Le tweet qui enflamme la toile : Ngannou défie Jones
Le 10 mars 2026, Francis Ngannou a publié un message sur X (anciennement Twitter) qui a immédiatement capté l'attention du monde du MMA. Dans un style direct et provocateur, l'ancien champion poids lourds de l'UFC s'est adressé à Jon Jones, l'un des plus grands noms de l'histoire des arts martiaux mixtes : "Watching this story unfold yesterday was very interesting. I have lots to say, but for now, Jonny boy, if you manage to get your freedom, then let me know. You deserve that $30M+ after everything you’ve done for the sport, and they should be rolling out the RED CARPET for you."
Ce message, à la fois respectueux et audacieux, intervient dans un contexte tendu. Jones, double champion des poids mi-lourds et lourds, a récemment demandé à l'UFC de résilier son contrat après une dispute publique avec Dana White. Le président de l'UFC avait critiqué Jones pour son absence lors d'un événement organisé près de la Maison-Blanche, une décision que Jones a qualifiée d'injuste. Ngannou, qui a lui-même quitté l'UFC en 2023 après des négociations contractuelles houleuses, semble voir en Jones un allié potentiel dans sa quête pour une meilleure reconnaissance des combattants.
Le choix des mots de Ngannou est révélateur. En évoquant un "tapis rouge" et une somme dépassant les 30 millions de dollars, il souligne non seulement la valeur de Jones, mais aussi les attentes déçues des combattants face à une organisation souvent critiquée pour ses pratiques contractuelles. Ce tweet n'est pas seulement une invitation au combat ; c'est un appel à la solidarité entre athlètes de haut niveau.
Dana White contre-attaque : "Jones n'est plus en mesure de combattre"
La réponse de Dana White à la demande de résiliation de contrat de Jones a été sans équivoque. Lors d'une conférence de presse, le président de l'UFC a déclaré que, selon lui, Jones "n'est plus en mesure de combattre" et que sa carrière dans le MMA était probablement terminée. Ces propos, perçus comme une provocation, ont ravivé les tensions entre les deux hommes.
White a également minimisé les chances de Jones de retrouver un octogone, suggérant que l'UFC n'avait aucun intérêt à le libérer de son contrat. Cette position n'est pas nouvelle : l'UFC a historiquement utilisé des clauses contractuelles pour retenir des combattants même après leur dernier combat officiel. Le cas de Georges St-Pierre, légende canadienne des poids mi-moyens, en est un exemple frappant. Après son dernier combat en 2019, St-Pierre a été bloqué par l'UFC pendant trois ans avant que son contrat ne soit finalement résilié en 2022. Cette pratique, souvent critiquée, permet à l'organisation de contrôler les carrières de ses athlètes et d'éviter qu'ils ne rejoignent des concurrents comme la PFL (Professional Fighters League).
Pour Jones, la situation est d'autant plus complexe qu'il est considéré comme l'un des plus grands combattants de l'histoire du MMA. Avec un palmarès impressionnant, incluant des victoires contre des légendes comme Daniel Cormier, Rashad Evans et Alexander Gustafsson, Jones a marqué l'histoire de ce sport. Cependant, ses dernières performances ont été moins convaincantes, notamment sa défaite contre Ciryl Gane en 2023, qui a soulevé des questions sur sa capacité à rester au sommet.
Les enjeux financiers : 30 millions de dollars et la quête de reconnaissance
La somme de 30 millions de dollars mentionnée par Ngannou n'est pas anodine. Elle reflète les attentes croissantes des combattants de l'UFC en matière de rémunération. Historiquement, l'UFC a été critiqué pour ses contrats déséquilibrés, où les athlètes reçoivent une part relativement faible des revenus générés par les événements. En 2023, une étude du New York Times révélait que les combattants de l'UFC gagnaient en moyenne moins de 20 % des revenus totaux de l'organisation, contre plus de 50 % dans des ligues comme la NFL ou la NBA.
Jones, conscient de sa valeur, semble déterminé à obtenir une rémunération à la hauteur de son héritage. Son agent, Malki Kawa, a récemment déclaré que Jones "méritait d'être traité comme une légende et non comme un combattant lambda". Cette déclaration intervient dans un contexte où les combattants de l'UFC ont de plus en plus recours à des actions collectives pour améliorer leurs conditions. En 2024, un groupe de combattants a déposé une plainte antitrust contre l'UFC, accusant l'organisation de pratiques monopolistiques. Bien que cette plainte n'ait pas abouti, elle a mis en lumière les frustrations des athlètes.
Ngannou, qui a lui-même quitté l'UFC pour rejoindre la PFL après des négociations infructueuses, comprend mieux que quiconque les enjeux de cette bataille. À la PFL, il a obtenu un contrat lucratif, incluant une participation aux bénéfices et une plus grande liberté dans le choix de ses combats. Son message à Jones peut donc être interprété comme une invitation à rejoindre une organisation où les combattants ont plus de contrôle sur leur carrière.
