Chael Sonnen : "McGregor a transformé l’évitement des contrôles en un art"
Quand Chael Sonnen parle de dopage, le MMA écoute. Pas seulement parce que l’Américain, aujourd’hui commentateur star, a lui-même été suspendu pour usage de substances interdites en 2014. Mais parce qu’il en a fait une spécialité : décrypter les failles d’un système qu’il connaît par cœur. Ses dernières déclarations sur Conor McGregor ? Un mélange explosif d’analyse technique et de sous-entendus lourds de sens.
Pour Sonnen, les trois manquements de localisation de McGregor en moins d’un an ne relèvent pas de la malchance. "Quand vous avez une équipe qui gère vos déplacements au quart de tour – jets privés, hôtels cinq étoiles, emploi du temps minute par minute – et que vous 'oubliez' trois fois de dire où vous êtes, c’est soit de l’incompétence crasse, soit une stratégie"*, lance-t-il. Et connaissant McGregor, l’hypothèse de l’incompétence tient du miracle.
La logique implacable des chiffres : trois manquements, zéro hasard
Sonnen sort la calculatrice. "Statistiquement, avec une organisation comme celle de Conor, la probabilité de trois erreurs administratives en 12 mois est proche de zéro. Sauf si ces 'erreurs' sont en réalité des choix."* L’argument est implacable : quand votre carrière dépend de votre capacité à être localisable 24h/24, des ratés répétés deviennent une signature.
L’ancien combattant va plus loin en citant un précédent célèbre : Jon Jones, en 2016, avait admis s’être littéralement "planqué sous une cage"* pour échapper à un contrôle surprise. "Si le GOAT [Greatest Of All Time] le fait, pourquoi pas le roi du box-office ?"*, ironise Sonnen. La différence ? Jones avait été pris la main dans le sac. McGregor, lui, joue avec les zones grises.
2025 : un retour trop bien calculé pour être honnête ?
C’est ici que l’analyse de Sonnen devient glaçante. La suspension de 18 mois infligée à McGregor, rétroactive à septembre 2024, lui permet de revenir en mars 2025. Juste à temps pour l’événement UFC prévu à la Maison Blanche en juin. "Un timing si parfait qu’on croirait à un scénario écrit d’avance"*, commente l’Américain.
Pour lui, deux options :
- "Soit McGregor a une veine incroyable (et ça, même les bookmakers n’y croient pas),"
- "soit quelqu’un, quelque part, a arrangé les dates pour que tout tombe pile au bon moment. Comme un film hollywoodien, sauf que là, c’est la réalité."*
Sonnen rappelle que dans le MMA, les suspensions "tombe-pile" pour un retour médiatique ne sont pas rares. Mais rarement avec une telle précision. "Quand la peine colle aussi bien à ton agenda, soit t’as triché sur les dates, soit t’as triché sur les tests. Ou les deux."*
Derrière la polémique : une leçon de manipulation médiatique
Ce qui fascine (et inquiète) Sonnen, c’est la manière dont McGregor transforme une potentielle faille en opportunité. "Il ne se contente pas d’éviter les contrôles. Il en fait un spectacle. Trois manquements ? Parfait, ça alimente les rumeurs, ça fait monter la tension pour son retour. C’est du génie… ou du cynisme pur."*
L’Américain souligne un détail crucial : à aucun moment McGregor n’a été pris en flagrant délit de dopage. Juste des "oubli" de localisation. "C’est comme si tu te fais arrêter pour excès de vitesse… mais sans voiture. Tu paies l’amende, mais tout le monde sait que t’as roulé à 200 à l’heure."* Une métaphore qui résume l’art de McGregor : jouer avec les limites sans jamais les franchir officiellement.
Et Sonnen de conclure, amer : "Si cette tactique marche, préparez-vous à voir dix autres mecs faire pareil demain. Parce que dans le MMA, quand un gars trouve une faille, les autres la copient. Et là, Conor vient peut-être de leur offrir le mode d’emploi."*
L’ombre de l’USADA : un système sous pression
Derrière cette affaire, c’est toute la crédibilité de l’USADA (Agence antidopage américaine) qui est en jeu. Sonnen, qui a longtemps critiqué son manque de transparence, y voit une nouvelle preuve de ses limites : "Ils punissent les manquements, mais pas les intentions. Résultat ? Les malins comme Conor exploitent le flou."*
Pire : selon lui, cette affaire pourrait encourager d’autres athlètes à tester les limites. "Si tu peux te faire suspendre 18 mois pour trois 'oubli' et revenir pile pour un méga-événement, où est la dissuasion ? L’USADA vient de montrer que son système a des trous. Et croyez-moi, les requins comme McGregor, ils sentent le sang à des kilomètres."*
Un constat alarmant, qui pose une question simple : et si, demain, éviter les contrôles devenait une stratégie aussi courante que le régime alimentaire ou le choix des sparring-partners ?
Reste une question, lancinante : quand le show prime sur le sport, jusqu’où iront les combattants pour rester sous les projecteurs ? La réponse, peut-être, se cache dans l’agenda 2025 de l’UFC… et dans les prochains "oubli" de localisation.

