Dvalishvili : L’Ascension d’un Grappler Sans Limites
Merab Dvalishvili n’est plus un simple champion. Avec trois défenses de titre réussies en 2023 (contre Aljamain Sterling, Henry Cejudo et Cory Sandhagen), le Géorgien impose un rythme effréné, inédit dans l’histoire de l’UFC. Son dernier combat, une masterclass technique où il a réalisé 20 projections en trois rounds, a pulvérisé les records de la division coq. Pour comparaison, le précédent record était détenu par Khabib Nurmagomedov avec 15 projections en cinq rounds.
Son style, basé sur un grappling étouffant et une endurance à toute épreuve, désoriente ses adversaires. Comme l’a souligné son entraîneur, "Merab ne cherche pas à finir le combat rapidement. Il veut briser ses adversaires mentalement, round après round."* Une stratégie payante, mais qui pose question : jusqu’où peut-il pousser ce rythme ?
Face à Yan, Dvalishvili devra cependant composer avec un adversaire qui, contrairement à Sandhagen, connaît déjà ses faiblesses. Leur premier affrontement, en mars 2023, avait vu le Géorgien l’emporter par décision unanime, mais Yan avait montré des signes de dangerosité en fin de combat.
"No Mercy" Yan : La Revanche ou l’Effondrement ?
Petr Yan arrive à l’UFC 323 avec une mission claire : effacer la tache de sa défaite face à Dvalishvili et retrouver le sommet de la division. Après un 2023 désastreux (trois défaites consécutives, dont deux par KO), l’ancien champion a opéré un retour en force avec des victoires contre Song Yadong, Deiveson Figueiredo et Marcus McGhee. Son style explosif et précis en striking contraste avec le jeu au sol de Dvalishvili.
Pourtant, les sceptiques restent nombreux. Comme le note l’analyste "Yan a beau avoir retrouvé sa puissance, son chin semble moins solide qu’avant. Un coup bien placé de Dvalishvili pourrait tout faire basculer."* Le Russe devra aussi gérer la pression psychologique : une quatrième défaite en titre éliminatoire signifierait probablement la fin de ses ambitions pour la ceinture.
Son atout ? Une expérience inégalée dans les combats à cinq rounds. Contrairement à Dvalishvili, habitué à dominer tôt, Yan a l’habitude des guerres d’usure. Un détail qui pourrait faire la différence dans les dernières minutes.
UFC 323 : Quand le Sous-Card Vole la Vedette
Si le combat principal promet des étincelles, le reste de la carte n’a rien à lui envier. Deux affrontements retiennent particulièrement l’attention :
Alexandre Pantoja (c) vs. Joshua Van : Le champion brésilien des poids mouches, connu pour son jeu technique et sa résilience, affronte un challenger birman en pleine ascension. Van, invaincu depuis 2021, mise sur une puissance explosive et un striking agressif. Un choc de styles où Pantoja devra éviter le piège du KO early, sa seule vraie faiblesse.
Henry Cejudo vs. Payton Talbott : Le retour du "King of Cringe" après deux ans d’absence est l’un des moments les plus attendus. À 37 ans, Cejudo, double champion (poids coqs et poids mouches), affronte un jeune loup de 26 ans, Talbott, qui a enchaîné les victoires dans les organisations régionales. Un combat générationnel où l’expérience affronte la fougue.
Comme le résume un observateur : "Si Cejudo gagne, il prouve qu’il peut encore viser le titre. Si Talbott l’emporte, c’est toute une ère qui s’éteint."*
Derrière les Coulisses : La Préparation Mentale, Clé du Combat
Ce que peu de gens savent, c’est que Dvalishvili et Yan ont partagé le même camp d’entraînement en 2019, chez American Top Team. Une expérience qui a laissé des traces. Selon un proche des deux combattants, "Ils se connaissent par cœur. Merab sait que Petr déteste les prises de jambe prolongées, et Petr sait que Merab a du mal avec les coups en contre."*
Autre détail intrigant : Yan a changé d’équipe après sa défaite face à Dvalishvili, rejoignant Tiger Muay Thai pour travailler spécifiquement sa défense au sol. Un pari risqué, car le temps a manqué pour peaufiner cette nouvelle approche. À l’inverse, Dvalishvili est resté fidèle à son coach de toujours, Ray Longo, un spécialiste des combats en cinq rounds.
Enfin, la gestion du poids sera cruciale. Yan a souvent lutté pour faire les 135 lbs, tandis que Dvalishvili, plus naturel dans la catégorie, arrive toujours en pleine forme. Un avantage non négligeable quand on sait que les derniers rounds sont souvent décisifs.
Analyse Tactique : Qui a l’Avantage ?
Sur le papier, Dvalishvili part favori. Son grappling, son endurance et sa capacité à contrôler le combat au sol en font un adversaire redoutable. Mais Yan n’est pas un combattant ordinaire. Voici les clés du combat :
Pour Dvalishvili :
- Imposer le combat au sol dès le premier round pour user Yan.
- Éviter les échanges en striking, où Yan est plus dangereux.
- Gérer son énergie : un rythme trop élevé pourrait le trahir en fin de combat.
Pour Yan :
- Utiliser sa puissance en striking pour dissuader Dvalishvili de s’approcher.
- Travailler les contres, notamment quand le Géorgien tente des prises.
- Cibler les jambes pour limiter la mobilité de Dvalishvili.
Les bookmakers donnent Dvalishvili gagnant à 1.65 contre 2.20 pour Yan, reflétant un match serré. Mais dans le MMA, les surprises sont toujours possibles. Rappelons que Yan était largement favori lors de leur premier combat...
L’UFC 323 s’annonce comme l’un des événements les plus riches de l’année. Entre le choc tactique Dvalishvili-Yan, le duel explosif Pantoja-Van et le retour tant attendu de Cejudo, les fans ont de quoi se régaler. Mais au-delà des ceintures et des records, c’est une question plus large qui se pose : jusqu’où peut aller la domination de Dvalishvili ? Une quatrième défense de titre en un an serait un exploit historique, mais Yan, avec son expérience et sa soif de revanche, pourrait bien jouer les trouble-fêtes.
Une chose est sûre : dans la cage, ce samedi, la technique affrontera la puissance, et seul le plus complet des deux hommes en sortira vainqueur.