L'UFC face à un dilemme : libérer Jones ou le retenir ?
Pour l'UFC, la décision de libérer ou non Jones est un véritable casse-tête. D'un côté, l'organisation ne souhaite pas perdre l'un de ses plus grands noms, surtout à un moment où la concurrence avec la PFL s'intensifie. De l'autre, Jones n'a pas combattu depuis près de trois ans, et ses dernières performances ont laissé planer des doutes sur sa capacité à performer au plus haut niveau. Libérer Jones pourrait également envoyer un mauvais signal aux autres combattants, qui pourraient être tentés de demander la résiliation de leurs contrats.
Cependant, retenir Jones contre son gré pourrait avoir des conséquences négatives. L'UFC a déjà été critiqué pour ses pratiques contractuelles, et une nouvelle controverse pourrait nuire à son image. De plus, Jones pourrait décider de ne plus jamais combattre pour l'UFC, ce qui priverait l'organisation d'un atout majeur pour ses cartes de combat. En 2025, l'UFC a perdu plusieurs combattants de renom, comme Israel Adesanya et Kamaru Usman, qui ont choisi de ne pas renouveler leurs contrats, préférant explorer d'autres opportunités.
Un scénario possible serait que l'UFC propose à Jones un contrat révisé, avec une rémunération plus élevée et des conditions plus favorables. Cependant, compte tenu des tensions actuelles, il est peu probable que Jones accepte un tel compromis. Une autre option serait que l'UFC accepte de le libérer, mais avec des clauses restrictives, comme une interdiction de combattre pour la PFL pendant une certaine période. Cette solution, bien que risquée, pourrait permettre à l'UFC de sauver la face tout en évitant un conflit prolongé.
Et si Jones rejoignait la PFL ? Un scénario qui fait rêver les fans
L'hypothèse d'un combat entre Francis Ngannou et Jon Jones sous la bannière de la PFL est l'un des scénarios les plus excitants pour les fans de MMA. La PFL, qui a récemment attiré plusieurs anciens champions de l'UFC, dont Kayla Harrison et Brendan Loughnane, se positionne comme une alternative sérieuse à l'UFC. Avec un format de tournoi unique et des primes attractives, la PFL offre aux combattants une plateforme où ils peuvent maximiser leurs revenus et leur visibilité.
Pour Ngannou, un combat contre Jones serait l'occasion de prouver qu'il est toujours l'un des meilleurs poids lourds du monde. Après sa victoire contre Tyson Fury en 2023, Ngannou a montré qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs, même en dehors de l'UFC. Un combat contre Jones, qui est considéré comme l'un des plus grands combattants de tous les temps, serait une opportunité de consolider son héritage.
Du côté de Jones, un combat contre Ngannou représenterait une chance de se racheter après sa défaite contre Ciryl Gane. Bien que Jones ait dominé la catégorie des poids mi-lourds pendant des années, son passage chez les lourds a été plus difficile. Une victoire contre Ngannou lui permettrait de prouver qu'il est toujours un prétendant sérieux au titre, même à 39 ans.
Cependant, ce scénario reste incertain. Même si Jones obtient sa liberté, rien ne garantit qu'il choisira de combattre pour la PFL. Il pourrait également décider de prendre sa retraite ou de signer avec une autre organisation, comme ONE Championship. Quoi qu'il en soit, cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les combattants de MMA aujourd'hui, entre quête de reconnaissance, enjeux financiers et liberté contractuelle.
Le conflit entre Jon Jones et l'UFC est bien plus qu'une simple dispute contractuelle : il symbolise les tensions croissantes entre les combattants et les organisations qui les emploient. Alors que Jones réclame une rémunération à la hauteur de son héritage, l'UFC semble déterminée à le retenir, même au prix d'une controverse publique. Pendant ce temps, Francis Ngannou, qui a lui-même quitté l'UFC pour des raisons similaires, tend une perche à Jones, offrant une alternative alléchante avec la PFL.
L'issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions majeures sur l'industrie du MMA. Si Jones obtient gain de cause, cela pourrait encourager d'autres combattants à demander la résiliation de leurs contrats, remettant en question le modèle économique de l'UFC. À l'inverse, si l'UFC parvient à retenir Jones, cela enverrait un message clair aux athlètes : l'organisation reste maître du jeu, même face à ses plus grandes stars.
Quoi qu'il advienne, une chose est certaine : le MMA est à un tournant. Entre la montée en puissance de la PFL, les revendications des combattants et les tensions avec les organisations, l'avenir de ce sport s'annonce aussi passionnant qu'incertain. Et si le combat tant attendu entre Ngannou et Jones finit par avoir lieu, ce sera sans doute l'un des plus grands événements de l'histoire du MMA.

