"Un guerrier ne pleurniche pas" : la charge de Jones contre Aspinall
Quand Jon Jones parle, le monde du MMA écoute. Et cette fois, ses mots étaient sans appel. Interrogé sur une potentielle confrontation contre Tom Aspinall, l’Américain n’a pas mâché ses mots : "Après ce que j’ai vu contre Gane, je n’ai aucun intérêt à affronter un gars qui abandonne pour un coup de doigt. Un vrai combattant encaisse, adapte son jeu. Lui ? Il a cherché la sortie de secours." Une critique cinglante qui vise droit au mental d’Aspinall, souvent présenté comme l’un des espoirs les plus solides de la division des poids lourds.
Pourtant, les faits sont là : lors de son combat contre Ciryl Gane en mars 2024, Aspinall a effectivement interrompu l’affrontement après un coup de doigt accidentel dans l’œil, avant de reprendre quelques minutes plus tard. Un épisode qui a divisé les fans : certains y voient une preuve de professionnalisme (éviter une blessure grave), d’autres une faiblesse mentale. Jones, lui, a choisi son camp. Et son verdict est sans appel : "Si tu veux mon titre, tu dois prouver que tu mérites de partager l’octogone avec moi. Là, j’ai vu un gars briser sous la pression. Next."
Derrière cette sortie médiatique, une stratégie claire : discréditer Aspinall pour éviter toute pression de la part de l’UFC ou des fans. Car Jones a d’autres plans. Bien plus ambitieux.
Pereira, l’adversaire "parfait" : entre héritage et calcul économique
Si Jon Jones refuse Aspinall, ce n’est pas par peur – mais par ambition démesurée. Dans sa ligne de mire : Alex Pereira, l’ancien champion du middleweight et actuel prétendant aux ceintures des poids lourds. Pourquoi lui ? Parce que Pereira incarne tout ce que Jones recherche :
- Un nom qui vend : Pereira est une star au Brésil, avec un palmarès en kickboxing (ancien champion Glory) qui attire les foules.
- Un style explosif : ses KO spectaculaires (comme ceux contre Israel Adesanya) garantissent un combat marketable.
- Un héritage à construire : vaincre Pereira, après avoir dominé des légendes comme Daniel Cormier ou Stipe Miocic, cimenterait son statut de GOAT incontesté.
Mais il y a aussi l’aspect financier. Un combat Jones vs. Pereira générerait des millions de dollars en PPV, sponsors et droits TV – bien plus qu’un duel contre Aspinall, encore en construction médiatique. Comme le souligne un proche de Jones : "Jon ne combat plus pour l’argent, mais pour des records. Et Pereira, c’est l’assurance de battre des records d’audience."
Reste une question : Pereira, qui pèse naturellement autour des 90 kg, peut-il vraiment rivaliser avec Jones, habitué aux gabarits des poids lourds ? L’Américain en est convaincu : "Son jeu de jambes et ses coups de pied sont redoutables, mais au sol, il est vulnérable. Et c’est là que je vais l’emmener."
"Je vais le casser comme une allumette" : la stratégie de Jones dévoilée
Jon Jones n’est pas du genre à laisser quoi que ce soit au hasard. Contre Alex Pereira, il a déjà un plan précis, qu’il a commencé à détailler lors d’une session d’entraînement ouverte aux médias :
1. Exploiter les schémas répétitifs : Pereira a une garde haute et des enchaînements prévisibles (low kick suivi d’un crochet du gauche). Jones compte contrer ses attaques avec des clinch agressifs pour le coller contre la cage.
2. Le fatigue au corps-à-corps : "Pereira n’a pas l’habitude des combats en grappling. Après 3 rounds, il sera épuisé, et c’est là que je frapperai." Une tactique qu’il a déjà utilisée contre des frappeurs comme Vitor Belfort ou Rashad Evans.
3. Soumission au sol : Jones vise un strangulation ou une clé de bras en deuxième partie de combat, une fois Pereira affaibli. "Je ne veux pas d’une décision des juges. Je veux un finish clair, pour que personne ne puisse douter."
Pour préparer ce duel, Jones s’est entouré de partenaires d’entraînement spécialisés dans le muay thaï (pour simuler les coups de pied de Pereira) et a renforcé son travail en lutte olympique, afin de neutraliser les prises de son adversaire. Un préparateur physique proche de son équipe révèle : "Jon passe 2 heures par jour à travailler ses takedowns en situation de fatigue. Il sait que Pereira va tout donner dans les premiers rounds, et il veut être prêt à tenir la distance."
L’ombre d’un doute : et si Pereira était trop rapide ?
Tous les plans ont leurs failles. Et celui de Jones en a une majeure : la vitesse de Pereira. L’ancien champion de kickboxing est connu pour ses contres fulgurants (comme son KO contre Sean Strickland en 2023), et son allonge lui permet de frapper sans entrer dans la zone dangereuse de Jones.
Certains analystes, comme Daniel Cormier, mettent en garde : "Jon a 36 ans. Pereira, lui, a 36 ans aussi, mais il a un style qui use moins le corps. Si Jones ne parvient pas à l’amener au sol rapidement, il pourrait se faire surprendre par un coup de pied ou un crochet bien placé."
Un risque que Jones assume pleinement : "Bien sûr qu’il est dangereux. Mais moi aussi. La différence, c’est que j’ai déjà tout vu, tout vécu. Pereira n’a jamais affronté quelqu’un comme moi. Et quand il comprendra ça, il sera trop tard."
Un autre élément pourrait jouer en sa défaveur : son absence de combat depuis novembre 2023 (victoire contre Ciryl Gane). Une inactivité qui, selon certains, pourrait le rouiller. Mais Jones balaye ces craintes : "Je m’entraîne comme si je devais combattre demain. Mon corps est une machine. Pereira va le découvrir."
Derrière les projecteurs : le vrai mobile de Jones
Au-delà des déclarations tonitruantes et des analyses techniques, il y a une réalité plus prosaïque : Jon Jones veut finir sa carrière en apothéose. Après des années de domination, des controversies (dopage, problèmes judiciaires) et des retours triomphaux, il cherche désormais le combat parfait – celui qui effacera les doutes et gravera son nom dans l’histoire.
Un combat contre Pereira offre cela :
- Un adversaire crédible (ancien champion, style spectaculaire).
- Un récit médiatique fort ("Le roi des poids lourds vs. le tueur du middleweight").
- Une fin de carrière en beauté, avec un dernier titre à défendre avant une éventuelle retraite.
Et puis, il y a l’ego. Jones a toujours aimé dominer les dominants. Après avoir battu des légendes comme DC ou Stipe, vaincre Pereira – un combattant qui a terrassé Israel Adesanya – serait la cerise sur le gâteau. Comme il le confie en souriant : "Je veux que les gens parlent de ce combat dans 20 ans. Pas d’un match contre Aspinall qui aurait pu être cool, mais qu’on aurait oublié en une semaine."
Reste à savoir si l’UFC suivra. Dana White, le président de l’organisation, a déjà laissé entendre qu’il préférerait voir Jones affronter Stipe Miocic pour une trilogie. Mais Jones, lui, a une autre idée en tête. Et dans le monde du MMA, quand "Bones" veut quelque chose, il finit généralement par l’obtenir.

