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Mayra Bueno Silva : Le déguisement audacieux qui a marqué sa descente de poids pour l'UFC Saudi Arabia

Mayra Bueno Silva : Le déguisement audacieux qui a marqué sa descente de poids pour l'UFC Saudi Arabia

Quand la détermination défie les règles : Mayra Bueno Silva, surnommée Sheetara , a repoussé les limites de l’audace pour honorer son combat en Arabie Saoudite. Entre 16 heures d’agonie pour perdre les derniers kilos, un déguisement en homme pour accéder à un sauna interdit, et une défaite qui a scellé son retour en bantamweight, son parcours est un témoignage brut de la réalité des descentes de poids en MMA. Aujourd’hui, face à Jacqueline Cavalcanti à l’ UFC Vegas 111 , elle compte bien tourner la page.

L'essentiel

  1. Mayra Bueno Silva a enduré 16 heures d’efforts extrêmes pour atteindre les 125 livres, son corps refusant de transpirer au-delà de 132 livres.
  2. Son équipe l’a déguisée en homme pour contourner les restrictions saoudiennes et accéder à un sauna réservé aux hommes – une première dans l’histoire de l’UFC.
  3. Épuisée, elle a subi une défaite unanime face à Jasmine Jasudavicius, confirmant l’impact dévastateur de cette descente sur sa performance.
  4. De retour en bantamweight (135 livres) , elle affronte Jacqueline Cavalcanti à l’ UFC Vegas 111 , déterminée à briser une série de 4 combats sans victoire.
  5. Son histoire relance le débat sur les méthodes extrêmes de descente de poids en MMA, surtout dans des pays aux règles strictes comme l’Arabie Saoudite.

Le calvaire invisible : quand le corps dit "non"

Mayra Bueno Silva, cette Brésilienne au surnom évocateur de Sheetara, a toujours été une guerrière. Mais en mars 2024, son corps lui a lancé un défi qu’elle n’avait jamais connu : refuser de perdre du poids. Pour son combat contre Jasmine Jasudavicius à l’UFC Saudi Arabia, la catégorie des 125 livres (mouches) était un objectif presque impossible. Pourtant, elle s’y est accrochée, par amour pour cette division où elle avait déjà brillé. Mais cette fois, la machine humaine a montré ses limites.

Pendant 16 heures interminables, Silva a tout tenté : saunas, vêtements de sudation, restriction hydrique extrême. Résultat ? Son corps, épuisé, a cessé de transpirer à 132 livres (59,9 kg), soit 7 livres au-dessus de la limite. Sans énergie, au bord de l’évanouissement, elle se trouvait face à un mur. Pire : en Arabie Saoudite, les saunas pour femmes étaient inexistants, et ceux pour hommes… strictement interdits aux femmes. Une impasse.


"Opération déguisement" : une solution désespérée

C’est là que l’équipe de Silva a dû faire preuve d’ingéniosité extrême. Sans autre option, ils ont transformé la combattante en homme : vêtements larges, bonnet pour cacher ses cheveux, posture modifiée. Un travestissement risqué, mais nécessaire. "On n’avait pas le choix. Soit elle rate la pesée, soit on tente le tout pour le tout", confiera plus tard son coach. Une fois à l’intérieur du sauna, sous les regards suspicieux, Silva a enfin pu perdre les derniers grammes.

Cette scène, digne d’un film d’espionnage, soulève une question cruciale : jusqu’où les athlètes doivent-ils aller pour respecter les règles ? En Arabie Saoudite, où les normes sociales sont strictes, cette stratégie a frôlé le scandale. Pourtant, pour Silva, c’était une question de survie professionnelle. "Je ne regrette rien. J’ai fait ce qu’il fallait pour combattre", a-t-elle déclaré, malgré l’épuisement visible lors de la pesée officielle.


Le prix à payer : une défaite annoncée

Le lendemain, dans la cage, les conséquences de cette descente de poids dévastatrice se sont fait sentir. Face à Jasmine Jasudavicius, Silva, habituellement explosive, semblait lente, vidée de son énergie. Les juges ont rendu un verdict sans appel : défaite par décision unanime (30-27, 30-27, 29-28). "Mon corps n’était plus le mien. J’ai donné tout ce qui me restait, mais ce n’était pas suffisant", a-t-elle admis, lucide.

