Le retour des combats du vendredi : une tradition qui transcende les frontières
Depuis son lancement en 2018, ONE Friday Fights s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’arts martiaux mixtes (MMA) et de sports de combat en Asie. Ce format hebdomadaire, diffusé chaque vendredi depuis Bangkok, a su capitaliser sur l’engouement croissant pour le muay thaï et le kickboxing, tout en intégrant des combats de MMA pour diversifier son offre. Avec ONE Friday Fights 146, l’organisation confirme sa stratégie de diffusion massive, couvrant près de 200 pays grâce à un réseau de partenaires médiatiques sans équivalent dans le monde des sports de combat.
L’événement du 13 mars revêt une dimension particulière pour la Thaïlande, où il est rebaptisé ONE Lumpinee 146. Ce nom n’est pas anodin : il marque le retour des combats au stade Lumpinee, temple historique du muay thaï depuis 1956. Ce lieu emblématique, souvent comparé au Madison Square Garden pour sa symbolique, a accueilli des légendes comme Samart Payakaroon ou Dieselnoi Chor Thanasukarn. Pour cette édition, les deux premières heures seront diffusées en exclusivité sur live.onefc.com, avant de basculer sur Channel 7 HD, la chaîne publique thaïlandaise, et les plateformes de TERO Entertainment, partenaire local de ONE Championship.
Un casse-tête horaire : comment ne pas rater le direct selon votre pays ?
Suivre ONE Friday Fights 146 en direct relève parfois du parcours du combattant, tant les fuseaux horaires varient à travers le monde. Voici un guide détaillé pour ne rien manquer, pays par pays :
Asie du Sud-Est : La Thaïlande, épicentre de l’événement, diffuse les combats à partir de 18h30 ICT (Indochina Time). Les voisins comme le Vietnam (HTV The Thao, 19h30 ICT), l’Indonésie (Vidio.com, 19h30 WIB) ou les Philippines (One Sports, 20h30 PHT) bénéficient d’horaires similaires. En revanche, la Birmanie se distingue avec un démarrage à 19h MMT, soit une demi-heure plus tôt que le reste de la région.
Asie de l’Est : Le Japon (U-NEXT, 21h30 JST) et la Corée du Sud (YouTube/Facebook ONE, 22h30 KST) devront patienter jusqu’en soirée. La Chine continentale, où les plateformes comme watch.onefc.com prennent le relais à 21h30 CST, reste un marché clé pour ONE Championship, malgré les restrictions d’accès à certaines plateformes occidentales.
Océanie : Les fans australiens pourront suivre l’événement à 23h30 AEDT sur ESPN, tandis que la Nouvelle-Zélande devra attendre 1h30 NZDT le lendemain matin, soit le 14 mars.
En Europe, les horaires deviennent plus cléments : 14h30 CEST en France, Allemagne ou Espagne (watch.onefc.com), 13h30 GMT au Royaume-Uni (Sky Sports), et 15h30 EEST en Finlande ou en Turquie. Les pays du Moyen-Orient, comme les Émirats arabes unis (beIN Sports, 17h30 GST) ou l’Arabie saoudite (16h30 AST), profitent d’un créneau idéal pour un visionnage en fin de journée.
Pour les Amériques, l’événement tombe en pleine nuit : 8h30 ET aux États-Unis et au Canada (beIN Sports USA), et 9h30 BRT au Brésil. Une option pour les insomniaques ou les passionnés prêts à sacrifier leur sommeil pour ne rien manquer des affrontements.
ONE Championship : une machine médiatique au service des sports de combat
Derrière ONE Friday Fights 146 se cache une stratégie de diffusion méticuleusement orchestrée, fruit de l’expérience accumulée depuis la création de ONE Championship en 2011. Contrairement à l’UFC, qui mise sur un modèle centralisé autour de sa propre plateforme (UFC Fight Pass), ONE a opté pour une approche décentralisée, s’appuyant sur un réseau de diffuseurs locaux pour maximiser sa portée. Cette stratégie présente plusieurs avantages :
- Adaptation culturelle : En Thaïlande, Channel 7 HD touche un public familial et traditionnel, tandis qu’en Occident, Sky Sports ou ESPN ciblent une audience plus jeune et connectée.
- Flexibilité tarifaire : Les abonnements à beIN Sports ou U-NEXT permettent d’atteindre des marchés où les revenus publicitaires sont plus élevés, compensant ainsi les coûts de production.
- Résilience face à la censure : En Chine ou au Moyen-Orient, où certaines plateformes comme YouTube sont parfois bloquées, ONE peut basculer vers des diffuseurs locaux comme watch.onefc.com ou Premier Sports Network.
Cette approche n’est pas sans défis. Les restrictions géographiques (ou "geo-blocking") compliquent l’accès pour les voyageurs ou les expatriés, tandis que la multiplication des diffuseurs peut diluer l’expérience utilisateur. ONE a tenté de contourner ces obstacles en développant sa propre application (ONE Super App), mais celle-ci reste moins populaire que les plateformes établies comme DAZN ou ESPN+.
Sur le plan sportif, ONE Friday Fights se distingue par son format hybride, mêlant muay thaï, kickboxing et MMA dans une même soirée. Cette diversité attire un public plus large que les organisations spécialisées, comme GLORY (kickboxing) ou RIZIN (MMA). Cependant, certains puristes critiquent ce mélange des genres, estimant qu’il dilue la qualité technique des combats. Un débat qui rappelle les tensions entre boxe anglaise et MMA dans les années 2000, lorsque l’UFC commençait à gagner en popularité.
