L'affront ignoré : quand Cormier et Sonnen oublient Peterson
Tout a commencé par une omission. Lors d’un épisode de leur podcast, **Daniel Cormier** et **Chael Sonnen** – deux figures incontournables de l’UFC – ont disséqué le parcours de **Gable Steveson**, double champion NCAA et médaillé d’or olympique, sans jamais mentionner le nom de son adversaire au **LFA 217** : **Braden Peterson**. *"Ils ont parlé de Steveson comme s’il n’y avait même pas de combat. Comme si j’étais un sparring partner, pas un adversaire"*, confie Peterson, un sourire en coin. Pour cet ancien policier reconverti dans le BTP avant de se lancer dans le MMA à 37 ans, cette négligence est devenue une source de motivation inespérée.
Pourtant, les chiffres de Peterson en 2025 méritent l’attention : **6 combats**, dont **5 victoires** (2 KO en moins de 15 secondes, 3 soumissions), et une seule défaite contre un vétéran du Bellator. *"Je comprends pourquoi ils misent sur Steveson. Mais ils oublient une chose : moi, je sais ce que c’est que de prendre des coups. Lui, pas encore"*, lance-t-il. Une déclaration qui résume l’enjeu de ce combat : l’expérience brute contre le pedigree olympique.
"Un lineman sait frapper" : l’arme secrète de Peterson
Ce qui frappe chez Braden Peterson, c’est son parcours **atypique**. Ancien joueur de ligne offensive (lineman) en football américain, il a développé une puissance explosive sur de courtes distances – un atout majeur en MMA. *"Pousser un adversaire de 130 kg en football, c’est comme enchaîner des uppercuts en cage. La mécanique est la même : explosivité, équilibre, et timing"*, explique-t-il. Une comparaison qui prend tout son sens quand on analyse ses victoires par KO : des frappes courtes, précises, et dévastatrices.
Mais Peterson n’est pas qu’un strikeur. Son entraînement au **SBG Polson** (Montana), où il côtoie des athlètes comme **Jon Jones** et **Gordon Ryan**, lui a permis de peaufiner son **jiu-jitsu**. *"Steveson est un monstre en lutte, mais le MMA, c’est autre chose. Un takedown ne suffit pas si tu ne sais pas finir au sol"*, souligne-t-il. Une analyse confirmée par les statistiques : selon **Fight Matrix**, **63 % des lutteurs olympiques** perdent leurs trois premiers combats en MMA, souvent par KO ou soumission. *"Son premier vrai coup, et tout son plan peut s’effondrer"*, prédit Peterson.
Steveson dans l’inconnu : le syndrome du "premier coup"
Gable Steveson arrive en MMA avec un CV impressionnant : **double champion NCAA**, **médaillé d’or olympique**, et une domination sans partage en lutte. Pourtant, comme le rappelle Peterson, *"la cage n’est pas un tapis de lutte. Ici, tu peux gagner par KO, et ça, c’est une variable qu’il n’a jamais connue."* Un constat partagé par des experts comme **Joe Rogan**, qui a souvent souligné la difficulté pour les lutteurs de s’adapter au striking.
Le danger pour Steveson ? Sous-estimer l’intensité d’un combat en cage. *"Quand tu prends un coup propre, ton cerveau ne réagit pas comme en lutte. Certains paniquent, d’autres se figent"*, explique Peterson, fort de son expérience en boxe et en muay-thaï. Et d’ajouter : *"Même avec un entraînement aux côtés de Jon Jones, tu ne peux pas simuler l’adrénaline d’un vrai combat en trois mois."* Un avis que partage **Henry Cejudo** (ancien double champion UFC), qui avait mis **un an** à s’adapter pleinement au MMA après sa médaille d’or olympique.
Derrière les projecteurs : le pari fou du SBG Polson
Ce que peu de gens savent, c’est que **Braden Peterson** a failli abandonner le MMA en 2023. *"J’avais 35 ans, deux défaites d’affilée, et un travail dans le BTP qui me bouffait. Mon coach m’a dit : ‘Donne-toi six mois de plus.’ Aujourd’hui, je suis là"*, raconte-t-il. Une résilience qui a convaincu le **SBG Polson** de miser sur lui pour ce combat.
L’équipe a élaboré une stratégie sur mesure : **neutraliser les takedowns de Steveson** avec des contre-attaques en clinch, et **exploiter ses angles en striking** pour éviter les échanges frontaux. *"On a étudié ses combats de lutte. Il aime dominer en force, mais en MMA, si tu charges bille en tête, tu te fais contrer"*, révèle Peterson. Une approche qui rappelle celle de **Kamaru Usman** contre les lutteurs, où le timing et la précision priment sur la puissance brute.
Autre atout : son mental. *"J’ai été policier, j’ai travaillé sur des chantiers, j’ai encaisse des coups toute ma vie. Steveson, lui, n’a connu que la victoire. Comment il va réagir à l’adversité ?"* Une question qui hante les observateurs, d’autant que **Dana White** (UFC) suit ce combat de près. *"Si je gagne, je signe en UFC. Si je perds, mais que je fais un combat spectaculaire, je signe aussi. Dans tous les cas, je gagne"*, conclut Peterson, lucide.
24 mai : un combat qui pourrait tout changer
Au-delà du duel Peterson vs Steveson, c’est toute la question de la **transition des lutteurs olympiques vers le MMA** qui se joue. *"Si Steveson gagne, on va dire que les Olympiens peuvent dominer dès leur premier combat. Si je gagne, on va réaliser que le MMA est un sport à part"*, analyse Peterson. Un enjeu qui dépasse les deux hommes, avec des conséquences potentielles pour des athlètes comme **Kyle Snyder** (double champion olympique) ou **J’den Cox**, qui envisagent aussi de passer au MMA.
Pour Peterson, peu importe l’issue : *"Ce combat va changer ma vie. Soit je deviens le gars qui a battu un Olympien, soit je deviens le gars qui a tenu tête à un futur champion. Dans les deux cas, je marque l’histoire."* Une philosophie qui résume l’esprit du MMA, où chaque combat est une opportunité de se réinventer.
Reste une question : **Gable Steveson** est-il vraiment prêt ? *"On verra le 24 mai. Mais une chose est sûre : je ne serai pas un adversaire facile. Je serai le pire cauchemar qu’il ait jamais affronté"*, promet Peterson, un sourire carnassier aux lèvres.