Pourtant, dans un geste de fair-play rare, elle a salué la performance de son adversaire : "Jasmine méritait cette victoire. Moi, j’ai appris une leçon : parfois, il faut savoir écouter son corps." Cette défaite, couplée à trois autres résultats mitigés, a scellé sa décision : retour en bantamweight (135 livres), une catégorie où son physique naturel lui permettra d’éviter ces souffrances.


Derrière les gants : la pression d’une combattante brésilienne

Ce que peu de gens savent, c’est que Silva traînait une pression supplémentaire : celle d’être une des rares Brésiliennes à percer dans l’UFC. Dans un pays où le MMA est une religion, chaque combat est scruté, chaque défaite analysée. "Au Brésil, on ne te laisse pas le droit à l’erreur. Soit tu gagnes, soit tu disparais des radars", confie-t-elle.

Son équipe révèle aussi que, pendant cette descente de poids, Silva a refusé de manger pendant 36 heures, bu seulement des gorgées d’eau, et dormi moins de 3 heures par nuit. "Elle voulait absolument y arriver. C’est ça, l’état d’esprit d’un vrai guerrier… mais à quel prix ?", s’interroge son nutritionniste. Des méthodes qui rappellent les dérives des descentes de poids en boxe ou en lutte, où les athlètes mettent leur santé en danger pour quelques grammes.


UFC Vegas 111 : la renaissance en bantamweight ?

Le 1er juin 2024, Mayra Bueno Silva montera à nouveau dans la cage, cette fois face à Jacqueline Cavalcanti, une autre Brésilienne, lors de l’UFC Vegas 111. Un combat symbolique : après quatre résultats sans victoire (3 défaites, 1 nul), elle doit absolument gagner pour sauver sa place dans l’élite. "Je me sens enfin libre. Plus de stress de descente de poids extrême, plus de privations inutiles. Là, je vais montrer qui je suis vraiment."

Les observateurs notent un changement radical dans sa préparation : moins de restrictions, plus de travail sur l’endurance et la puissance. Son coach mise sur sa "technique de grappling et ses coups de poing précis" pour venir à bout de Cavalcanti, connue pour son agressivité. "Ce sera un combat de Brésiliennes, mais aussi un combat pour sa carrière", résume un analyste de l’UFC.

Une chose est sûre : après l’épreuve saoudienne, Silva a mûri. Elle parle désormais ouvertement des "dangers des descentes de poids trop rapides" et milite pour que l’UFC revisite ses règles, surtout dans des pays comme l’Arabie Saoudite où les infrastructures pour les femmes sont limitées. "Personne ne devrait avoir à se déguiser pour faire son travail. Espérons que mon histoire fera bouger les choses."


Le débat qui agite le MMA : faut-il réformer les descentes de poids ?

L’histoire de Silva relance une polémique récurrente : les descentes de poids en MMA sont-elles devenues trop dangereuses ? Des experts, comme le Dr. Duncan French (spécialiste en physiologie du sport), alertent sur les "risques de dommages rénaux, de troubles cardiaques, et même de décès" liés à ces pratiques. Pourtant, peu de fédérations osent imposer des réformes.

Certains, comme l’ancien champion Henry Cejudo, défendent l’idée de catégories de poids plus larges ou de "pesées le jour du combat" (comme au début de l’UFC). D’autres, comme Dana White, estiment que c’est aux athlètes de "gérer leur professionnalisme". Silva, elle, propose une solution intermédiaire : "Des saunas accessibles à tous, des contrôles médicaux renforcés, et surtout, plus de flexibilité pour les combattantes."

En attendant, son combat contre Cavalcanti sera un test : peut-on rebondir après une telle épreuve ? Peut-on concilier performance et santé dans un sport aussi exigeant ? Les réponses viendront sous les projecteurs du UFC Apex, à Las Vegas. Une chose est certaine : Mayra Bueno Silva a déjà marqué l’histoire, avec ou sans déguisement.

Le parcours de Mayra Bueno Silva à l’UFC Saudi Arabia restera comme un symbole des excès – et de la résilience – du MMA moderne. Entre stratégies désespérées, sacrifices physiques et retour aux sources en bantamweight, son histoire interroge : jusqu’où iront les athlètes pour concrétiser leurs rêves ? Alors qu’elle s’apprête à affronter Jacqueline Cavalcanti, une question persiste : cette défaite en 125 livres aura-t-elle été le déclic d’une carrière renaissante, ou le début d’un déclin évitable ? Une seule certitude : Sheetara n’a pas fini de faire parler d’elle.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

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