Un retour qui fait du bruit dans le paysage MMA polonais
Quand Mateusz Borek a annoncé son retour chez FEN après des années de fidélité exclusive à KSW, les réseaux sociaux se sont embrasés. Certains y voyaient une trahison, d'autres une manœuvre marketing. La réalité est bien plus nuancée : il s'agit d'une collaboration inédite, rendue possible par une entente rare entre deux organisations concurrentes. "Je suis reconnaissant à Martin Lewandowski pour sa compréhension et son soutien", a déclaré Borek dans une vidéo postée sur Instagram, mettant fin aux spéculations.
Ce retour s'inscrit dans un contexte médiatique en pleine mutation. Après des années de diffusion sur Polsat puis ViaPlay, FEN a récemment signé un partenariat majeur avec Canal+, la chaîne premium qui cherche à s'imposer dans le sport de combat. Pour Borek, c'est l'opportunité de toucher un nouveau public tout en conservant son rôle central chez KSW. "C'est une chance de montrer que le MMA polonais peut exister sur plusieurs fronts", confie-t-il.
L'aspect le plus surprenant ? L'absence totale de tension entre les parties. Dans un milieu où les contrats exclusifs sont la norme, cette flexibilité est presque révolutionnaire. Certains observateurs, comme le journaliste Michal Marcińczak, y voient "un signe de maturité du MMA polonais, où les intérêts des athlètes et des médias priment enfin sur les ego".
Derrière les projecteurs : le rôle clé de Borek dans l'écosystème MMA
Depuis ses débuts en 2004, Mateusz Borek s'est imposé comme bien plus qu'un simple animateur. Son parcours reflète l'évolution même du MMA en Pologne :
2006-2012 : Débuts chez FEN, où il forge sa réputation d'interviewer incisif, capable de désamorcer les tensions entre combattants.
2013-2023 : Période KSW, durant laquelle il devient le visage médiatique de l'organisation, couvrant plus de 80 galas.
2024 : Retour aux sources avec FEN, tout en maintenant son activité chez KSW - une première dans l'histoire du MMA polonais.
Son style unique, mêlant humour et questions techniques, a séduit les fans. "Borek a ce don pour rendre accessibles les subtilités du MMA, sans jamais tomber dans le sensationnalisme", analyse Tomasz Marcinkowski, ancien combattant devenu consultant. Son retour chez FEN est d'autant plus symbolique que c'est là qu'il a appris le métier, sous la direction de Tomasz Ostrowski - qui sera justement en tête d'affiche de FEN 60.
Novembre 2024 : un mois historique pour Borek et le MMA polonais
Le calendrier de Mateusz Borek pour novembre ressemble à un marathon médiatique :
8 novembre - FEN 60 à Piotrków Trybunalski :
L'affiche est alléchante : Tomasz Ostrowski vs Mateusz Janur pour le titre des poids moyens. Borek animera la soirée et réalisera les interviews d'après-combat, avec la pression supplémentaire de la diffusion sur Canal+. "C'est un combat qui pourrait définir l'avenir de la catégorie en Pologne", souligne-t-il.
"Ostrowski a l'expérience, mais Janur a cette faim des jeunes loups. Ça va être explosif." - Mateusz Borek
15 novembre - Gala KSW à Szczecin :
Une semaine plus tard, Borek enchaînera avec un événement KSW, toujours sur Canal+. Si les combats ne sont pas encore officiellement annoncés, les rumeurs évoquent le retour d'un vétéran de l'organisation. "Passer d'une organisation à l'autre en une semaine, c'est un défi logistique mais surtout mental", avoue Borek.
Ce qui rend la situation unique, c'est la diffusion des deux galas sur Canal+. Pour la première fois, les fans pourront comparer directement le produit FEN et KSW sur la même chaîne, avec le même animateur. Une aubaine pour Borek, qui devient malgré lui l'arbitre de cette compétition amicale. "Je veux que les téléspectateurs apprécient les deux organisations pour ce qu'elles sont, sans comparaison forcée", tempère-t-il.
L'effet Canal+ : quand le MMA polonais change de dimension
Le partenariat entre FEN et Canal+ marque un tournant dans l'histoire du MMA polonais. Jusqu'à présent cantonnées à des chaînes généralistes (Polsat) ou des plateformes de streaming (ViaPlay), les organisations accèdent désormais à une vitrine premium.
Pour Mateusz Borek, ce changement implique une adaptation de son style : "Sur Canal+, le public est différent. Il faut expliquer davantage les règles, les stratégies, sans perdre en dynamisme. C'est un exercice d'équilibriste." Les premiers retours sont positifs : l'audience de FEN 59 (premier événement sur Canal+) a augmenté de 42% par rapport à la moyenne ViaPlay.
Cette nouvelle exposition pourrait aussi attirer de nouveaux sponsors. "Des marques qui hésitaient à s'associer au MMA commencent à nous contacter", révèle Marcin Żyła, directeur marketing de FEN. Borek, avec sa double casquette, devient un atout majeur pour ces négociations : "Ma crédibilité dans les deux organisations rassure les partenaires."
Et demain ? Les ambitions (discrètes) de Mateusz Borek
À 40 ans, Mateusz Borek pourrait se contenter de son statut d'icône du MMA polonais. Pourtant, ses projets vont bien au-delà :
1. Un podcast dédié : En préparation depuis 6 mois, il promettrait des "révélations sur les coulisses du MMA polonais".
2. Une école de speakers : "Il manque de jeunes talents capables de couvrir les combats avec passion ET professionnalisme", explique-t-il.
3. Un rôle international : Des discussions seraient en cours avec l'UFC pour des collaborations ponctuelles sur les événements européens.
Son retour chez FEN pourrait bien être la première pierre d'un empire médiatique. "Je ne veux pas être juste 'le gars qui interview les combattants'. Je veux raconter les histoires qui se cachent derrière les gants", confie-t-il. Avec deux organisations majeures derrière lui et Canal+ comme mégaphone, les opportunités n'ont jamais été aussi nombreuses.
Reste une question : jusqu'où ira cette collaboration inédite entre FEN et KSW ? Certains whisperers du milieu évoquent déjà d'autres talents qui pourraient suivre l'exemple de Borek. "Si ça marche pour lui, pourquoi pas pour d'autres ?", s'interroge Paweł Nastula, légende du MMA polonais. Une révolution silencieuse est peut-être en marche.
Entre deux galas, deux organisations et une chaîne historique, Mateusz Borek incarne désormais la nouvelle génération du MMA polonais : celle qui refuse les frontières. Son retour chez FEN n'est pas une trahison, mais la preuve que le milieu murit. Alors que les projecteurs de Canal+ s'allument sur Piotrków Trybunalski puis Szczecin, une chose est sûre : en novembre, tous les yeux seront rivés sur lui. Pas seulement comme animateur, mais comme symbole d'un sport en pleine métamorphose.
Quant à savoir si d'autres suivront son exemple, la réponse pourrait bien se trouver dans les audiences des prochaines semaines. Une chose est certaine : le MMA polonais n'a jamais été aussi visible, aussi professionnel... et aussi imprévisible.

