Un retour en fanfare après une victoire qui a marqué l’UFC
Le 4 octobre 2024, Alex Pereira a de nouveau prouvé qu’il était l’un des combattants les plus redoutables de l’UFC. Face à Magomed Ankalaev, dans un combat pour la ceinture des poids mi-lourds, le Brésilien a livré une performance dominatrice, s’imposant par KO au troisième round. Une victoire qui lui a permis de récupérer son titre, perdu quelques mois plus tôt, et de confirmer son statut de boogeyman de la division. Mais après une telle bataille, même un champion a besoin de souffler. Ou presque.
À peine quelques semaines après ce triomphe, Poatan – surnom inspiré de son héritage amérindien – a surpris tout le monde en annonçant son retour à l’entraînement. Pas n’importe où, ni avec n’importe qui : direction New York, pour une séance qui allait défrayer la chronique. Et pour cause, son sparring-partner du jour n’était autre que Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, plus connu pour ses algorithmes que pour ses crochets du droit.
Les images, partagées sur Instagram, ont immédiatement viralisé. On y voit les deux hommes, gants aux poings, en pleine session technique. Pereira, souple et précis, guide Zuckerberg à travers les bases du MMA, tandis que ce dernier, visiblement concentré, tente de suivre le rythme. Un contraste saisissant entre le champion aguerri et l’entrepreneur milliardaire, mais qui illustre parfaitement l’universalité – et l’attrait – des sports de combat.
Quand le MMA rencontre la Silicon Valley : un sparring qui fait parler
À première vue, l’association entre Alex Pereira et Mark Zuckerberg peut sembler farfelue. Pourtant, elle s’inscrit dans une tendance plus large : celle des personnalités influentes qui se tournent vers le MMA, que ce soit pour le spectacle, le défi personnel, ou simplement l’admiration du sport. Zuckerberg lui-même n’en est pas à sa première incursion dans le monde des arts martiaux mixtes. En 2023, il avait déjà participé à un tournoi de jiu-jitsu brésilien, remportant même une médaille d’or dans sa catégorie.
Pour Pereira, cette séance était bien plus qu’un simple coup médiatique. Dans une interview accordée à ESPN Brasil, il a expliqué : "C’était mon premier entraînement depuis le combat contre Ankalaev. J’avais besoin de me remettre en mouvement, et quoi de mieux que de le faire avec quelqu’un de passionné, même s’il n’est pas combattant professionnel ? Mark a une vraie curiosité pour le MMA, et ça se voit. Il pose les bonnes questions, il veut apprendre. C’était rafraîchissant."
Mais au-delà de l’aspect anecdotique, cette rencontre soulève une question : le MMA est-il en train de devenir le nouveau terrain de jeu des célébrités et des milliardaires ? Entre les frasques de Dana White qui organise des combats exhibition avec des stars de Hollywood, et les athlètes comme Conor McGregor qui transcendent le sport pour devenir des icônes pop culture, la frontière entre sport de combat et divertissement grand public n’a jamais été aussi fine. Pereira, avec son charisme et son palmarès, en est aujourd’hui l’un des meilleurs ambassadeurs.
"Poatan" : bien plus qu’un surnom, une légende en marche
Alex Pereira n’est pas un champion comme les autres. Son parcours, déjà exceptionnel, est marqué par des records et des performances qui forcent le respect. Avec 16 combats en MMA pour 13 victoires (dont 10 par KO), il a su s’imposer dans deux catégories de poids différentes – les moyens et les mi-lourds – un exploit rare dans l’UFC. Mais ce qui fascine autant que ses statistiques, c’est son histoire. Originaire de São Bernardo do Campo au Brésil, Pereira a d’abord brillé en kickboxing, remportant des titres sous la bannière du Glory, avant de faire le saut vers le MMA.
Son surnom, Poatan, est un hommage à ses racines amérindiennes (il est descendant des Pataxó, un peuple autochtone du Brésil). Un nom qui résonne comme un symbole de résistance et de puissance, à l’image de son style de combat : explosif, technique, et souvent décisif. Quand on lui demande ce qui le motive encore après tant de succès, sa réponse est sans détour : "Je veux laisser une trace. Pas juste comme combattant, mais comme quelqu’un qui a changé la façon dont on voit le MMA. Un sport où tout est possible, même s’entraîner avec le patron de Facebook !"
Et maintenant ? Les défis qui attendent le roi des mi-lourds
Si cette séance avec Zuckerberg a fait sourire (et parler), elle masque une réalité bien plus sérieuse : Alex Pereira doit déjà penser à la suite. Après sa victoire contre Ankalaev, les rumeurs vont bon train sur son prochain adversaire. Parmi les noms qui reviennent souvent, celui de Jamahal Hill, l’ancien champion qui rêve de prendre sa revanche, ou encore Jiri Prochazka, dont le style imprévisible pourrait offrir un combat spectaculaire.
Mais Pereira, jamais avare de surprises, pourrait aussi envisager un retour chez les moyens, où le titre est actuellement détenu par Dricus Du Plessis. Une option qui, si elle se concrétisait, ferait de lui le premier combattant à détenir simultanément (ou presque) des ceintures dans deux divisions différentes à deux reprises. Un défi de taille, mais qui correspond bien à l’ambition démesurée du Brésilien.
En attendant, une chose est sûre : que ce soit face à un milliardaire dans un gymnase new-yorkais ou face à un adversaire redoutable dans l’octogone, Poatan reste un spectacle à lui tout seul. Et si son entraînement avec Zuckerberg a pu sembler anecdotique, il rappelle une vérité simple : dans le monde d’Alex Pereira, tout est possible. Même l’improbable.
Derrière les gants : quand Pereira rencontre la tech
Peu de gens le savent, mais Alex Pereira est un passionné de technologie. Entre deux sessions d’entraînement, il avoue passer du temps sur des applications d’analyse de combat, étudiant les moindres détails de ses adversaires. "Les données, c’est comme un sixième sens pour un combattant, explique-t-il. Savoir à quel pourcentage un adversaire baisse sa garde après une combinaison, ou combien de temps il met à se relever après un takedown… Ça change tout."
Sa rencontre avec Zuckerberg n’est donc peut-être pas un hasard. Les deux hommes ont échangé longuement après la séance, discutant notamment des possibilités offertes par la réalité virtuelle pour l’entraînement des combattants. "Imaginez pouvoir revivre vos combats en VR, analyser chaque angle, chaque erreur… Ce serait révolutionnaire", confie Pereira. Une collaboration future entre Meta et l’UFC ? Rien n’est impossible, surtout quand on sait que Dana White a déjà exprimé son intérêt pour les innovations technologiques dans le sport.
Une chose est certaine : entre ses performances dans l’octogone et ses apparitions médiatisées, Alex Pereira est en train de redéfinir ce que signifie être un champion de MMA à l’ère moderne. Et si son prochain combat se joue autant sur les réseaux sociaux que dans la cage, une chose est sûre : le monde regarde.

