Aller au fil

UFC7 min

Charles Oliveira : Max Holloway ou Paddy Pimblett pour son prochain défi ? L’UFC face à un dilemme explosif

Charles Oliveira : Max Holloway ou Paddy Pimblett pour son prochain défi ? L’UFC face à un dilemme explosif

Après une victoire éclatante face à Mateusz Gamrot à l’UFC Rio, Charles Oliveira confirme son règne sans partage sur le sol brésilien. Avec 34 victoires (dont 21 par finition) et un palmarès de futur Hall of Famer, Do Bronx se retrouve au cœur d’un débat passionnant : qui de Max Holloway (pour une revanche "BMF" à enjeu symbolique) ou de Paddy Pimblett (le prodige britannique en quête de consécration) méritera l’honneur de l’affronter ensuite ? Deux options, deux styles, et un public déjà en ébullition.

L'essentiel

  1. Victoire magistrale à l’UFC Rio : Oliveira soumet Gamrot devant un public brésilien en délire, portant son record à 34-9 (21 finitions).
  2. Duel "BMF" en suspens : Une revanche contre Holloway pour le titre symbolique s’annonce comme "l’affrontement que tout le monde veut voir" (Dana White).
  3. Pimblett, l’outsider ambitieux : Le Britannique (19-3) rêve d’un test contre le top 5, mais son manque d’expérience face à l’élite interroge.
  4. Un héritage en construction : À 34 ans, Oliveira vise désormais des combats "qui marqueront l’histoire" , entre légende et transmission.
  5. Stratégie UFC : Entre spectacle (Pimblett) et prestige (Holloway), l’organisation doit choisir entre l’émotion immédiate et la crédibilité sportive .

UFC Rio : Oliveira écrit une nouvelle page de sa légende brésilienne

Le 11 mai 2024, le Jeunesse Arena de Rio de Janeiro a vibré au rythme d’un Charles Oliveira impérial. Face à Mateusz Gamrot, le Brésilien a orchestré une masterclass de jiu-jitsu, conclue par un rear-naked choke en troisième reprise. Plus qu’une victoire, ce fut une déclaration : à 34 ans, Do Bronx reste un cauchemar pour la division des poids légers. Avec 21 finitions en 34 succès, son palmarès rivalise désormais avec ceux des plus grands champions de l’UFC.

Ce triomphe n’est pas anodin. Depuis son premier combat professionnel en 2008, Oliveira a transformé chaque défaite en leçon. Son évolution, d’un jeune combattant brut à un technicien redoutable, illustre une résilience rare. Comme il l’a confié en conférence de presse : "Je ne combats pas pour l’argent ou la gloire. Je combats pour laisser une trace, pour que les jeunes Brésiliens disent : ‘Lui, il a tout donné.’" Une philosophie qui résonne particulièrement dans un pays où le MMA est bien plus qu’un sport – une religion.


La performance contre Gamrot a aussi révélé une dimension souvent sous-estimée : son intelligence tactique. Oliveira a patiemment déconstruit le Polonais, alternant entre frappes précises et tentatives de soumission. Une approche qui contraste avec son image de "finisseur impulsif" des débuts. Preuve que l’expérience forge les champions.

"BMF" : Holloway vs. Oliveira 2, le combat que personne ne veut rater

Si l’UFC écoute ses fans, la suite logique pour Oliveira serait un duel contre Max Holloway pour le titre "Baddest Motherf***er" (BMF). Leur premier affrontement en août 2022 (victoire d’Oliveira par décision unanime) avait laissé un goût d’inachevé, notamment côté hawaïen. Aujourd’hui, les enjeux sont différents :

Pour Holloway (25-7), il s’agirait de redorer un blason écorné après sa défaite face à Ilia Topuria en avril 2024. Le titre BMF, bien que symbolique, représenterait une bouée de sauvetage pour sa carrière. Comme l’a souligné le commentateur Joe Rogan : "Max a besoin d’un combat qui fait sens, pas juste d’un chèque. Oliveira, c’est l’adversaire parfait pour ça."

Pour Oliveira, ce serait l’occasion de consolider son héritage. Une victoire claire contre un Holloway en quête de rédemption scellerait son statut de "tueur de légendes" (après des succès contre Michael Chandler, Dustin Poirier ou Justin Gaethje). Sans oublier l’aspect financier : un combat BMF génère des PPV records, et Oliveira, père de famille, n’y est pas insensible.


Mais attention aux pièges. Holloway, malgré ses 32 ans, reste un boxeur d’élite avec un volume de frappes inégalé (record UFC de 2 500 coups portés en carrière). Son style "pressure cooking" pourrait mettre Oliveira en difficulté, surtout si ce dernier sous-estime son adversaire. Comme le rappelle l’analyste Chael Sonnen : "Dans une revanche, c’est toujours le perdant qui a le plus à gagner. Holloway va venir avec un plan B… et un plan C."

