XTB KSW. Un avis partagé par les bookmakers, qui donnent Tulshaev léger favori (1.75 contre 2.10 pour Bartosiński).
L’enjeu dépasse le simple titre : une victoire de Tulshaev ferait de lui le premier champion allemand des poids mi-moyens du KSW, une performance historique dans une organisation dominée par les Polonais. "Ce serait un message fort pour le MMA européen. Le KSW n’est plus seulement une affaire polonaise", souligne Daniel Skibiński, l’un de ses anciennes victimes.
Derrière les projecteurs : Le sacrifice d’une vie pour un rêve
Ce que le public ignore souvent, c’est le parcours personnel de Tulshaev. Né en Tchétchénie, il a fui la guerre avec sa famille avant de grandir en Allemagne, où il a découvert le MMA comme exutoire. "Le sport m’a sauvé. Sans lui, je serais probablement dans la rue", confie-t-il, sobrement. Aujourd’hui, il s’entraîne au Top Team Aachen, où il côtoie des athlètes comme Ilia Topuria (UFC) lors de camps d’entraînement.
Son équipe insiste sur un détail : Tulshaev ne s’entraîne pas pour le titre, mais au-delà. "Il vise l’UFC d’ici 2025. Le KSW est une étape, pas une fin", révèle son coach, Markus Böhm. Une ambition qui explique peut-être sa détermination sans faille. Même ses détracteurs admettent une chose : "Quand il parle, on sent qu’il croit dur comme fer en ce qu’il dit. Ce n’est pas du bluff", note un journaliste de MMA DNA.
Pour le XTB KSW 113, il a poussé sa préparation à l’extrême : deux entraînements par jour, des sparrings avec des poids lourds pour travailler sa résistance, et des sessions de méditation pour affûter son mental. "Je ne laisserai rien au hasard. Le 20 décembre, Łódź verra un nouveau champion", promet-il.
Le jour J approche : Ce qu’il faut surveiller le 20 décembre
Le combat Bartosiński vs. Tulshaev sera le clou du XTB KSW 113, mais plusieurs éléments pourraient faire basculer l’issue :
• Le début de combat : Tulshaev part souvent comme une tornade. Si Bartosiński survit aux 5 premières minutes, il pourrait imposer son jeu.
• La gestion du grappling : Le Polonais excelle dans les transitions. Tulshaev devra éviter les prises de dos, son talon d’Achille.
• L’endurance : Tulshaev n’a jamais été au-delà du 2e round en KSW. Bartosiński, lui, a l’habitude des combats longs.
Un détail pourrait aussi jouer : la pression du public. Łódź sera à 90% derrière Bartosiński. "Je me nourris de l’énergie négative. Plus ils crieront contre moi, plus je frapperai fort", sourit Tulshaev.
Enfin, une question persiste : et si Tulshaev gagnait ? "Je célébrerai 5 minutes, puis je penserai à l’après. Peut-être un combat contre Roberto Soldić [ancien champion KSW, ndlr] pour unifier les ceintures ?", lance-t-il, déjà projeté vers la suite. Une chose est sûre : le 20 décembre, le KSW pourrait bien courir un nouveau roi.

