Le coup de maître qui a tout changé
Nowy Sącz, Pologne – Quand le cloche sonne pour la deuxième reprise du XTB KSW 112, peu imaginent que le combat entre Kamil Szkaradek et Oleksii Polishchuk basculera en quelques minutes. Pourtant, c’est bien ce qu’il se produit : à 2:47 du round, le Polonais verrouille une soumission en guillotine si serrée que l’Ukrainien, troisième mondial au classement KSW, n’a d’autre choix que de taper. Victoire par soumission, et surtout, déclaration de guerre aux ténors de la catégorie des coqs.
Ce n’est pas la première fois que Szkaradek surprend. Mais cette fois, c’est différent : son adversaire, Polishchuk, était donné favori par les bookmakers (1.65 contre 2.20 pour Szkaradek). Une performance qui propulse le natif de Nowy Sącz sous les projecteurs et relance le débat : "Et si le prochain champion KSW venait de cette petite ville du sud de la Pologne ?"
"Je veux la ceinture, et je la prendrai en cinq rounds"
Dans l’octogone, juste après sa victoire, Szkaradek n’a pas hésité une seconde. Micro en main, le regard déterminé, il a lancé un défi direct à Sebastian Przybysz, champion en titre : "Je veux ce combat. Pas en trois rounds, mais en cinq. Parce que je sais que je peux te battre, et que je mérite cette ceinture." Une déclaration qui a fait vibrer la TAURON Arena de Cracovie, où se déroulait l’événement.
Derrière cette assurance, une préparation méthodique. Szkaradek s’entraîne au Berserker’s Team, un camp réputé pour son approche scientifique du MMA, inspiré des méthodes de Jan Błachowicz (ancien champion UFC). Son coach, Marcin Najman, révèle : "Kamil a travaillé spécifiquement son jeu au sol ces six derniers mois. Il savait que Polishchuk était dangereux en striking, alors on a misé sur la soumission. Résultat : 80% de ses entraînements étaient consacrés au grappling."
Le parcours d’un outsider devenu incontournable
Il y a encore deux ans, Kamil Szkaradek était un nom parmi d’autres dans la catégorie des coqs. Aujourd’hui, avec 5 victoires pour 1 défaite sous la bannière KSW (dont 3 par soumission), il est l’homme à abattre. Son seul revers ? Une défaite controversée face à Antun Račić en 2022, où un arrêt prématuré de l’arbitre avait suscité la polémique.
Mais Szkaradek a su rebondir. Après cette défaite, il a enchaîné quatre victoires d’affilée, dont trois avant la limite. Son secret ? Une résilience mentale forgée dans l’adversité. "J’ai grandi dans un quartier difficile de Nowy Sącz. Le MMA, c’était ma façon de canaliser ma colère. Aujourd’hui, c’est devenu ma passion, et je veux en faire mon métier", confie-t-il.
Son style ? Un mélange explosif de judo (il a commencé à 14 ans) et de boxe, avec une prédilection pour les soumissions en guillotine ou en armbar. Sebastian Przybysz, champion en titre, devra s’en méfier : Szkaradek a prouvé qu’il pouvait dominer des adversaires mieux classés que lui.
Pourquoi Przybysz ne peut plus l’ignorer
Avec cette victoire, Szkaradek passe de la 7ᵉ à la 4ᵉ place du classement KSW (une mise à jour officielle est attendue d’ici 48h). Mais les chiffres ne suffisent pas à décrire son impact. Le Polonais est devenu un phénomène médiatique : ses vidéos d’entraînement cumulent des centaines de milliers de vues, et son dernier combat a généré un pic d’audience de 1,2 million de téléspectateurs sur Polsat Sport.
Sebastian Przybysz, champion depuis 2021, se retrouve dans une position délicate. D’un côté, il a déjà défendu son titre à trois reprises. De l’autre, les fans réclament un combat contre Szkaradek, vu comme le "fresh blood" de la division. "Je ne fuis personne. Si le KSW me propose ce combat, je signerai. Mais Szkaradek doit d’abord prouver qu’il mérite sa chance", a réagi Przybysz sur X (ex-Twitter), tout en reconnaissant : "Sa performance contre Polishchuk était impressionnante."
Un match qui, s’il a lieu, pourrait battre des records d’audience pour le KSW. Les deux hommes représentent des styles opposés : Przybysz, technicien complet avec un striking précis, contre Szkaradek, grappler agressif et imprévisible. Un choc de générations, aussi.
Et maintenant ? Le scénario idéal pour Szkaradek
Deux options s’offrent à lui :
1️⃣ Un combat de transition contre un top 5 (comme Wiktor Zalewski ou Filip Tomiczek) pour consolider sa position. Risqué, car une défaite le renverrait loin du titre, mais payant en cas de victoire.
2️⃣ Le combat tant attendu contre Przybysz, dès KSW 113 ou 114 (prévus pour l’automne 2024). Un pari audacieux, mais qui correspond à sa philosophie : "Pourquoi attendre ? Si je suis prêt maintenant, je veux ma chance maintenant."
Son manager, Tomasz Marcinkowski, penche pour la deuxième option : "Kamil a 27 ans, il est dans la meilleure forme de sa carrière. Attendre six mois de plus ne changera rien, sauf à donner plus de temps à Przybysz pour se préparer à son style."
Une chose est sûre : après sa performance contre Polishchuk, Szkaradek n’est plus un outsider. C’est un prétendant légitime, et le KSW a tout intérêt à capitaliser sur cette dynamique. Un combat de titre en 2024 ? Tout porte à le croire.

