L’ascension, la chute… et la résurrection ?
Il fut un temps où Conor McGregor régnait en maître sur l’UFC. Double champion simultané (poids légers et plumes), star planétaire, et figure médiatique inégalée, l’Irlandais avait tout : le charisme, le palmarès, et une capacité unique à vendre des combats. Puis vinrent les excès. Les défaites contre Dustin Poirier (2021) et Khabib Nurmagomedov (2018) marquèrent le début d’un déclin sportif, tandis que les controverses extérieures s’accumulaient. En 2022, une suspension de 18 mois pour manquement aux règles antidopage (après un contrôle positif à l’o-star, un métabolite interdit) vint sceller son éloignement des cages. Pire : en 2018, une affaire d’agression sexuelle en Irlande – classée sans suite faute de preuves – entacha durablement son image.
Pourtant, aujourd’hui, McGregor parle de "renaissance". Lors d’une conférence de presse du BKFC (Bare Knuckle Fighting Championship) en Italie, il a évoqué un "voyage spirituel" qui l’aurait "guéri". Des mots vagues, mais portés avec une conviction qui intrigue. "Je ne suis plus le même homme. Avant, je combattais pour l’argent, la gloire… Maintenant, je combats pour moi, pour mon âme." Une déclaration qui contraste avec l’image du bad boy millionnaire, obsédé par les records et les provocations.
Mais que cache vraiment cette transformation ? Entre les lignes, on devine une stratégie : McGregor a toujours su jouer avec les médias. Son rôle dans le remake de Road House (2024), où il incarne un videur charismatique, a relancé son exposition. Et si ce "voyage spirituel" n’était qu’un nouveau chapitre de son personnage public, soigneusement orchestré pour préparer son retour ?
"Le meilleur McGregor de l’histoire" : mythe ou réalité ?
David Feldman, fondateur du BKFC, n’y va pas par quatre chemins : "Les gens vont découvrir le meilleur Conor McGregor qu’ils n’aient jamais vu. Il a changé en profondeur." Des propos relayés avec enthousiasme par les fans, mais accueillis avec prudence par les observateurs. Car les signes concrets manquent. Son dernier combat remonte à juillet 2021 (défaite contre Poirier), et depuis, les annonces de comeback se sont multipliées… pour être systématiquement reportées.
Le cas le plus flagrant ? Son duel contre Michael Chandler, initialement prévu pour l’UFC 303 (juin 2024). Annulé in extremis pour une blessure au pied, ce combat aurait pu être son grand retour. À la place, McGregor a laissé planer le doute, évoquant une participation à un événement "historique" le 14 juin – sans jamais préciser s’il s’agirait d’un combat, d’une conférence, ou d’une simple apparition. Dana White, le patron de l’UFC, est resté évasif : "On verra. Conor a toujours été imprévisible."
Derrière les déclarations optimistes, une question persiste : McGregor est-il encore capable de rivaliser avec l’élite des poids légers ? À 37 ans, après des années d’inactivité et des excès médiatisés (alcool, bagarres, projets Hollywood), son corps et son mental ont-ils tenu le choc ? Les sceptiques pointent son manque de préparation visible lors de ses derniers entraînements publics, tandis que ses supporters rappellent son talent inné pour les coups de poing dévastateurs – et son sens inégalé du spectacle.
14 juin 2024 : le jour où tout basculera (ou pas)
La date est lancée comme un défi : 14 juin 2024. McGregor a tease cet événement sur ses réseaux, avec des messages cryptiques comme "L’histoire s’écrira ce jour-là" ou "Vous n’êtes pas prêts". Les rumeurs vont bon train :
- Un combat surprise contre un adversaire de dernier moment (Nate Diaz ? Justin Gaethje ?).
- Une annonce officielle pour un futur duel, avec un adversaire et une date enfin confirmés.
- Un coup marketing pour promouvoir Road House ou une nouvelle marque (son whisky Proper No. Twelve, peut-être ?).
Ce qui est sûr, c’est que l’UFC a besoin de lui. Malgré l’émergence de nouvelles stars comme Islam Makhachev ou Leon Edwards, McGregor reste un aimant à audiences. Son dernier PPV (contre Poirier en 2021) avait généré 1,8 million d’achats – un record. Dana White le sait : même affaibli, "Notorious" reste une machine à cash. Mais jusqu’à quand l’UFC pourra-t-il miser sur son nom sans résultats concrets ?
Derrière le rideau : les dessous d’un comeback calculé
Ce que peu de gens savent, c’est que McGregor a passé les six derniers mois en retraite quasi totale, loin des caméras. Pas de posts provocateurs sur Instagram, pas de sorties tapageuses – une discrétion inhabituelle pour lui. Selon des sources proches, il se serait entouré d’un nouvel entraîneur mental, spécialiste des sportifs en crise, et aurait revu son régime alimentaire (fini les excès de whisky et de fast-food).
Autre détail intrigant : ses échanges avec Michael Chandler. Malgré l’annulation de leur combat, les deux hommes auraient maintenu un dialogue, évoquant même un possible affrontement en 2025. Chandler, interrogé par ESPN, a lâché : "Conor m’a dit qu’il voulait en finir avec les conneries. On verra si c’est vrai." Un aveu qui en dit long sur l’état d’esprit de McGregor : et s’il préparait réellement un retour sans fanfaronnade, pour une fois ?
Reste un obstacle de taille : son pied blessé. Les images de son entraînement montrent un bandage épais, et les médecins consultés par l’UFC auraient émis des réserves sur sa capacité à tenir un combat de cinq rounds. McGregor, lui, balaye les critiques : "J’ai combattu avec bien pire. Le 14 juin, vous comprendrez."
L’UFC a-t-il encore besoin de McGregor ?
La question divise. D’un côté, les puristes estiment que l’ère McGregor est révolue, et que l’UFC doit se tourner vers des combats comme Makhachev vs. Poirier ou Edwards vs. Covington. De l’autre, les réalistes rappellent que McGregor représente encore 20% des ventes de PPV de l’organisation. Dana White lui-même, malgré ses réserves, a admis : "Quand Conor est en forme, c’est le meilleur vendeur de l’histoire du MMA."
Mais à quel prix ? Son retour pourrait éclipser des athlètes plus méritants, et son image sulfureuse (entre les affaires judiciaires et les frasques) risque de nuire à la crédibilité de l’UFC. Sans compter que ses performances récentes (une seule victoire en sept ans) ne justifient plus son statut de tête d’affiche.
Pourtant, un scénario se dessine : et si McGregor visait un dernier combat présidentiel ? Un affrontement ultra-médiatisé, avec une ceintures en jeu (même symbolique), pour clore sa carrière en apothéose. Certains évoquent même un combat d’exhibition à la Maison Blanche – une idée farfelue, mais qui colle à son ego démesuré. Après tout, n’a-t-il pas déjà déclaré vouloir devenir "le premier président de l’UFC" ?
Une chose est sûre : dans l’univers impitoyable du MMA, les secondes chances sont rares. Et McGregor le sait mieux que personne. Alors, renaissance ou dernier souffle ? La réponse pourrait bien venir d’un octogone… ou d’un écran de cinéma.