Pimblett : le pari risqué mais rentable de l’UFC

À l’opposé du spectre, Paddy Pimblett (19-3) incarne le choix émotionnel. Le Britannique, star des réseaux sociaux et idole d’une génération, a séduit Dana White avec son charisme et son agressivité. Un combat contre Oliveira serait un coup de poker :

Pour Pimblett, c’est une chance de sauter dans le grand bain. À 29 ans, il a le profil type du "next big thing", mais son manque de tests contre le top 10 interroge. Ses victoires contre Tony Ferguson (en déclin) ou Jared Gordon ne suffisent pas à le crédibiliser face à un Oliveira. Comme le note le coach Trevor Wittman : "Paddy a du talent, mais Oliveira, c’est un autre niveau. Ce serait comme passer du lycée à la NBA du jour au lendemain."

Pour l’UFC, c’est un calcul marketing. Pimblett vs. Oliveira garantirait des ventes de PPV stratosphériques, notamment au Royaume-Uni et au Brésil. Mais à quel prix ? Une défaite écrasante de Pimblett pourrait briser son momentum, tandis qu’Oliveira, lui, n’a rien à prouver. Un scénario qui rappelle le Conor McGregor vs. Nate Diaz 1 (2016), où l’Irlandais, trop confiant, avait été humilié.


Le piège du "money fight" : L’UFC a déjà été critiqué pour privilégier le spectacle à la compétition pure (ex. : CM Punk vs. Mickey Gall). Un Oliveira vs. Pimblett pourrait raviver ces débats. Comme l’écrit le journaliste Ariel Helwani : "Si l’UFC veut être pris au sérieux, il doit arrêter de sacrifier la crédibilité sur l’autel des likes."

Derrière les projecteurs : le vrai défi d’Oliveira

Au-delà des noms, le vrai enjeu pour Oliveira est la gestion de son héritage. À 34 ans, avec une famille à charge et une carrière déjà bien remplie, chaque combat compte double. Son équipe, menée par Diego Lima (son coach historique), mise sur des affrontements "qui élèvent son statut", pas juste qui remplissent son compte en banque.

Une source proche du combattant révèle : "Charles veut deux choses : un combat qui fait date, et un adversaire qui le pousse à se dépasser. Holloway, c’est la revanche et le prestige. Pimblett, c’est l’argent et la visibilité. Mais il sait que son nom sera associé à ce choix pour toujours." Un dilemme qui dépasse le sport.


Autre paramètre : la santé. Oliveira a subi de multiples blessures (genou, dos) ces dernières années. Un combat contre Holloway, plus endurant, pourrait être moins risqué physiquement qu’un affrontement contre Pimblett, connu pour ses "brawls" (combats désordonnés mais intenses). Comme le confirme le kiné de l’UFC Jacob Harth : "À ce niveau, chaque coup compte. Oliveira doit penser à long terme."

Et si l’UFC surprenait tout le monde ?

Alors que les fans débattent entre Holloway et Pimblett, une troisième option émerge : Michael Chandler. Le vétéran, actuellement en négociation avec l’UFC, a un contentieux avec Oliveira depuis leur combat de 2021 (victoire controversée d’Oliveira). Une trilogie serait explosive, mais peu probable à court terme.

Autre scénario : Islam Makhachev. Le champion des poids légers, en quête de défis, a déjà évoqué Oliveira comme "un adversaire intéressant". Mais avec Dustin Poirier en ligne de mire pour un possible combat de titre, cette option semble lointaine.


Le mot de la fin reviendra à Dana White. Le président de l’UFC, connu pour ses coups de théâtre, pourrait aussi laisser le choix à Oliveira – une première dans l’histoire récente de l’organisation. Comme il l’a laissé entendre : "Charles a gagné le droit de décider. On verra ce qu’il veut… et ce qui est bon pour les affaires." Une déclaration qui en dit long sur l’enjeu économique derrière ces négociations.

Entre la revanche épique contre Holloway et le duel générationnel face à Pimblett, Charles Oliveira se trouve à un carrefour. Son choix ne déterminera pas seulement son prochain adversaire, mais aussi la façon dont l’histoire retient son nom. Holloway offrirait une consécration technique, Pimblett un feu d’artifice médiatique. Dans les deux cas, une chose est sûre : quand Do Bronx entre dans la cage, le spectacle est garanti. Et cette fois, le monde entier regardera.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

Les autres en parlent

Sur le même sujet