Derrière le rideau : les coulisses d’un événement mondial
Organiser un événement comme ONE Friday Fights 146 nécessite une logistique titanesque, surtout lorsqu’il s’agit de diffuser en direct dans près de 200 pays. Voici quelques chiffres clés qui illustrent l’ampleur du défi :
- 12 caméras haute définition sont déployées autour du ring, dont deux en 4K pour les ralentis et les angles serrés.
- 50 techniciens sont mobilisés sur place, sans compter les équipes de production basées à Singapour, où se trouve le siège de ONE Championship.
- 3 satellites sont utilisés pour relayer le signal en temps réel vers les diffuseurs partenaires, avec des redondances en cas de panne.
- 200 heures de contenu sont produites en amont (interviews, reportages, analyses) pour alimenter les réseaux sociaux et les plateformes de replay.
Un aspect souvent méconnu du public concerne les droits de diffusion. Contrairement à l’UFC, qui vend ses droits à prix d’or (plus de 1,5 milliard de dollars pour son contrat avec ESPN aux États-Unis), ONE Championship adopte une approche plus flexible. En Thaïlande, par exemple, Channel 7 HD diffuse gratuitement les combats, financés par la publicité, tandis qu’en Europe ou en Amérique du Nord, les droits sont vendus à des chaînes payantes comme beIN Sports ou Sky Sports. Cette stratégie permet à ONE de toucher à la fois un public populaire en Asie et une audience premium en Occident.
Autre particularité : l’organisation travaille en étroite collaboration avec les fédérations locales pour adapter les règles. En Thaïlande, les combats de muay thaï suivent les règles traditionnelles du stade Lumpinee, avec des rounds de 3 minutes et des juges notant les techniques de coude et de genou. En revanche, pour les combats internationaux, ONE applique ses propres règles, comme l’interdiction des coups de coude au visage ou la possibilité de gagner par soumission.
L’impact culturel et économique d’un géant des sports de combat
Depuis sa création, ONE Championship a joué un rôle clé dans la mondialisation des arts martiaux asiatiques. En 2023, l’organisation a généré plus de 200 millions de dollars de revenus, avec une croissance annuelle de 15 %, portée par l’essor des sports de combat en Asie du Sud-Est et en Inde. Son modèle économique repose sur trois piliers :
- Les droits TV : Représentant 40 % des revenus, avec des contrats signés avec plus de 30 diffuseurs à travers le monde.
- Le sponsoring : Des marques comme Monster Energy, Toyota ou Crypto.com investissent massivement dans des partenariats, attirées par l’audience jeune et connectée de ONE.
- Les événements en direct : Bien que moins lucratifs que les droits TV, les billets pour les événements en Thaïlande ou à Singapour se vendent souvent en quelques heures, avec des prix allant de 50 à 500 dollars selon les places.
Sur le plan culturel, ONE a contribué à populariser des disciplines comme le muay thaï ou le lethwei (boxe birmane) en Occident. Des athlètes comme Rodtang Jitmuangnon, surnommé "The Iron Man" pour son style de combat ultra-agressif, sont devenus des stars internationales, avec des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux. Cette médiatisation a cependant ses revers : certains puristes thaïlandais accusent ONE de "occidentaliser" le muay thaï en adaptant les règles pour plaire à un public global.
L’organisation a également un impact économique local. En Thaïlande, chaque événement ONE Lumpinee génère des retombées estimées à 5 millions de dollars pour l’économie locale, entre les dépenses des touristes, les emplois créés (sécurité, restauration, médias) et les taxes perçues par le gouvernement. Un argument de poids pour les autorités thaïlandaises, qui voient dans ONE un levier pour promouvoir le pays comme destination sportive.
Pour l’avenir, ONE Championship mise sur deux axes de développement :
- L’expansion en Inde : Avec une population de 1,4 milliard d’habitants et une passion croissante pour les sports de combat, l’Inde représente un marché stratégique. ONE a déjà signé des contrats avec Star Sports et JioHotstar, et organise des événements locaux pour former la prochaine génération d’athlètes.
- Le métavers et les NFT : En 2022, ONE a lancé sa propre collection de NFT, avec des cartes numériques à l’effigie des combattants. Une initiative encore marginale, mais qui pourrait prendre de l’ampleur avec l’essor des jeux play-to-earn et des expériences virtuelles.
ONE Friday Fights 146 incarne parfaitement la double ambition de ONE Championship : préserver l’héritage des arts martiaux asiatiques tout en les adaptant aux standards du divertissement sportif moderne. Que ce soit en Thaïlande, où les combats au stade Lumpinee attirent des milliers de spectateurs, ou en Occident, où les diffuseurs comme Sky Sports ou ESPN misent sur des horaires adaptés, l’événement du 13 mars promet d’être un succès planétaire.
Pour les fans, l’enjeu est double : profiter d’un spectacle de haut niveau, mêlant muay thaï, kickboxing et MMA, tout en naviguant dans le labyrinthe des diffuseurs et des fuseaux horaires. Une chose est sûre : avec une diffusion dans 195 pays et des athlètes toujours plus médiatisés, ONE Championship confirme son statut de leader mondial des sports de combat, loin devant des concurrents comme Bellator ou PFL.
Reste à voir si l’organisation parviendra à concilier croissance économique et respect des traditions, un équilibre délicat dans un secteur où l’argent et la médiatisation prennent souvent le pas sur l’authenticité. Une chose est certaine : le 13 mars, des millions de téléspectateurs auront les yeux rivés sur leurs écrans, prêts à vibrer au rythme des coups de poing et des coups de pied.

