"L’âge ? Juste un nombre." – La résilience d’un champion hors norme
Dans un sport où la plupart des athlètes atteignent leur pic avant 30 ans, Deiveson Figueiredo fait figure d’exception. À 37 ans, l’ancien roi des poids mouches, désormais installé chez les coqs, prouve que l’expérience peut rivaliser avec la jeunesse. Son parcours récent en témoigne : malgré une défaite face à Petr Yan et un combat tronqué contre Cory Sandhagen (où une blessure l’a handicapé), il a enchaîné des victoires marquantes contre Rob Font, Cody Garbrandt, et Marlon Vera. Des noms qui résonnent comme autant de défis relevés avec brio.
Ce qui frappe chez Figueiredo, c’est sa capacité à se réinventer. Après avoir dominé la catégorie des poids mouches avec un style explosif, il a dû s’adapter à la puissance et à la taille des coqs. "Changer de catégorie, c’est comme apprendre un nouveau sport", confie-t-il. Pourtant, loin de se contenter de survivre, il vise désormais un second titre UFC – un exploit rare dans l’histoire du MMA.
Son prochain combat, prévu dans l’octogone mythique de Rio de Janeiro, face à Montel Jackson, n’est pas anodin. C’est ici même qu’il a subi l’une de ses rares défaites, contre Brandon Moreno en 2021. "Je veux effacer cette image, montrer que j’ai grandi", déclare-t-il. Une déclaration qui en dit long sur sa détermination.
Dvalishvili, l’obstacle ultime : "Il n’a jamais affronté quelqu’un comme moi"
Si Merab Dvalishvili impressionne avec ses 14 victoires d’affilée et un grappling étouffant, Figueiredo n’est pas du genre à se laisser intimider. Au contraire, il en décortique le style avec une précision chirurgicale : "Son endurance est légendaire, mais personne ne l’a encore forcé à sortir de sa zone de confort." La clé, selon lui ? Briser son rythme dès les premières minutes.
"Il faut l’attaquer là où il ne s’y attend pas. Le surprendre debout, le dominer au sol, alterner les phases pour qu’il ne puisse pas installer son jeu", explique Figueiredo. Une approche qui rappelle sa domination chez les poids mouches, où sa vitesse foudroyante et sa polyvalence faisaient des ravages. Contrairement à d’autres adversaires de Dvalishvili, souvent submergés par son volume de frappe et ses contrôles au sol, le Brésilien mise sur son expérience des combats à haut rythme pour retourner la situation en sa faveur.
"Il n’a jamais affronté un fighter capable de le menacer partout. Je peux le battre debout, je peux le battre au sol. Et surtout, je peux le battre mentalement." Une déclaration qui sonne comme un défi lancé au Géorgien, réputé pour sa confiance inébranlable.
Pour étayer sa stratégie, Figueiredo s’appuie sur des exemples concrets. Il cite le combat de Dvalishvili contre Jose Aldo, où le Géorgien a montré des signes de fatigue en fin de round, ou encore sa victoire controversée face à Henry Cejudo, où il a été dominé dans les échanges debout. Des failles exploitables, selon le Brésilien.
"Rio, 2024 : La nuit où tout peut changer"
Le choix de Rio de Janeiro pour son prochain combat n’est pas un hasard. C’est ici que Figueiredo a connu l’une de ses plus grandes déceptions, face à Brandon Moreno. Un souvenir qu’il compte bien transformer en triomphe. "Je ne veux plus de cette image de moi qui perd. Je veux que les fans se souviennent de Figueiredo 2.0 : plus intelligent, plus complet, sans excuses", martèle-t-il.
Face à Montel Jackson, l’enjeu est double : gagner, bien sûr, mais aussi montrer qu’il a corrigé ses erreurs passées. Contre Yan, son agressivité mal placée lui a coûté cher. Contre Sandhagen, une blessure l’a privé d’un combat équitable. Cette fois, il promet un "Figueiredo à 100%", préparé pour tous les scénarios.
Son évolution ne se limite pas au physique. Figueiredo a aussi changé de philosophie. Fini le trash-talking qui avait marqué sa rivalité avec Moreno. Désormais, il préfère laisser parler les faits. "Les mots ne gagnent pas les combats. Seule la performance compte", résume-t-il, citant en exemple Glover Teixeira, devenu champion à 42 ans. Une référence qui montre bien ses ambitions : écrire l’histoire, peu importe l’âge.
Derrière les gants : La préparation d’un guerrier
Ce que peu de gens savent, c’est que Figueiredo a revu entièrement son équipe après sa défaite contre Yan. Il s’est entouré de spécialistes du grappling pour contrer Dvalishvili, mais aussi de psychologues du sport pour affûter son mental. "À ce niveau, la différence se fait dans la tête", explique-t-il. Ses journées ? Huit heures d’entraînement, entre sparring, travail au sol, et séances de visualisation où il "vit" le combat contre Dvalishvili des dizaines de fois.
Autre détail marquant : son régime alimentaire révolutionnaire. Pour affronter des adversaires plus lourds, il a adopté un plan nutritionnel inspiré des lutteurs olympiques, axé sur la prise de masse musculaire sans perte de vitesse. "Je pèse plus lourd, mais je suis toujours aussi rapide. C’est ça, le vrai défi", confie-t-il.
Enfin, Figueiredo a aussi travaillé sur un aspect souvent négligé : la récupération. Cryothérapie, chambres hyperbariques, étirements spécifiques… Rien n’est laissé au hasard. "À 37 ans, le corps met plus de temps à récupérer. Alors il faut optimiser chaque minute.", explique son préparateur physique.
Un dernier détail, presque anecdotique mais révélateur : avant chaque combat, Figueiredo regarde le même film – Gladiator de Ridley Scott. "La scène où Maximus dit ‘Ce que nous faisons dans la vie… écho dans l’éternité’ me motive à chaque fois. Parce que c’est vrai : ce combat contre Dvalishvili, les gens en parleront dans 20 ans.", confie-t-il, un sourire en coin.
Et si Dvalishvili n’était pas invincible ? Les doutes qui persistent
Malgré son aura actuelle, Merab Dvalishvili n’est pas exempt de critiques. Certains analystes, comme Daniel Cormier, soulignent que son style, bien qu’efficace, manque parfois de finesse technique face à des strikeurs purs. "Il étouffe ses adversaires, mais contre un guy comme Figueiredo, qui peut le frapper dur et le soumettre, ça pourrait être différent", analyse l’ancien champion.
Autre point faible : sa gestion des combats serrés. Dans sa victoire contre Petr Yan, Dvalishvili a été dominé dans les échanges debout avant de l’emporter grâce à son grappling. Contre un adversaire comme Figueiredo, capable de mixer strikes et soumissions, cette faille pourrait lui coûter cher.
Enfin, il y a la question de l’usure. 14 combats en 6 ans, c’est un rythme effréné. "À un moment, le corps dit stop. Et si c’est contre Figueiredo que ça arrive ?", s’interroge Chael Sonnen, jamais à court de provocations. Une hypothèse que le Brésilien, lui, prend très au sérieux : "Je vais le pousser dans ses retranchements. Et quand il sera fatigué, je frapperai."
Quant à Dvalishvili, s’il reste favori sur le papier, l’ombre de Figueiredo plane désormais sur son règne. Parce qu’au fond, dans le monde impitoyable du MMA, rien n’est jamais acquis. Et si 2024 était l’année où le roi géorgien trouvait enfin son maître ?

