Le coup de massue de Dana White : "Rien n’est acté"
C’était le combat dont tout le monde parlait. Depuis des semaines, les réseaux sociaux bruissaient de rumeurs annonçant un affrontement explosif entre Ilia Topuria, le flamboyant champion des poids légers, et Paddy Pimblett, l’Anglais au style aussi spectaculaire que provocateur. Les fans s’étaient même mis en tête une date : janvier 2025, coïncidant avec le lancement du nouveau partenariat de diffusion de l’UFC avec Paramount. Las, Dana White a balayé ces spéculations d’un revers de main lors d’un entretien avec TNT Fight Sports.
"C’est une idée divertissante, séduisante pour les fans, mais pour l’instant, rien n’est acté." Le ton est clair : malgré l’engouement, aucun contrat n’a été signé, aucune discussion officielle n’a même commencé. Une douche froide pour les supporters, qui voyaient déjà en ce duel un clash de styles et de personnalités capable d’électriser la scène du MMA.
Topuria : un champion en attente, entre gloire et incertitude
Depuis son couronnement le 29 juin 2024 à l’UFC 303, où il a détrôné Charles Oliveira d’un KO retentissant en deuxième reprise, Ilia Topuria est devenu l’une des stars montantes de l’UFC. Le Géorgien, installé en Espagne et connu pour son charisme hors pair, a marqué les esprits par sa performance dominante contre le Brésilien, mettant fin à un règne de près de deux ans. Pourtant, trois mois après son sacre, le champion n’a toujours pas d’adversaire désigné.
Une situation qui interroge, d’autant que Topuria, jamais avare en déclarations, a lui-même évoqué plusieurs noms ces dernières semaines – dont celui de Islam Makhachev, champion des poids légers avant Oliveira, ou encore Justin Gaethje. Mais Dana White semble privilégier une autre voie : "Nous étudions différentes options, mais nous devons d’abord déterminer ce qui est le mieux pour Ilia et pour la division."
Le problème ? Les poids légers regorgent de prétendants, mais peu semblent à la hauteur pour un premier défense de titre. Michael Chandler ou Dustin Poirier pourraient être des candidats, mais leur récente forme laisse planer des doutes. Quant à Pimblett, malgré son ascension fulgurante, son manque d’expérience au sommet le place encore en retrait.
Pimblett : l’outsider qui monte, mais pas encore prêt ?
De son côté, Paddy "The Baddy" Pimblett continue de faire parler de lui. Avec neuf victoires consécutives à son actif, dont cinq sous la bannière de l’UFC, le Britannique de 29 ans a su se forger une réputation de showman impitoyable, aussi redoutable sur le plan médiatique que dans l’Octogone. Actuellement 6ᵉ du classement officiel, il a récemment dominé Tony Ferguson (UFC 296) avant d’écraser Bobby Green en juillet 2024. Des performances qui lui ont valu une place parmi lesoutsiders sérieux pour le titre.
Pourtant, malgré son palmarès impressionnant, Pimblett manque encore de crédibilité face à l’élite. Son style, basé sur une boxe agressive et un grappling efficace, a séduit, mais il n’a jamais affronté un top 3. Dana White lui-même semble prudent : "Paddy a du talent, mais il doit encore prouver qu’il peut battre les meilleurs. Un combat contre Topuria maintenant ? Ce serait prématuré."
Le paradoxe ? Les fans adorent l’idée de ce duel. Les deux hommes partagent une rivalité verbale depuis des mois, échangeant piques et provocations sur les réseaux. Topuria a même lancé un défi public à Pimblett après sa victoire contre Oliveira, le traitant de "clown" – une déclaration qui a enflammé les débats. Mais pour l’UFC, le spectacle ne suffit pas : il faut aussi un enjeu sportif crédible.
Derrière les coulisses : pourquoi ce combat est (trop) compliqué
Au-delà des considérations sportives, plusieurs facteurs rendent ce duel peu probable à court terme :
- Le calendrier : Topuria a combattu en juin, et une défense de titre en janvier 2025 serait un délai très serré, même pour un athlète de son niveau. L’UFC préfère généralement laisser six à huit mois entre deux combats majeurs.
- Les enjeux financiers : Un combat contre Pimblett, bien que vendeur, ne garantit pas les mêmes retombées qu’un affrontement contre un Makhachev ou un Poirier, des noms plus établis.
- La stratégie médiatique : L’UFC pourrait vouloir faire monter la tension plus longtemps, en organisant d’abord des combats préparatoires pour Pimblett (contre un top 5, par exemple).
- Les risques sportifs : Topuria, en tant que champion, a tout à perdre face à un adversaire aussi imprévisible que Pimblett. Une défaite surprise nuirait à sa crédibilité.
Autre élément clé : le partenariat avec Paramount. Certains observateurs spéculent que l’UFC pourrait vouloir réserver ce combat pour un événement spécial en 2025, afin de marquer le coup avec son nouveau diffuseur. Mais pour l’instant, rien ne filtre.
Et si tout cela n’était qu’une stratégie ?
Certains analystes, comme Chael Sonnen, voient dans ces dénégations de Dana White une tactique classique : "L’UFC adore créer du suspense. Plus les fans réclament un combat, plus l’organisation attend pour le programmer – et plus les pay-per-views explosent."
Une théorie qui n’est pas dénuée de sens. Après tout, l’UFC a déjà utilisé cette méthode avec des duels comme McGregor vs Khabib ou Jones vs Ngannou, où les mois (voire les années) de spéculations ont finis par décupler l’intérêt.
Scénarios possibles :
- Option 1 : Topuria affronte un autre prétendant (ex : Gaethje ou Chandler) en début 2025, tandis que Pimblett monte encore d’un cran.
- Option 2 : L’UFC organise un combat d’élimination entre Pimblett et un top 5 (comme Rafael Fiziev) pour désigner le prochain challenger.
- Option 3 : Le duel a bien lieu, mais plus tard en 2025, une fois que Pimblett aura prouvé sa légitimité.
Une certitude : si ce combat voit le jour, ce sera l’un des plus gros événements de l’année. En attendant, les fans n’ont plus qu’à jouer les détectives… ou à se contenter des échanges musclés sur X (ex-Twitter).
Le mot de la fin : patience et stratégie
Alors, Topuria vs Pimblett en 2025 ? Peut-être. Mais certainement pas en janvier, et probablement pas avant que le Britannique n’ait franchi une étape supplémentaire. Dana White a l’habitude de jouer avec les attentes, et cette fois ne déroge pas à la règle.
Pour Ilia Topuria, l’objectif reste de consolider son règne avec un adversaire à la hauteur. Pour Paddy Pimblett, il s’agit de prouver qu’il mérite sa place parmi les tout meilleurs. Et pour les fans ? Rester à l’affût, car dans l’univers imprévisible de l’UFC, tout peut basculer en un instant.
Une chose est sûre : si ce combat se concrétise, ce ne sera ni par hasard, ni par précipitation… mais parce que l’UFC aura calculé chaque détail pour en faire un événement historique.

